AIR BOOSTER
Solar façades promise pour alléger le chauffage sans nouvelle toiture, la pépite bordelaise Air Booster joue désormais sur deux tableaux : grands comptes et box Solar Boost pour les particuliers.
À propos de AIR BOOSTER
1. Modèle économique
Air Booster vend une enveloppe bâtiment « active » : façades aérothermiques conçues pour récupérer de la chaleur solaire en hiver et du rafraîchissement nocturne en été, avec une ligne R’ Booster pour le BtoB et Solar Boost — aussi mis en avant sur le site corporate — pour l’habitat. Les revenus reposent sur la vente et le déploiement de ces systèmes, adossés à un réseau d’installateurs encore en consolidation côté particuliers. Sur les chiffres, le directeur général évoque un passage de 70 000 € de CA en 2024 à 700 000 € visés en 2025, puis 2 M€ en 2026 dont environ 1,5 M€ issus du BtoB, selon un portrait publié en novembre 2025 par *Le Journal des Entreprises*. Parallèlement, un article de French Tech Bordeaux d’octobre 2025 mentionne un objectif de 700 000 € fin 2025 et une structure passée de 3 à 18 collaborateurs fin 2025. L’écart 18 vs 21 salariés entre ces deux sources illustre la volatilité des effectifs en phase d’hyper-croissance ; pour un encadrement juridique basique, la fiche RubyPayeur (SIREN 878095801, NAF 28.99B) reste le repère comptable public.
2. Impact réel
L’argument climat tient à déporter le chauffage vers une valorisation passive de l’ensoleignement hivernal et à réduire le recours aux énergies fossiles ou à la sur-production électrique pour du confort thermique, en ligne avec les objectifs de sobriété et de rénovation portés par la PPE et le discours public sur l’efficacité énergétique (sans que l’entreprise publie, à ce stade, un bilan carbone certifié consultable comme le ferait une CSRD). Les revendications affichent jusqu’à 80 à 83 % de baisse sur la facture de chauffage selon French Tech Bordeaux et le site Air Booster — chiffres marketing à rapprocher du contexte bâtiment (isolation existante, usage, complément de chauffage). Côté traçabilité « bas carbone », l’entreprise met en avant une fabrication française et des références sur des sites industriels ou tertiaires (ex. retours de cas listés sur airbooster.fr).
3. Innovations / partenariats
La technologie est présentée comme brevetée et co-industrialisée avec Dal’Alu ; la Solar Box pilote ventilateurs et stockage pour la diffusion d’air, avec application mobile, détaillée lors du lancement public de Solar Boost en octobre 2025 selon French Tech Bordeaux. *Le Journal des Entreprises* (18 novembre 2025) cite une capacité cible de 3 000 unités par an entre Le Haillan et Saint-Médard-d’Eyrans, et un potentiel annuel de CA de 5 M€ une fois la cadence atteinte. Côté financement historique, la presse spécialisée avait rapporté 1,5 M€ levés auprès de Team for the Planet et 1 M€ non dilutif (Bpifrance / Région), par exemple dans la couverture GreenUnivers d’octobre 2024.
4. Greenwashing / zones grises
Premier piège sémantique documenté : le programme CEE Booster Entreprises de l’ADEME (ingénierie tertiaire, 2026) n’a aucun lien avec la société Air Booster — éviter les amalgames dans les bases de veille.
Tension chiffrée sur la promesse « sans watt » : en parallèle des discours sur une solution « passive », la Solar Box et les petits panneaux PV intégrés pour l’électronique — évoqués dans la presse et sur les supports corporate — imposent de chiffrer la consommation auxiliaire et le reste à charge énergétique par rapport au chauffage principal, faute de quoi les -83 % restent un ordre de grandeur sensible aux hypothèses de calcul.
Contradiction récente sur la distribution : alors que French Tech Bordeaux (22 octobre 2025) évoque des partenariats avec Castorama, Leroy Merlin et Saint-Gobain, *Le Journal des Entreprises* rapporte que l’entreprise avait refusé en novembre 2025 les propositions de ces enseignes « pour l’instant », faute de garantir l’approvisionnement continu (article du 18 novembre 2025) — un écart proprement stratégique entre narratif de scale-up et prudence opérationnelle.
5. Positionnement stratégique
Air Booster vise une industrialisation maîtrisée (« montée en puissance raisonnée », selon French Tech Bordeaux) tout en ouvrant des chantiers export (Berlin, Londres, Roumanie mentionnés par *Le Journal des Entreprises*). Côté grand public, *Sud Ouest* (décembre 2025) cite 300 panneaux vendus, 500 en précommande, un prix inférieur à 3 000 € pose comprise et un retour sur investissement annoncé sous cinq ans — le tout à valider au thermomètre du marché une fois les livraisons de masse engagées.
Verdict WattsElse
La partie est mise sur un double bond du CA et sur une preuve industrielle ; tant que les tableaux de bord énergie publiés par des tiers indépendants restent rares, Air Booster gagnera ou perdra sur la fiabilité métrologique de ses façades, pas sur le slogan.
Sources : airbooster.fr · lejournaldesentreprises.com · frenchtechbordeaux.com · rubypayeur.com · greenunivers.com · agirpourlatransition.ademe.fr · sudouest.fr
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