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BERHY

** Dans le Berry historique, l’association BERHY incarne depuis plus d’une décennie la posture de « faiseur de filière » autour de l’hydrogène : sensibiliser, agréger, parfois prendre parti dans une gouvernance régionale très surveillée.

« Association indrienne du H₂ : filière d’abord rentabilité ensuite »

À propos de BERHY

1. Modèle économique

BERHY est une association loi 1901 — le site officiel en fixe l’objet : promouvoir l’usage de l’hydrogène dans le département de l’Indre, autour de la mobilité « zéro émission » et du couple stockage / électrolyse (power-to-gas). Ce positionnement exclut par nature un modèle de chiffre d’affaires industriel classique : pas de comptes sociaux « corporate » publiquement aisés à citer en l’état pour 2026, et une dépendance structurante aux montages financés — ADEME, FEDER, programmes européens — lorsqu’un projet passe à l’échelle sur le périmètre Centre – Val de Loire, comme l’écosystème Hy’Touraine (soutiens publics explicitement mis en avant dans la même documentation territoriale qui structure l’hydrogène autour de l’Indre).

Le fer de lance local reste le dossier HyBer à Châteauroux : borne(s) et projet d’infrastructure sur l’ancienne emprise Cérabati, à la jonction d’une logique industrielle (Pyrex) et d’un dépôt de bus — un calendrier qui a connu des discontinuités (voir section 4). Guy Riolet, président de BERHY, apparaît aussi dans le maillage France Hydrogène en Centre – Val de Loire (délégation régionale, février 2021 : liste des adjoints incluant « Guy Riolet de Berhy »), ce qui matérialise l’influence institutionnelle plus que la rentabilité directe.

2. Impact réel

L’impact climat d’une association de promotion se lit au second degré : elle ne « retire » pas elle-même de CO₂ des atmosphères, mais cherche à déplacer des usages vers des chaînes où l’hydrogène est produit avec de l’électricité bas-carbone — la présentation publique de BERHY insiste sur l’électrolyse alimentée par énergies renouvelables. Sur le territoire voisin Touraine Vallée de l’Indre, l’écosystème Hy’Touraine vise explicitement jusqu’à 2 tonnes d’hydrogène renouvelable par jour pour une capacité installée de 5 MW, avec Lhyfe et Teréga Solutions : ce n’est pas BERHY, mais c’est le décor régional dans lequel l’association se meut et contre lequel on peut juger une montée « en ordre de grandeur » d’impact si la demande industrielle suit.

À l’échelle infra, toujours sur ce même territoire, des installations comme la station COSMHYC DEMO distribuent du H₂ à des pressions 350 et 700 bars — pertinent pour la comparaison avec la logique PLD / flotte captives évoquée dans les documents publics environnants ; le gain environnemental final restera lié au facteur d’émissions de production (électricité utilisée au couple électrolyseur).

3. Innovations / partenariats

BERHY joue cartographiste et passeur : rattachement à la délégation territoriale France Hydrogène (cf. mention de Guy Riolet côté Actu.fr en 2021), appui moral et structurant à des projets type HyBer sur une friche industrielle — scénario éditorial développé par La Nouvelle République. En parallèle, le périmètre Touraine Vallée de l’Indre décrit VelHyre (15 vélos hydrogène avec Pragma) et le consortium européen COSMHYC DEMO : autant de briques d’expérimentation dont BERHY n’est pas toujours le maître d’ouvrage mais qui composent l’écosystème auquel elle se réfère.

4. Greenwashing / zones grises

Le site de l’association affirme que l’hydrogène en pile « n’émet ni gaz à effet de serre » (présentation BERHY) : formulation typiquement incomplète — elle occulte l’empreinte amont de la production (électricité grise, transport, fuites de H₂) et installe un écart pédagogique avec la réalité des bilans cycle de vie. Le contrepoint factuel territorial est ailleurs : La Nouvelle République, en 2023, rappelle qu’après plusieurs années « en stand-by », HyBer doit « refaire surface » précisément parce que la filière hydrogène « a besoin de potentiels clients » avant de s’ancrer durablement — une tension économique datée qui vaut réponse à l’illusion d’un déploiement linéaire.

Enfin, l’articulation associative / grands équipements public‑privé (cf. aides ADEME / FEDER sur Hy’Touraine) pose la question résiduelle de la pérennité hors subvention si les flottes ne passent pas à l’échelle — écueil générique mais documenté sur le même socle territorial.

5. Positionnement stratégique

BERHY capitalise sur la densité récente d’annonces hydrogène en Centre – Val de Loire (stations, véhicules d’essai, structuration nationale France Hydrogène) tout en gardant une gouvernance légère. L’enjeu, à horizon PPE et cadre français de soutien à la filière, est que l’Indre sécurise assez tôt une demande de mobilité lourde et de services logistiques pour absorber tout ce qui sera produit côté Hy’Touraine — faute de quoi BERHY continue d’être le porte-voix d’actifs qui ne sont pas tous « siens ».

Verdict WattsElse

BERHY est utile là où la transition hydrogène bute encore sur l’économie des volumes : donner du sens local et du réseau ; mais tant que la promesse reste plus « infrastructure subventionnée » que « kilos vendus au prix du marché », l’association restera le baromètre d’une promesse qui se mesure au compteur des flottes, pas aux slogans des piles.

Sources : berhy.fr · tourainevalleedelindre.fr · actu.fr · lanouvellerepublique.fr

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