ČEZ as
Le groupe tchèque ČEZ, a.s.
À propos de ČEZ as
1. Modèle économique
ČEZ, a.s. pilote un modèle de utilité verticalement intégrée : centrales (nucléaire en tête, charbon en retrait structurel, EnR en montée en charge), réseaux et distribution (récemment grossis par l’intégration de GasNet dans le périmètre consolidé), trading et services à la clientèle. Les résultats annuels 2025 publiés en mars 2026 font état de revenus opérationnels de 333,4 milliards de CZK (−3 % sur un an), d’un EBITDA de 137,0 milliards de CZK (quasi stable) et d’un bénéfice net de 27,4 milliards de CZK ; le résultat net ajusté est porté à 28,1 milliards de CZK. Le capex atteint 56,1 milliards de CZK, niveau comparable à 2024 selon le même communiqué. La gouvernance reste étatique majoritaire (~70 % du capital), ce qui aligne étroitement la stratégie ČEZ avec le plan national énergie-climat tchèque relancé fin 2024 : nucléaire + EnR comme leviers d’adhésion aux objectifs européens, gaz positionné comme filet de sécurité transitoire.
2. Impact réel
Sur le périmètre production/thermique, ČEZ présente une intensité d’émissions de 0,24 t CO₂e/MWh en 2025 pour l’électricité et la chaleur, en baisse de 9 % sur un an, avec affirmation que la cible « Vision 2030 » pour 2025 est atteinte — toujours selon son point presse mars 2026. Côté nucléaire, le groupe annonce 32,1 TWh injectés dans le système (− en nettement plus qu’une année record : +2,4 TWh), ce qui structure la baisse d’empreinte plus que le seul développement solaire ou éolien. Les EnR représentent l’investissement affiché le plus médiable au public : jusqu’à 40 milliards de CZK dédiés au solaire et à l’éolien d’ici 2030 pour viser 6 GW de capacités, selon le document de stratégie investisseurs mai 2025. À l’échelle de l’UE, ce chemin rejoint la logique des plans nationaux (PNEC) et, par contraste instructif pour un lecteur français, la programmation pluriannuelle décrite dans les travaux de Connaissance des Énergies sur la PPE : deux pays « nucléo-compatibles » qui calent pourtant leurs trajectoires sur des trajectoires EnR très différentes en ampleur et en rythme.
3. Innovations / partenariats
ČEZ enchaîne les accords d’envergure : construction de nouveaux réacteurs à Dukovany avec KHNP, accompagnée d’un prêt d’État sécurisé dans les analyses de marché (synthèse sectorielle Kpler), et prise de participation dans la filière petits réacteurs via Rolls-Royce SMR (20 % dès fin 2024, avec mention d’un SMR ciblé à Temelín à l’horizon 2035 dans la même veine d’analyse). En parallèle, le volet gaz « H2-ready » (jusqu’à 1,5 GW annoncés) et l’acquisition de GasNet matérialisent un pari sur les infrastructures et la flexibilité — détaillé dans le roadmap investisseurs. La feuille de route neutralité 2040 et la fourchette EBITDA 2026 (103–108 milliards de CZK) sont rappelées dans le Investment Story avril 2026.
4. Greenwashing / zones grises
La principale contradiction porte sur le lignite : Greenpeace République tchèque dénonce encore en 2025 l’absence d’un plan de sortie charbon au pas calendaire imposé par les politiques financières de grandes banques — Société Générale/Komerční banka, UniCredit — alors que ČEZ envisage encore une part significative de charbon à la fin de la décennie (article Greenpeace janvier 2025). Le même mouvement pointe une extension d’exploitation minière à Bílina jusqu’en 2035, jugée inconciliable avec la « Vision 2030 » marketing du groupe (communiqué Greenpeace septembre 2025). Côté comptes, Radio Prague International relaie en mars 2026 une effondrement du profit opérationnel fossile — 4,4 milliards de CZK en 2025 contre 13,8 milliards en 2024 — soit une chute d’environ deux tiers en un an, symptôme d’actifs thermiques sous stress économique avant même la fermeture politique du parc (reportage). Ces trois lignes — banques, mine, profit thermique — dessinent un risque réputationnel et financier qui n’est pas théorique.
5. Positionnement stratégique
ČEZ veut incarner le cheval de bataille industriel de Prague : nucléaire record + rattrapage EnR + réseaux gaz pour tenir la couture entre souveraineté et objectifs UE, en phase avec un PNEC qui table sur une sortie charbon 2033 mais laisse une marge de manœuvre politique (feuille de route coal & nuclear). Le message court aux investisseurs — dividende proposé 31 à 42 CZK/action pour 2025, soit 17 à 23 milliards de CZK au total (communiqué mars 2026) — rappelle que l’État-actionnaire exige encore de la liquidité tout en finançant des capex lourds.
Verdict WattsElse
ČEZ n’est pas une « pure player » EnR : c’est un transformateur de système dont le bilan carbone s’améliore surtout grâce au nucléaire et à la fermeture économique du fossile, alors que le lignite — et la mine de Bílina — menacent de saboter le narratif vert auprès des financeurs. Le récit propre tient si les pelles raccourcissent en même temps que les courbes d’émissions.
Sources : cez.cz · mpo.gov.cz · cez.cz · connaissancedesenergies.org · kpler.com · cez.cz · greenpeace.org · greenpeace.org · francais.radio.cz
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