Clauger
Deux discours se croisent : celui d’un intégrateur familial du froid et du traitement d’air qui capitalise sur la décarbonation des usines, et celui d’un équipementier qui continue de vendre de la compression de gaz naturel et une proximité terrain en Russie.
À propos de Clauger
1. Modèle économique
Clauger (SAS au capital de 1,525 M€, siège à Brignais, SIREN 971 506 191) est une ETI d’ingénierie et d’installation : conception, fabrication, montage, maintenance et services autour du froid industriel, du traitement d’air et, via des briques « process », de la thermique et de la compression de gaz. La société revendique en France 1 300 collaborateurs pour une cinquantaine d’implantations, et un maillage international qui passe par des filiales et un pôle export. Le cœur du chiffre d’affaires reste l’accompagnement de long cycle des industriels (agroalimentaire en tête, mais aussi chimie, logistique, santé, etc.), avec une logique de contrats, d’audits et de rénovation d’actifs thermiques. Sur l’exercice clos au 31 décembre 2024, les comptes consolidés publiés par la presse spécialisée font état d’un chiffre d’affaires net d’environ 363,5 M€ et d’un résultat net d’environ 15,6 M€, après une année de forte dynamique commerciale. La structure financière reste marquée par un levier d’endettement de 126,67 % au même closing, ce qui compte pour la suite des investissements « vert ».
2. Impact réel
L’impact climat de Clauger se joue surtout en aval, dans la performance énergétique des usines clientes : sobriété frigorifique, récupération de chaleur, substitution de fluides, optimisation des centrales de froid. Le groupe met en avant des orientations sectorielles cohérentes avec la trajectoire européenne — fluides naturels, chaleur fatale, efficacité — mais les agrégats publics type « % d’énergies renouvelables du groupe » ou « tonnes de CO₂ évitées annuelles » ne sont pas restitués de manière directe et gratuite dans les pages consultées ici : le premier rapport extra-financier « performance durable 2025 » est présenté comme l’amorce d’une exigence CSRD à l’horizon 2028, avec un document à demander via formulaire. Sur le volet eau, un angle « sobriété hydrique » est assumé par l’entreprise comme réponse aux tensions sur la ressource — en pratique, un enjeu structurant pour les tours aéroréfrigérantes et les grands froids industriels. En l’état des sources ouvertes, nous n’avons pas repéré de fiche ADEME, de focus PPE III ou d’article long des médias énergie cités en consigne entièrement dédié à Clauger.
3. Innovations / partenariats
Côté innovation ouverte, le groupe s’affiche dans des réseaux français de décarbonation industrielle : adhésion à Allice et au Club CO₂ en juillet 2025, avec une présence au congrès ALLICE 2025 autour de l’IA au service de l’efficacité énergétique. Sur le volet européen, Clauger est partie prenante du projet ZIMBA (Horizon Europe, budget annoncé de 1,9 M€, 2024–2028), qui vise un transformateur de chaleur à absorption ammoniaque-eau pour valoriser la chaleur fatale. En région, il soutient le projet BioRenGaz « Seppi Gaz » à Issenheim sur la méthanisation d’effluents agroalimentaires. Enfin, l’entreprise propose un montage financier articulant ROI et aides, dont les CEE, typique du marché de la rénovation industrielle en France.
4. Greenwashing / zones grises
Le première tension est chiffrée et administrée : au 6 mars 2025, une annonce publiée sous la rubrique des formalités fait état d’une sanction DGCCRF de 450 000 € contre Clauger pour retards répétés de paiement envers des fournisseurs, au titre du code du commerce — un signal sérieux pour une ETI qui prône « éthique » et chaîne industrielle résiliente. Une seconde zone de lecture plus « macro » mais documentée dans les données bilantaires agrégées : un ratio d’endettement à 126,67 % au 31/12/2024, qui peut rogner la marge de manœuvre si les taux ou les carnets de commandes tièdissent alors que décarboner coûte cher en équipements. Sur le fond métier, l’activité Process, gaz et Oil & Gas via Clauger–Technofrigo inclut encore explicitement compression du gaz naturel et récupération de gaz de torche : ce n’est pas du « hors-sujet », mais ça relativise tout storytelling « uniquement transition » sans nuance.
5. Positionnement stratégique
Clauger vise manifestement une normalisation reporting (CSRD horizon 2028) et une reconnaissance RSE marché via la médaillé d’argent EcoVadis 2025 mentionnée dans le communiqué sur le rapport de performance durable, tout en restant très « terrain » avec des produits industriels nouvelles génération (PAC industrielles, etc.). Une tension géopolitique non balayée par une note de bas de page : la filiale Clauger Russia à Moscou, une vingtaine de salariés et un atelier de 1 800 m², au service aussi de marchés hors alimentaires dont l’« Oil & Gas » et des pays voisins. Enfin, le passage récent où Clauger Group devient personne morale présidente de la SAS (annonces du second semestre 2025) traduit une recomposition de gouvernance à surveiller lors des prochains investissements.
Verdict WattsElse
Voici une ETI française qui sait gagner du terrain sur la performance énergétique des usines, mais dont le métier traverse encore le gaz fossilé et dont la feuille de route extra-financière devra bientôt passer l’épreuve de la mesure publique — pour ne pas se contenter du vernis. Dans un monde où le froid est à la fois un service climatique et un gisement d’empreinte, Clauger incarne la bascule industrielle encore à moitié dite.
Sources : societe.com · clauger.com · entreprises.lefigaro.fr · clauger.com · clauger.com · clauger.com · clauger.com · clauger.com · clauger.com · clauger.com · clauger.com · clauger.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
ATAX CONSULTANTS
Derrière un nom de « consultants », Atax joue un rôle très concret : maximiser le levier fiscal et parafiscal des bailleurs sociaux, y compris via les certificats d’économies d’énergie et les financements publics.
Voir la ficheDEMIR ENERJI
En Turquie, « Demir Enerji » recouvre deux lignes de métier très différentes — conseil en transition et fabrication de modules — qui partagent une fragilité commune : l’éclairage public sur le groupe Demir au plus haut niveau.
Voir la ficheQuestar Corporation
Le nom « Questar » prête à confusion : une Questar fabrique des lunettes et télescopes en Pennsylvanie ; l’autre, celle qui intéresse le gaz, est l’ex-utilitaire Questar Gas racheté par Enbridge et rebaptisé Enbridge Gas Utah, Wyoming et Idaho.
Voir la ficheBosphorus Gaz Corporation
Bosphorus Gaz n’est pas un « acteur de la transition » : c’est l’artisan d’un flux, celui du gaz d’importation revendu en Turquie, verrouillé sur un partenaire russe.
Voir la ficheTohoku Electric Power
Utility verticalement intégrée au cœur du Tōhoku et du Niigata, Tohoku Electric Power vend de l’électricité à quelque 7,6 millions de compteurs, exploite un maillage dense et arbitrage sans cesse entre nucléaire relancé, thermique de précaution et EnR.
Voir la ficheEnersur
La marque EnerSur reste dans la mémoire du marché, mais l’entité opère aujourd’hui sous ENGIE Energía Perú S.A.A., un acteur qui touche de près l’aval régulé via les distributeurs sans être un gestionnaire de réseau type Enedis.
Voir la ficheETI
On parle ici d’Electro Technique Industrielle — l’ETI** des travailleurs du courant à Écouflant, pas du sigle « entreprise de taille intermédiaire » ni d’une entrée Wikidata fantaisiste.
Voir la ficheGama Enerji
La centrale gaz İç Anadolu (870 MW), longtemps pierre angulaire des comptes, change de propriétaire au profit de SOCARTürkiye : 225 millions de dollars et entrée effective des opérations côté repreneur depuis le 2 février 2026, selon l’état-major de la transaction rapporté par Interfax.
Voir la ficheSamsung
Le géant sud-coréen ne se résume pas aux smartphones : Samsung C&T et Samsung Heavy Industries en font un acteur discret mais massif des infrastructures énergétiques, du solaire géant au SMR.
Voir la ficheAustralian Nuclear Science and Technology Organisation
L’ANSTO est le cerveau et l’usine discrète d’une dépendance nationale australienne aux examens à la Tc-99m, coincée entre un réacteur de recherche, un synchrotron sous pression et une impasse sur les déchets.
Voir la ficheÇelİkler Seyİtömer Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Deux chiffres résument le paradoxe : une rentabilité opérationnelle qui bondit pendant qu’une vallée continue d’épier les mesures de particules fines.
Voir la ficheMainstream Renewable Power / Actis
Une pure player éolienne et solaire qui a surfer sur la mondialisation des EnR jusqu’à un crash de projet au Chili.
Voir la ficheupOwa
Fournisseur camerounais de kits solaires pour villages hors réseau, avec EDF à la manœuvre pour électrifier... et faire tourner la machine financière.
Voir la ficheRed Eléctrica del Norte 2 S.A.
Filiale d’infrastructure née du rachat d’actifs miniers, REDENOR 2 fait circuler l’électricité du Nord chilien — là même où, en 2025, des volumes massifs d’énergies renouvelables sont « jetés » faute de réseau.
Voir la fichePetrol Ofisi
** Filiale du trader néerlandais Vitol, Petrol Ofisi vient d’avaler BP en Turquie et vise un chiffre d’affaires consolidé à 14 milliards de dollars pour 2025.
Voir la ficheUBE
Le groupe japonais UBE Corporation incarne une transition industrielle brutale : il parie l’avenir sur la chimie de spécialité pour batteries et sur des briques « gaz nettoyé », tout en retirant des actifs qu’on ne sait plus déf endre face au carbone et à la concurrence.
Voir la ficheCommonwealth Oil Refineries
La Commonwealth Oil Refineries (COR) a incarné la tentation australienne d’un raffinage « national » entre les deux guerres, avant d’être absorbée par le précurseur de BP.
Voir la ficheBeşiktepe Üretim ve Ticaret A.Ş.
Derrière un nom de société à consonance de holding, c’est un parc emblématique qu’on discute : le Kıyıköy RES, passé de la traction familiale au montage financier de fonds turcs, puis à l’échelle industrielle du duo Borusan EnBW.
Voir la ficheConfidence Power Rangpur Limited
** Centrale thermique « privée » accrochée au réseau bangladais, Confidence Power Rangpur Limited encaisse les effets cumulés d’un contrat d’achat étatique et d’un combustible importé.
Voir la ficheTractebel
Filiale d’ingénierie d’Engie, Tractebel vend du savoir-faire, pas du kilowattheure : nucléaire, réseaux, gaz, EnR, bâtiments, eau.
Voir la ficheLiaoning Huadian Tieling Power Generation Co Ltd
** À Tieling, dans la province chinoise du Liaoning, une filiale historique d’Huadian assure la baseline électrique et thermique d’une centrale à charbon de 2 400 MW — le socle physique de revenus réguliers, mais aussi le nœud climatique d’un groupe en rotation forcée vers méthanol et hydrogène « vert ».
Voir la ficheEnergie3 Prowatt (devenue EIKLA)
Ingénierie énergétique qui vous promet de bâtir un avenir durable... avec des racines nordiques solides, mais sans oublier les ficelles de l’entreprise.
Voir la ficheMOIA
Filiale allemande du groupe Volkswagen basée entre Berlin et Hambourg, MOIA incarne une mobilité partagée en minibus électriques puis un pivot vers une offre logicielle pour l’autoconduite.
Voir la ficheIrving Oil
** Privée et profondément ancrée dans l’Atlantique nord-américain, Irving Oil fait tourner la plus grande raffinerie du Canada tout en réorganisant ses approvisionnements quand le Golfe se referme.
Voir la fiche