CHOCOLATE CLOUD
Derrière l’étiquette « Réseaux & Distribution », Chocolate Cloud est une deep-tech logicielle basée à Aarhus (Danemark), née en 2014, qui vend du stockage multi-cloud et des briques R&D pour l’edge.
À propos de CHOCOLATE CLOUD
1. Modèle économique
L’entité visée ici est Chocolate Cloud ApS — société danoise dont le siège est indiqué au 63 Brendstrupvej, 8200 Aarhus N par le cluster CenSec, cohérent avec la fiche d’identité ouverte et le site corporate. Le classement WattsMonde « Réseaux & Distribution » colle au métier distribution des données entre clouds et sites ; en revanche, le registre d’activité rapporté par les bases économiques danoises la range dans l’édition de logiciels — écart utile à garder en tête pour ne pas la confondre avec un opérateur d’infrastructure physique.
Le produit visible côté marché repose sur SkyFlok (partage/fichiers) et SkyFlok Smart Storage, présenté comme stockage objet compatible S3 avec choix de localisation ; la fiche produits précise toutefois une bêta fermée « pas encore disponible publiquement » pour Smart Storage — signal que la conversion commerciale reste incomplète. Sur le volet corporate, l’à-propos met en avant une gouvernance internationale (investisseurs Danemark/Allemagne, conseil exécutif avec profils MIT et industrie).
Les agrégats financiers récents relayés par la base Erhverv+ pour l’exercice clos 30/06/2025 donnent une marge brute de 648 k DKK (contre 884 k DKK sur la base comparable 2024), une perte nette de −1,193 M DKK (après −1,617 M DKK en 2024), des capitaux propres à −4,86 M DKK, une dette long terme d’environ 8,92 M DKK, et des actifs immatériels ~4,19 M DKK représentant une part très élevée du bilan total (~8,35 M DKK d’actifs) — profil typique d’une scale-up qui capitalise la R&D tout en consomme du cash.
Parallèlement, l’entreprise capte des financements publics : elle figure parmi les projets soutenus par le Market Development Fund dans une enveloppe globale de 46,4 M DKK pour 20 projets, avec un volet explicitement orienté multi-cloud, résilience et RGPD, selon le billet corporate. Chiffre d’affaires détaillé et effectif exact : non confirmés dans les extraits accessibles lors de cette veille ; à compléter lorsque les filings complets seront consultables.
2. Impact réel
Chocolate Cloud ne publie pas, à ce stade, un bilan carbone client ou un rapport CSRD identifiable dans les pages « corporate » explorées : aucune donnée CO₂ consolidée, aucun pourcentage d’énergies renouvelables du mix électricité des datacenters tiers ne peut être attribué à l’entreprise sans extrapolation abusive.
L’argument environnemental défendable est indirect : réduire la quantité de données stockées via des techniques de répartition/codage réseau revendiquées (facteur ~×2 sur certains usages OpenStack/Hadoop dans la prose à-propos) peut, à périmètre égal, diminuer stockage disque, cycles réseau et surfaces datacenter — donc la consommation électrique marginale du service. Ce mécanisme s’inscrit dans les enjeux nationaux sur la sobriété des datacenters, documentés par exemple par la presse spécialisée française sur les travaux de l’ADEME (Connaissance des Énergies) et le cadre ministériel sur l’efficacité énergétique des centres de données. Mais lien mesuré France/PPE3 ↔ Chocolate Cloud : non établi dans les sources trouvées ; il s’agit d’un effet de levier logiciel, pas d’un levier énergétique primaire type renouvelable ou réseau électrique.
3. Innovations / partenariats
Le socle techno mis en avant combine confidentialité, multi-cloud et matériel sécurisé : Chocolate Cloud revendique avoir été la première société scandinave « white-listée » Intel SGX pour la production (communiqué corporate). Sur la scène européenne des appels à projets, elle affiche un taux de succès très supérieur à la moyenne Horizon Europe, avec 7 financements sur 9 propositions impliquant son équipe (page d’accueil corporate) — affirmation à lire comme communication de résultat, mais cohérente avec une présence vérifiable dans Horizon Europe : la fiche Commission du projet EMPYREAN (traitement edge/IoT) crédite Chocolate Cloud ApS (Danemark, PME) d’une contribution UE nette de 422 750,00 € (fiche CORDIS). Côté industrialisation d’image, un Top 10 Telekom Challenge avec O&O Software est relayé ici.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque n’est pas un slogan « vert » contesté dans la presse : c’est l’écart entre discours d’impact climat et capacité à tenir un bilan société. Les capitaux propres à −4,86 M DKK au 30 juin 2025 et une perte nette maintenue autour du million de DKK (profil financier Erhverv+) situent la structure dans une zone de fragilité financière chronique, où la dette long terme (~8,92 M DKK) et la forte part d’immobilisations incorporelles peuvent masquer une liquidité future incertaine. Autre tension : la dépendance aux instruments publics — fonds danois Market Development Fund (annonce) et subventions Horizon Europe (CORDIS EMPYREAN) — qui peut faire office de bouée de sauvetage R&D tant que la pipeline commerciale reste en bêta (produits).
Sur le volet « vert », sans métriques auditées reliant gains de stockage à kWh évités, tout claim fort sur la décarbonation reste structurellement vulnérable au regard des bonnes pratiques de communication environnementale du numérique (aperçu ADEME « impact du numérique »). Aucune condamnation, litige environnemental ou enquête réglementaire spécifique à Chocolate Cloud n’a été identifiée dans cette veille ; en l’absence de fait nouveau public, la critique doit rester bilanique et de gouvernance, pas juridique.
5. Positionnement stratégique
Chocolate Cloud joue la carte souveraineté des données et interopérabilité S3 au moment où l’Europe durcit les exigences RGPD, cybersécurité et localisation. Sa présence dans les écosystèmes cloud–edge–IoT européens (EMPYREAN sur CORDIS) lui donne une visibilité institutionnelle utile pour signer pilotes et partenariats ; la reconnaissance CenSec (fiche membre) renforce la crédibilité défense/industrie. Le pari stratégique est limpide : transformer une PME à forte intensité de brevets en éditeur SaaS/B2B rentable avant que le renouvellement des financements et la dette ne compriment la marge de manœuvre.
Verdict WattsElse
Chocolate Cloud incarne une start-up européenne très « grant-native » : brillante sur les appels Horizon, encore en retard sur la normalisation commerciale, et sous pression bilanique au seuil 2025 selon les agrégats publiés par Erhverv+. Dans la transition énergétique, elle n’est pas un producteur d’électricité ; c’est un pari sur la sobriété du stockage — à condition que les chiffres carbone suivent enfin les slides.
Sources : censec.dk · wikidata.org · chocolate-cloud.cc · chocolate-cloud.cc · chocolate-cloud.cc · erhvervplus.dk · chocolate-cloud.cc · connaissancedesenergies.org · ecologie.gouv.fr · chocolate-cloud.cc · cordis.europa.eu · chocolate-cloud.cc · communication-responsable.ademe.fr
Données clés
- Fondée
- 2014
Identifiants publics
- Wikidata
- Q138655010
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
REMONDIS
Derrière son nom encore peu grand public en France, REMONDIS avance comme un consolidateur patient de l’économie circulaire européenne.
Voir la ficheCELSIA S.A E.S.P.
Une filiale énergie du conglomérat Grupo Argos, Celsia S.A.
Voir la ficheUNIVERSITY OF APPLIED SCIENCES
Le sigle University of Applied Sciences (UAS) ne désigne pas une multinationale : c’est un modèle d’enseignement supérieur orienté professionnalisation et RDI appliquée, calibré pour injecter compétences et démonstrateurs dans la transition.
Voir la ficheBiotrend
À Cantanhede, une PME de biotechnologie industrielle joue à l’échelle laboratoire-pilote ce que Bruxelles impose désormais aux pistes : faire monter les biocarburants d’aviation dans les réservoirs.
Voir la ficheSantiago Solar
À Til Til, au nord de Santiago du Chili, Santiago Solar incarne le paradoxe d’un grand photovoltaïque « bleu-blanc-rouge » coincé entre fierté industrielle et marché électrique sous pression.
Voir la ficheRenewables Norway
Renewables Norway — Fornybar Norge — porte mal son nom anglais à la lettre : ce n’est pas un producteur d’électricité, mais l’organisation faîtière qui rassemble la filière norvégienne des renouvelables.
Voir la ficheAldwych
Le nom « Aldwych » évoque Westminster, pas le bureau où l’on arbitre en dollars les PPAs africaines.
Voir la ficheGibson Energy
** Cotée à Toronto, Gibson Energy incarne le paradoxe du « pétrole propre » en costume : infrastructures de premier plan, dividendes généreux, notations ESG flamboyantes — et des émissions Scope 1 et 3 qui montent quand l’activité s’épaissit.
Voir la ficheElyse Energy
À la croisée du e-méthanol, du SAF et du captage CO₂, Elyse Energy construit une story d’industrialisation à la française — hydrogène bas-carbone, projets transfrontaliers, levées et garanties d’État — tout en déclenchant sur le terrain un débat cru sur l’eau et la biomasse.
Voir la ficheStenökra AB
Derrière le nom probablement fautif « Stenökra », c’est un acteur majeur — mais discret côté branding international — qui se profile : SR Energy, numéro un de l’éolien terrestre en Suède, avec une production annuelle annoncée de 2,7 TWh.
Voir la ficheKlev Wind AB
Klev Wind AB incarne cette Suède des grands chantiers renouvelables : un parc de 146 MW inauguré officiellement en 2024, financé contre des milliards pour couvrir le nord de Stockholm et l’automotive européenne.
Voir la ficheENERGIAS ESPECIALES DEL BIERZO S.A.
Société anonyme espagnole — CIF A24427809, domiciliée à Torre del Bierzo (province de León) selon la fiche d’identité publique —, Energías Especiales del Bierzo SA n’est pas un avatar marketing : c’est une véhicule juridique qui porte un actif éolien terrain.
Voir la ficheCENAGAS
Opérateur public du SISTRANGAS, CENAGAS incarne la traction étatique sur un gaz mexicain tiré à hue et à dia entre importations massives depuis les États-Unis, réseau vieillissant et ambition affichée de porter le stockage stratégique de 2,5 à au moins dix jours de demande nationale.
Voir la ficheCODEMA
Elle pilote vingt-et-un millions d’euros de rénovations publiques et fait tourner des pipelines européens, mais ce n’est pas un studio de jeux.
Voir la ficheCIMNE-CERCA
Le CIMNE (Centre international pour les méthodes numériques en ingénierie) incarne ce que votre cache « Réseaux & Distribution » vise souvent derrière le métal : la couche logicielle qui anticipe les flux, absorbe l’électrification et cadraille les données.
Voir la ficheCulti’Wh Normands
Culti’Wh Normands n’a pas la surface médiatique des scale-ups de l’énergie, mais la société laisse une trace nette dans l’écosystème normand : un bureau d’études créé en 2008 à Hérouville-Saint-Clair, sans site corporate communiqué, piloté par Patrick Ouvry et juridiquement classé en ingénierie, études techniques (Le Figaro Entreprises, E-Pro).
Voir la ficheAyllu Solar
Ce n’est ni une start-up parisienne ni un producteur indépendant : Ayllu Solar est l’étendard territorial du Solar Energy Research Center (SERC Chile), piloté par l’Université du Chili avec les universités de Tarapacà et d’Antofagasta, dans la région d’Arica y Parinacota.
Voir la ficheAughinish
Sous l’étiquette « Aughinish », le dossier industriel qui compte pour la transition énergétique, ce n’est pas une circonscription électorale ni un acteur pétrolier classique : c’est la raffinerie d’alumine russe (via Rusal) sur l’estuaire du Shannon, revenue au vert financier en 2024 tout en restant accro au gaz et prise entre exclusion des marchés de…
Voir la ficheYunnan Dongyuan Coal Power Co Ltd
Société non cotée tiraillée entre extraction, valorisation de résidus et files électriques « charbon », Yunnan Dongyuan Coal Power incarne une configuration rare en Europe mais massive en Chine : le méthane-électricité des filières minières provinciales.
Voir la fichePermian Basin Royalty Trust
Un royalty trust texan coté à New York, le Permian Basin Royalty Trust capte une part des bénéfices nets sur du pétrole et du gaz du Permian, mais en 2026 le récit dominant n’est plus le cours du baril : c’est Waddell Ranch, bloqué en « coûts excédentaires », le règlement Blackbeard, et un bras de fer sur les statuts qui ira devant le tribunal de Fort Worth.
Voir la ficheHunt Oil Company
Fondée en 1934 et toujours non cotée, Hunt Oil incarne une rare continuité familiale dans l’amont pétrogazier américain.
Voir la ficheSperlingsholms gods AB
Un domaine familial du sud de la Suède accélère la production d’électricité renouvelable sur ses terres — mais la formule « agro + EnR » bascule au tribunal et dans l’opinion quand l’arbitage se lit en hectares, en couronnes et en gisements alimentaires.
Voir la ficheCOMSA Corporación
Le groupe catalan a franchi en 2025 le seuil symbolique du milliard d’euros de ventes, porté par des chantiers ferroviaires et routiers massifs.
Voir la ficheOLA Energy Réunion
Face à l’inflation des prix à la pompe, la distribution devient cible des élus ; OLA Energy Réunion, héritière de Tamoil, sécurise pourtant un maillage serré par la location-gérance et s’affiche côté « services » sur la Route des Tamarins, tout en restant, comme ses concurrents, prise en étau entre marge, image et infrastructure importée.
Voir la fiche