Argentina and Paraguay Government
Deux États, un fleuve, une dette qui a failli bloquer le chantier : l’Argentine et le Paraguay ne « font » pas de l’énergie renouvelable au sens start-up, ils en gèrent un patrimoine colossal via l’Entidad Binacional Yacyretá (EBY), avec un décret argentin de 2025 qui rehausse le prix de l’électricité pour tenter d’apurer le passif.
À propos de Argentina and Paraguay Government
1. Modèle économique
Le cœur du dispositif est un barème d’achat de l’électricité hydraulique produite sur le Paraná : en mai 2025, le gouvernement argentin a approuvé par le décret 303/2025 un cadre opérationnel passé à 28 $/MWh pour l’énergie mise à disposition entre les deux pays, dans la lignée décrite aussi par les autorités pyguayes et la presse sur le dossier Milei‑Yacyretá (résumé réglementaire). Pour l’EBY, la logique combine facturation de l’énergie transférée, plan de paiement des arriérés et financement du chantier Aña Cuá désormais budgété à environ 620 M$ contre 302 M$ lors de la commande initiale en 2019 selon cette même couverture. Les recettes projetées de l’extension — de l’ordre de 80 à 90 M$/an supplémentaires — sont évoquées au passage de la modernisation des groupes par BNamericas. Le « CA » ou l’effectif d’une holding classique ne s’appliquent pas : la ressource est le traité, le débit du fleuve et la capacité à synchroniser deux trésoreries sous stress.
2. Impact réel
L’hydroélectricité de Yacyretá alimente massivement la zone argentine riveraine : selon une fiche projet du consortium Webuild, l’ensemble couvrirait environ 22 % de la demande nationale d’électricité argentine — chiffre à lire comme ordre de grandeur de promoteur de grands travaux, non comme comptabilité énergétique officielle. Côté capacité, la presse paraguayenne cite 3 200 MW installés et +270 MW visés via Aña Cuá (La Nación). Le gain climatique direct tient à l’évitement de production thermique marginale sur le réseau — mais il s’accompagne d’impacts hydrologiques et sociaux historiques sur le Paraná que les bilans carbone « au périmètre centrale » ne capturent pas. Les grilles PPE ou fiches type ADEME (Union européenne) ne fournissent pas d’équivalent chiffré pour ce binational : la comparaison pertinente reste celle du mix électrique argentin et paraguayen telle que publiée par les opérateurs nationaux, absente ici en détail faute de lien direct vérifié dans cette veille.
3. Innovations / partenariats
La « tech » est celle du génie civil et de la réhabilitation lourde : redémarrage du bras Aña Cuá avec objectif de première turbine pour juillet 2028, avancement porté à 40 % en avril 2026 selon La Nación. L’EBY a aussi annoncé la poursuite de la rénovation de quatre unités de la centrale principale et des travaux sur le site, mis en perspective par BNamericas. Le partenariat stratégique n’est pas un fonds de PE : c’est un couloir diplomatiqueconditionné par le FMI côté Buenos Aires, qui a contraint des régularisations de paiements vers la partie paraguayenne (MercoPress).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas un slogan marketing « vert », mais un lock-in financier et politique : le coût d’Aña Cuá plus que double entre 2019 et 2025 (302 M$ → 620 M$), ce qui alourdit le récit « transition propre » par la facture finale supportée par les contribuables des deux rives (MercoPress). La reprise des travaux fait suite à une paralysie de 16 à 18 mois et à des milliers d’emplois suspendus ou licenciés côté chantier, selon Primera Edición — signal que la « bas-carbone » dépend ici de la discipline budgétaire brésilienne‑argentine, pas seulement du débit du fleuve. Reste en suspens une créance d’environ 50 M$ sur des ventes d’énergie encore discutée entre les parties (MercoPress), avec en arrière‑plan la possibilité de tensions sur les volumes livrés évoquée dans la même enquête — un rappel que l’« EnR » bilatérale reste un instrument de négociation souveraine.
5. Positionnement stratégique
Les deux gouvernements jouent la carte d’une électrification à coût marginal bas une fois l’actif amorti, tout en alignant l’extension sur les plans nationaux (le Paraguay cite l’intégration à sa Politique énergétique 2050). Le signal récent le plus net est tarifaire : passer à 28 $/MWh vise à stabiliser la trésorerie de l’EBY et à débloquer les grands travaux, au prix d’une revalorisation du contrat politique entre voisins. À moyen terme, l’enjeu est simple : sécuriser des recettes additionnelles (les 80‑90 M$/an évoqués pour l’extension) sans redéclencher un autre cycle d’impayés.
Verdict WattsElse
L’Argentine et le Paraguay ne vendent pas une image de transition : ils recollent un actif hydraulique indispensable avec un marqueur de prix et une dette qui rappellent que, sur un fleuve partagé, le kilowattheure bas‑carbone reste une monnaie d’État. Tant que 50 M$ de factures historiques et 300 M$ de surcoût structurel pèsent sur la table, le vert du Paraná garde la couleur du compte en banque.
Sources : eby.gov.py · argentina.gob.ar · abc.com.py · en.mercopress.com · bnamericas.com · webuildgroup.com · lanacion.com.py · ademe.fr · en.mercopress.com · primeraedicion.com.ar · lanacion.com.py
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