CMPC Celulosa
Le groupe pousse le projet brésilien « Natureza » au prix d’un demi-milliard de dollars annoncé tout en subissant une décote boursière de la cellulose et une procédure fédérale sur la consultation indigène.
À propos de CMPC Celulosa
1. Modèle économique
La division Celulosa d’Empresas CMPC couvre plantations, scieries, contre-plaqué et surtout pâte (usines au Chili et au Brésil, dont Guaíba), et exporte une fibre présentée comme alternative aux matériaux fossiles (page métier Celulosa). Les revenus se structurent autour des prix mondiaux de la pâte, des volumes livrés en Asie et des capex forestiers ; le document trimestriel indique un chiffre d’affaires consolidé de 1,813 Md$ au 1T 2025, en retrait de 7 % sur un an, avec un EBITDA de 278 M$ en baisse de 16 % (Análisis Razonado 1T25). Pour l’exercice complet, une synthèse de résultats fait état d’environ 7,48 Md$ de ventes 2025 contre ~7,74 Md$ en 2024 (MarketScreener). Le résultat net consolidé est passé d’environ 491 M$ en 2024 à 202 M$ en 2025 selon les communications de résultats relayées en 2026 (transcript d’appel résultats). Le groupe déclare plus de 25 000 collaborateurs directs et une présence industrielle sur neuf pays des Amériques (même analyse raisonnée 1T25).
2. Impact réel
Sur le climat, CMPC met en avant une réduction d’environ 45 % des émissions Scope 1 et 2 en 2024 par rapport à 2015, et vise -50 % en 2030 sur cette base (rapport intégré 2024 ; feuille de route décarbonation). Les Scope 3 représentent la majorité du bilan carbone (ordre de grandeur ~84 % du total groupe en 2024 dans la comptabilisation publiée) ; l’objectif affiché est -37,5 % en absolu d’ici 2035 par rapport à 2020 (détail des trajectoires Scope 3). Côté forêt, le taux de certification FSC/PEFC des actifs forestiers atteint 99,77 % en 2024 (rapport intégré 2024). Pour le lecteur français, l’enjeu n’est pas le PPE électricité mais la bioéconomie forestière : l’ADEME rappelle que la valorisation du bois et des connexes dépend fortement des modes de gestion et des bilan carbone réels des filières (analyse biomasse et transition), tandis que la demande européenne de matériaux d’emballage continue de structurer le marché de la pâte marchande (Connaissance des énergies / AFP).
3. Innovations / partenariats
L’expansion capacitaire domine l’agenda : le projet « Natureza » au Rio Grande do Sul est présenté comme un investissement de l’ordre de 4,6 Md$ visant une nouvelle usine vers 2029 et un doublement capacité courte de cellulose (Valor International). Sur le financement, le groupe a instrumenté un nouveau cycle de croissance avec des instruments hybrides (obligations/perps) pour étaler le coût du programme d’investissements 2026-2029 (ACOFORAG). Les innovations « bas carbone » restent, dans les documents publics, surtout forestières et d’efficacité énergétique en site plutôt que ruptures technologiques de procédé.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de rupture sociale et réglementaire est documenté : le Ministère public fédéral brésilien a recommandé la suspension du licenciement environnemental de l’usine de Barra do Ribeiro, pointant l’absence de consultation préalable libre et éclairée des peuples autochtones Mbyá Guarani au sens du conventionnalisme international (communiqué MPF-PR/RS). La presse chilienne a relayé ce contretemps sur Natureza (Diario Financiero). Au Chili, des ONG dénoncent des tensions foncières à grande échelle sur le socle forestier des intégrateurs de pâte, au-delà du seul discours certification (Environmental Paper Network). Chiffre daté : avec un résultat net consolidé qui divise par ~2,4 entre 2024 (~491 M$) et 2025 (~202 M$) (synthèse d’appel résultats), le storytelling « durable » peut masquer une exposition cyclique brutale aux prix Chine / surcapacité — l’écologie devient alors second risque face au risque de marge.
5. Positionnement stratégique
CMPC ancre son prochain cycle de croissance au Sud du Brésil alors que le chiffre d’affaires résiste mal aux prix bas et que la division Cellulose affiche encore une marge d’EBITDA résiliente en fin d’année 2025 (ordre de grandeur ~22 % selon les chiffres discutés en conférence — transcript). La stratégie publique 2030 insiste sur bioéconomie, forêts productives et décarbonation (stratégie 2030), dans un marché mondial où la fibre végétale gagne des parts sur certains plastiques mais reste commoditisée.
Verdict WattsElse
CMPC Celulosa joue double or — certifications et objectifs Scope — et double risque : procédure indigène au Brésil et décote de cycle sur la pâte ; tant que Natureza n’a pas de feu vert juridique net, la promesse de croissance reste une option sous tension.
Sources : cmpc.com · cmpcadmin.investor-relations.co · es.marketscreener.com · finance.yahoo.com · cmpcpulp.com · cmpc.com · infos.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · valorinternational.globo.com · acoforag.cl · mpf.mp.br · df.cl · environmentalpaper.org · cmpc.com
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