Anglo-Persian Oil Company
Fondée en 1909 après la découverte de Masjed Soleiman (26 mai 1908), l’Anglo-Persian Oil Company (APOC) a ouvert l’exploitation industrielle des hydrocarbures au Moyen-Orient, avant d’entrer en Anglo-Iranian Oil Company (AIOC, 1935) puis en British Petroleum (1954) : le groupe actuel, bp p.l.c., porte donc l’héritage d’une concession, d’un intégré…
À propos de Anglo-Persian Oil Company
1. Modèle économique
L’APOC, puis l’AIOC, ont bâti un modèle d’E&P, transport, raffinage et marketing alimenté par des réserves moyen-orientales ; la nationalisation de 1951 et le consortium de 1954 ont réécrit le partage de la rente, sans effacer la logique d’intégré (contexte de trajectoire). Chez bp, le cœur reste l’amont pétrolier et gazier et la valo des produits raffinés et vendus, avec une contribution croissante des activités dites « bas carbone » (électricité renouvelable, biocarburants, biométhane, charge EV) intégrée en segments dédiés. En 2024, la production amont s’établit à 2,358 M boepd (+2,0 % vs 2023) et l’EBITDA ajusté à 38,0 Md$ sur l’exercice (résultats annuels 2024) — des ordres de grandeur publics, pas une « fiche APOC » comptable autonome : l’entité légale historique est absorbée dans le groupe. En février 2025, le groupe annonce de porter l’investissement annuel pétrole & gaz vers ~10 Md$ et de ramener l’enveloppe transition à 1,5–2 Md$/an jusqu’en 2027 (dépêche Reuters, commentaire de presse spécialisé), avec reprise d’objectifs de volumes (2,3–2,5 M boepd en 2030) et ~20 Md$ de cessions ciblés d’ici 2027 (dont revue de Castrol). Elliott s’est assis à ~5 % du capital, réorientant l’arbitrage actionnaires / capex. L’effectif consolidé se compte en centaines de milliers de collaborateurs (chiffre exact : voir le Form 20-F 2024 de bp, tableau « employees ») — l’APOC n’existant plus, toute comparaison d’emploi direct est anachronique.
2. Impact réel
Le pétrole et le gaz extraits, puis brûlés, placent l’impact climatique principal en aval (surtout postes Scope 3 liés à la combustion des produits vendus). bp a abaissé l’ambition d’une réduction absolue de Scope 3 (anciennement 20–30 % 2019–2030) au profit d’un objectif d’intensité carbone des produits d’ici ~10 % sur la période (dépêche Reuters) : un choix de métrique qui change la lecture d’impact absolu pour les lecteurs attachés à des budgets carbone. Du côté « transition », le bilan matérialisé en 2025 inclut, selon la communication groupe, des hausses de biocarburants et de biométhane (ordres de % publiés dans le rapport de durabilité 2025 de bp — vérifier les pourcentages exacts dans le PDF). Pour le lecteur français, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) et le lexique carbone de l’ADEME servent d’échelle de lecture : ce n’est pas le cadre juridique d’APOC / bp au Royaume-Uni, mais le contrepoint public qu’on opposera inévitablement à une stratégie d’hydrocarbures croissants annoncés pour la fin de décennie. La fiche pédagogique « Le géant BP présente ses résultats, après l’abandon de sa stratégie climat » sur Connaissance des Énergies résume l’incompatibilité perçue entre discours et trajectoire de production au regard du climat global.
3. Innovations / partenariats
Les projets d’hydrogène bas-carbone cherchent l’ancrage industriel : Castellón (Espagne) — FID 2024, ~25 MW d’électrolyse PEM (partenariat avec Iberdrola, communiqué bp) — et Lingen (Allemagne), FID décembre 2024, ~100 MW et livrables vers 2027 selon l’annonce de bp Allemagne (aide IPCEI). Côté amont classique, les FIDs 2024 (ex. gisement gazier Tangguh en Indonésie, champs en Azerbaïdjan, partenariats type JERA sur l’éolien en mer ou ONGC en Inde) sont listés dans le cahier 2024 : c’est l’autre moitié du capex qui, avec le pétrole & gaz à 10 Md$/an, capte l’attention des marchés.
4. Greenwashing / zones grises
Le pivot 2025 — gaz & pétrole à la hausse structurante, transition à l’enveloppe serrée — expose bp au reproche d’ecoblanchiment par arbitrage d’intensité (baisse d’intensité vs volumes). Les poursuites climat américaines (ex. ville de New York contre grands pétroliers) ont fait l’objet de décisions de rejet en 2025 selon la presse d’agence (vérifier le détail factuel en ouvrant l’URL). D’autres plaintes d’États (_consumer protection_) sur la publicité « verte » continuent d’alimenter le risque réputationnel. Côté gouvernance, le conflit avec Follow This (résolution exclue, puis bataille de Résolution 23) cristallise la tension : fonds à 1 000 Md€ d’actifs d’un côté, board et conseil juridique de validité de l’autre. L’AGM du 23 avril 2026 a vu le conseil échouer à faire adopter deux résolutions (AG virtuelles, retrait d’anciennes obligations de transparence climat héritées de 2015/2019), avec un soutien au président Manifold à 81,8 % (plus bas que la « norme ») selon Reuters — le débat climat y est devenu débat de confiance institutionnelle.
5. Positionnement stratégique
bp revendique un « reset » orienté cash-flow et rendement pour rattraper Shell, Exxon ou Chevron (dépêche Reuters) ; l’Energy Outlook 2025 de bp fournit le récit macro (scénarios de demande et d’énergies de substitution d’ici 2050), utile intellectuellement, politique côté investisseurs. L’article AFP réédité par Connaissance des Énergies a qualifié de sépulture l’ancienne ambition « Beyond Petroleum ». Pour l’héritage APOC, la leçon est double : l’empire pétrolier naît d’une concession d’État ; aujourd’hui, c’est l’actionnariat et le droit des sociétés cotées qui règlent l’accès au récit et au capex — le Moyen-Orient du XIXe ayant cédé la place à la finance de Cité.
Verdict WattsElse
L’APOC n’est plus une personne morale en activité, mais le gène en reste : pétrole comme souveraineté, gouvernance comme arène climatique. Chez bp en 2025–2026, la ligne est claire côté marché : débloquer du pétrole et du gaz ; côté société civile et fonds, la bataille se joue sur la rétention des résolutions de 2015/2019 et sur la place d’un métalanguage de déclin de la demande d’hydrocarbures. Un grand groupé ne « vert » pas : il arbitr — et Londres a voté, en avril 2026, pour garder des lanières de transparence qu’on voulait décrocher, au prix d’une crise de légitimité du board — durs le business, durs les mots.
Sources : fr.wikipedia.org · reuters.com · bp.com · greenunivers.com · bp.com · bp.com · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · bp.com · bp.com · reuters.com · follow-this.org · reuters.com · bp.com · connaissancedesenergies.org
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Công ty Nhiệt điện Phú Mỹ
Le compteur affiche des performances d’exploitation rares ; le bilan du groupe, lui, tire la sonnette d’alarme sur le gaz, la dette et la monnaie.
Voir la ficheELMŰ Zrt.
Le nom « ELMŰ » évoque encore le vieux titre budapesto Budapesti Elektromos Művek ; avec l'intégration au groupe allemand E.ON, la vitrine opérationnelle du réseau budapesto‑pest est aujourd'hui portée par ELMŰ Hálózati Kft.
Voir la ficheAgronergy
Chauffage biomasse clé en main, parce que vous aimez que vos écoquartiers aient la chaleur du passé… sans la facture carbone du siècle dernier.
Voir la ficheGENNEIA
À Olivos comme dans six provinces où s’étendent ses éoliennes et ses centrales solaires, Genneia incarne une success story industrielle peu banale : passer le gigawatt renouvelable en Argentine tout en équilibrant dette dollarisée et héritage thermique encore actif jusqu’à la fin du mandat présidentiel de Javier Milei.
Voir la ficheTormoseröd Vindpark AB
Une SPV cotée à Stockholm fait tourner au sud de Strömstad l’un des parcs terrestres les plus massifs du coin : inauguration en septembre 2024, turbines parmi les plus hautes d’Suède nordique, actionnariat suisse–suédois.
Voir la ficheMangalore Refinery and Petrochemicals Limited
C’est une fiche d’atout national indien, pas une start-up : la Mangalore Refinery and Petrochemicals Limited transforme le brut, alimente les carburants et pousse la pétrochimie sous l’ombre d’ONGC.
Voir la ficheUnited Gas Corporation
Monument pétrogazier du Sud des États-Unis, fondé en 1930 à Shreveport (Louisiane), United Gas Corporation a disparu dans la fusion avec Pennzoil en 1968.
Voir la ficheVattenfall Elnät
Il ne produit pas l’électricité verte : il doit la faire passer — vite, au compteur près.
Voir la ficheKohinoor Planet Construction Pvt. Ltd
Promoteur immobilier historiquement ancré à Mumbai, Kohinoor Planet Constructions Pvt.
Voir la ficheGAS NATURAL FENOSA RENOVABLES SLU
* Longtemps associée au nom Gas Natural Fenosa, la SLU renovables* incarne la manœuvre ibérique du groupe : engranger du GW pour viser 9,5 GW en 2027, tout en navigant dans une Espagne où l’éolien se heurte à la judiciarisation des grands parcs.
Voir la ficheMembrillo Solar SpA
Sans homonymie : la graphie « Membrillo Solar SpA », telle que fournie au cache, ne renvoie dans les sources ouvertes consultées à aucune fiche d’autorité ( bilan, rapport RSE, site corporate ) qui permette de la rattacher mécaniquement à un pays ou à un périmètre publié.
Voir la ficheTEI
L’acronyme TEI court-circuite souvent les outils documentaires : on le confond avec un géant du disque tokyoïte, alors que Terrestrial Energy Inc.
Voir la fichePFV Las Taguas SpA
Le parc « Las Taguas » incarne à la fois la maturité du solaire distribué chilien — 12 MW raccordés, production et chiffrages d’impact publics — et la vulnérabilité d’un modèle où le tarif stabilisé des PMGD devient objet de polémique budgétaire et politique.
Voir la ficheVantaan Energia Sähköverkot
Le gestionnaire de distribution d’électricité de Vantaa ne « produit » pas le courant qu’il achemine : il encaisse la transformation urbaine, l’électrification et la météo des prix des composants de réseau — puis traduit le tout en tarifs depuis 2024.
Voir la ficheSWPPL
Précision d’entité : sous le sigle « SWPPL », les bases de données et notations peuvent désigner Sterling & Wilson Powergen Private Limited ; pour le cœur EnR (solaire utilitaire, hybride, stockage), c’est Sterling and Wilson Renewable Energy Limited (SWREL) — cotée en Inde — qui concentre l’activité et les publications financières récentes.
Voir la ficheWirsol Solar AG
Le nom Wirsol Solar AG reste l’étiquette d’origine d’un intégrateur solaire allemand devenu, par rachats et restructurations, une constellation de marques.
Voir la ficheEuro Green Energy Fejlesztő és Szolgáltató Kft.
Euro Green Energy n’est plus une start-up de catalogue : c’est une Kft intégrée à un groupe énergétique coté, qui exploite un actif éolien historique en Hongrie.
Voir la ficheGestel Ingeniería Limitada
Gestel Ingeniería Limitada ne vend pas une « transition » en slogan : elle vit du détail technique — petits moyens de génération distribuée, exploitation-maintenance solaire, electromobilité d’entreprise — dans un Chili où la régulation des PMGD devient un jeu à somme quasi nulle avec les subventions résidentielles.
Voir la ficheCông ty TNHH Điện lực Vĩnh Tân 1
Sous pavillon sino-vietnamien, cette BOT supercritique alimente la moitié sud du pays — et incarne le paradoxe d’une « transition » annoncée : valoriser les scories tout en noyer le littoral sous des stocks de cendres.
Voir la ficheVE Group (Pays-Bas, spécialisé dans l'industrie pétrochimique)
Chaudronnier de haute précision pour raffineries et amont pétrolier, la VE Group capitalise sur un rebond du oil & gas annoncé dès février 2026.
Voir la ficheVantaan Energia Sähköverkot Oy
Vantaa (Finlande) — Filiale du groupe municipal Vantaan Energia, Vantaan Energia Sähköverkot Oy n’est ni un producteur grand public ni une start-up : c’est le gestionnaire de réseau de distribution qui tient la « prise » de la ville-région de Vantaa.
Voir la ficheEDL LFG ACT Pty Ltd
Derrière un nom de société opaque, EDL LFG (ACT) Pty Ltd** porte le méthane capturé sur les décharges du Territoire de la capitale australienne jusqu’au marché de l’électricité et, selon les périodes, jusqu’aux compteurs carbone fédéraux.
Voir la ficheUNIVERSITY OF GREENWICH
L’University of Greenwich n’est ni un opérateur de réseau électrique ni une « utility » classique : c’est une université publique anglaise (fondée en 1890, campus à Londres et dans le Kent) dont le classement sectoriel Réseaux & Distribution recoupe surtout la dépendance aux réseaux de chaleur urbains, aux achats d’électricité et à la gestion patrimoniale…
Voir la ficheJSC "SAKHALINENERGO"
Le libellé « Pétrole & Gaz » accroché à JSC « Sakhalinenergo » dans certains classements prête à confusion : il s’agit d’un opérateur d’électricité et de chaleur sur l’île de Sakhaline, filiale du groupe RusHydro, et non de l’opérateur amont Sakhalin-2 porté par Sakhalin Energy (gaz/LNG, périmètre et chiffres distincts, voir par exemple les éléments…
Voir la fiche