AGRIKOMP FRANCE
** Après une année 2023 en forte perte, la filiale française du groupe agriKomp a regonflé son chiffre d’affaires en 2024 et prétend une trajectoire « smart » autour de l’épuration membranaire.
À propos de AGRIKOMP FRANCE
1. Modèle économique
Agrikomp France vend essentiellement de l’ingénierie, de l’équipement et de l’accompagnement de projets de méthanisation agricole — filière où l’équilibre économique des producteurs dépend souvent des mécanismes de soutien (tarifs régulés, aides investissement, etc.). Selon une base de données économique, le chiffre d’affaires 2024 s’établit à 25,16 M€, en hausse d’environ 28 % par rapport à 2023 (Infonet). Le même exercice affiche un résultat net positif d’environ 1,14 M€, après –3,17 M€ en 2023, selon le détail bilan publié par Le Figaro Entreprises.
Sur le terrain commercial, le groupe revendique un parc d’environ 200 unités en service en France au 1ᵉʳ décembre 2024 (site agriKomp). Côté ressources humaines, Société.com indiquait 36 salariés en février 2026 — signal de réduction d’effectif par rapport aux 58 mentionnés pour 2021 sur la même fiche, ce qui colle à une phase de restructuration et de discipline de coûts après la tempête 2023.
2. Impact réel
L’impact climat potentiel des méthaniseurs tient au biométhane substituant du gaz fossile et à la gestion agronomique du digestat ; ce n’est pas un « zéro impact » territorial : intrants biomassiques, flux de camions, risques de dérives d’échelle et tensions d’acceptabilité font partie du bilan réel de la filière, au-delà du discours de circularité.
À l’échelle macro, le cadre public français s’appuie notamment sur des aides à la réalisation d’installations et des dispositifs sectoriels que l’ADEME documente pour 2026. Pour Agrikomp France proprement dite, un indicateur d’empreinte est publié côté scoring extra-financier : la fiche Société.com mentionne 816,10 tCO₂ (notation carbone « C ») pour 2024 — utile comme repère déclaratif, insuffisant pour comparer sans méthodologie détaillée à un objectif national type PPE3 ou à un scénario complet « ferme + réseau ».
3. Innovations / partenariats
La narration 2024–2025 mise sur l’unité d’épuration membranaire agriPure® Smart, présentée comme un levier commercial dans un article de WikiAgri reprenant les propos d’Éric Kurzawski. Le texte insiste aussi sur le soutien de la maison mère agriKomp GmbH (technologie, industrie, réseau européen), ce qui structure la stratégie produit et la capacité à densifier le catalogue composants / post-traitement.
Côté calendrier « visible », le site corporate annonce une présence au salon Expobiogaz à Lyon les 10–11 mars 2026 (stand 6C12), classique levier B2B pour l’écosystème biométhane injecté et agricole.
4. Greenwashing / zones grises
Première zone grise documentée : la forme du résultat. En 2024, Le Figaro Entreprises détaille un résultat d’exploitation d’environ –124 k€ (nette amélioration vs 2023, mais encore négatif) et des produits financiers d’environ 1,18 M€, cohérents avec une rentabilité nette pouvant reposer fortement sur la sphère financière (et, dans ce type de configuration, sur les relations de groupe) plutôt que sur une forte marge opérationnelle immédiate. Ce n’est pas du « greenwashing » au sens marketing, mais un écart entre story produit / transition et structure de profit qu’un lecteur doit avoir en tête.
Deuxième zone grise, sectorielle et chiffrée : le coût du soutien public au biogaz. Dans sa publication de mars 2025, la Cour des comptes rappelle que les contrats d’obligation d’achat ont représenté environ 2,6 Md€ de coût budgétaire entre 2011 et 2022, et évoque des engagements futurs pour le biométhane de plusieurs dizaines de milliards d’euros selon les hypothèses — un rappel brut : l’« autre énergie » que vend Agrikomp est articulée à un environnement de politique énergétique sous tension budgétaire. La synthèse publiée par la Cour fixe le débat sur l’efficience, les rentabilités perçues comme excessives sur certaines périodes, et les incertitudes sur l’articulation des mécanismes à partir de 2026 — tout ce qui peut durcir ou retarder les projets porteurs de CA pour un équipementier.
5. Positionnement stratégique
Agrikomp France joue la carte intégrateur de filière courte et montée en gamme technologique (épuration, fiabilisation) pour capter une part du parc national et des rénos / optimisations. La consolidation financière 2024 — avec capitaux propres et dette visibles dans les agrégateurs (par ex. ~3 M€ de capitaux propres et ~8,9 M€ de dettes totales fin 2024 selon Le Figaro Entreprises) — laisse entrevoir une suite dépendante autant des tarifs et règles que du rythme d’investissement des exploitants.
Verdict WattsElse
La transition affichée passe ; le compte d’exploitation, lui, demande encore des preuves. Dans un secteur où l’État et le consommateur portent une part croissante du ticket via les soutiens, Agrikomp France incarne le paradoxe français du biométhane : utile sur le papier énergie-climat, politiquement exposé sur le prix.
Sources : infonet.fr · entreprises.lefigaro.fr · agrikomp.com · societe.com · agirpourlatransition.ademe.fr · wikiagri.fr · ccomptes.fr · ccomptes.fr
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Empresa Nacional del Petróleo SA
L’Empresa Nacional del Petróleo (ENAP) est l’entreprise pétrolière d’État du Chili : exploration-production, raffinage, logistique et commercialisation, pivot de la sécurité énergétique du pays.
Voir la ficheOKKO
Quand plus de 82 % des impôts et taxes versés au budget en 2025 proviennent des droits liés à l’import, on n’est plus dans un « discours de transition » abstrait : on mesure la matière première du modèle — le carburant acheminé de l’étranger, payé en devises et taxé à la douane.
Voir la ficheAtoll Metal Recovery
Elle extrait le ferrochrome des scories comme on récupère l’or dans le sable : à grande échelle, en circuit fermé, avec des chiffres qui font mal aux sceptiques du « recyclage industriel ».
Voir la ficheEisox
Chouchou de la GTB prédictive, Eisox promet de décarboner vos bâtiments mieux que vos plantes vertes.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Thuận Hòa Hà Giang
Centrale de montagne au nord du Vietnam : 38 MW au compteur, promesses de revenus « verts » pour un budget provincial…
Voir la ficheOITA CO-OPERATIVE THERMAL POWE
L’ancienne Oita Co-operative Thermal Power — centrale thermique cofinancée par l’électrique régional et la sidérurgie, ancrée dans la préfecture d’Ōita au Japon — incarne le classique « électricité captive » des sites industriels lourds.
Voir la ficheNaturgy
Naturgy avance en costume de transition, mais ses semelles restent profondément gazières.
Voir la ficheEmp. de Generación Eléctrica Machu Picchu S. A.
Au pied d’un site mondial surmédiatisé, l’Empresa de Generación Eléctrica Machupicchu S.A.
Voir la fichePROYECTOS EOLICOS ARAGONESES S.L.
PME industrie éolienne ancrée à Saragosse, la Proyectos Eolicos Aragoneses S.L.
Voir la fiche8 Metros por Segundo, SL.
Le nom évocateur d’aérodynamisme cache une petite société madrilène de production d’électricité classée hors hydraulique : aucune communication grand public ni rapports climat nominatifs, mais une trajectoire financière qui crie depuis les données agrégées espagnoles — et un siège partagé avec un gestionnaire d’actifs qu’on dit déjà géant dans l’éolien et…
Voir la ficheCooperativa Aizpea
Le référentiel cite « Cooperativa Aizpea », mais les sources ouvertes parlent surtout d’Ekindar, coopérative de services immatérielle née du dispositif Ekiola à Azpeitia, opérationnelle au printemps 2024 avec plus de 500 foyers.
Voir la ficheVästra Mälardalens Kraft
Sous l’étiquette « Västra Mälardalens Kraft », aucune personne morale suédoise portant exactement ce nom n’apparaît dans les sources publiques consultées : l’opérateur documenté pour le Västra Mälardalen (réseau de chaleur, eau–assainissement, voirie) est la société Västra Mälardalens Energi och Miljö AB (VME), filiale à 100 % de la commune de Köping…
Voir la ficheHelen Sähköverkko Oy
Filiale réseau du groupe municipal Helen Oy, Helen Sähköverkko Oy tient la « prise murale » d’une capitale qui s’électrifie à vue d’œil : réseau quasi entièrement enfoui, volumes en forte hausse…
Voir la ficheLLC "Bashkir Generation Company"
** L’entité visée n’est pas un opérateur pétrolier mais un géant territorial de l’électricité et de la chaleur : l’ООО «Башкирская генерирующая компания» (« Bashkir Generation Company », BGC).
Voir la ficheGamesa S.A.
Gamesa S.A., née à Zamudio en 1976, n’est plus un nom de code boursier : c’est l’ADN espagnol d’une division aujourd’hui pilotée par Siemens Gamesa, dans le giron de Siemens Energy.
Voir la ficheLhyfe
Fleur de la French Tech nantaise, Lhyfe a incarné l’euphorie de l’électrolyse alimentée par EnR.
Voir la ficheTIRME
Sur Majorque, TIRME concentre déchets, électricité et politique publique dans un même creuset : un parc technologique centré sur l’incinération de Son Reus, des centaines de milliers de tonnes traitées chaque année, et des flux de fonds publics qui structurent le tarif d’élimination.
Voir la ficheTEN
Le court-circuitage est total : sur les bases « TEN », le web renvoie parfois un boys band et des milliards grecs.
Voir la ficheÉlectricité de Strasbourg
Électricité de Strasbourg n’est pas un simple fournisseur régional: c’est la plus grande ELD cotée de France, solidement arrimée à l’Alsace et adossée à EDF.
Voir la ficheKICO
Le nom « KICO » renvoie à des réalités multiples — ticker ADX, joint-venture minière Kipushi Corporation, ou encore homonymes régionaux — et les bases de connaissance grand public s’y trompent volontiers.
Voir la ficheIST ID
Ce n’est pas un producteur ni un fournisseur : IST-ID est le véhicule associatif qui héberge une partie décisive de la recherche du Instituto Superior Técnico.
Voir la fichePT. Chevron Geothermal Darajat Ltd
PT Chevron Geothermal Darajat Ltd est surtout un fantôme énergétique : un nom encore présent dans les bases et dans la mémoire des cartographies géothermiques, alors que le réel a basculé en 2017 vers un nouvel opérateur indonésien.
Voir la ficheEnergy Absolute
Le géant thaïlandais de l’énergie « bas carbone » a inscrit en 2025 un chiffre d’affaires de 13,63 milliards de THB et un bénéfice cœur d’environ 1,55 Md THB — chiffres publiés dans la foulée d’exercice que la presse spécialisée a relayés — après une crise de gouvernance et de liquidité née d’accusations de fraude visant d’anciens dirigeants.
Voir la fiche