Công ty Nhiệt Điện Vĩnh Tân
Pilier de l’approvisionnement du Sud du Vietnam, la société thermique de Vinh Tân enchaîne les records de production quand la saison sèche tire les kilowattheures vers le haut — tout en portant un bilan carbone et matière résolument charbonnier.
À propos de Công ty Nhiệt Điện Vĩnh Tân
1. Modèle économique
La Công ty Nhiệt điện Vĩnh Tân est une unité de production d’EVNGENCO3, elle-même dans l’orbite d’EVN : le modèle est celui d’un producteur captif, rémunéré dans le cadre du marché de gros vietnamien, avec une forte exposition aux besoins de pointe du Sud et aux assèchements hydrauliques de la saison sèche. Selon la presse sectorielle, la filiale a livré 7,445 TWh en 2024 en cumulant Vĩnh Tân 2 et le solaire, dépassant son plan annuel d’une douzaine de jours. Les capacités publiquement citées pour ce périmètre se situent autour de 1 244 MW thermiques (2×622 MW) et 42,65 MWc photovoltaïques. Pour la maison-mère, un média économique rapporte un chiffre d’affaires 2025 de 43 573 milliards de VND (+10 % sur un an) — agrégat groupe dont la ventilation par filiale n’est pas détaillée dans les éléments consultés ici — et le rapport annuel d’EVNGENCO3 évoque un bénéfice net 2025 de 3 702 milliards de VND après une année 2024 durablement affectée par le change sur la dette en devises.
2. Impact réel
Le bilan physique est sans ambiguïte : la production photovoltaïque de 61,72 GWh en 2024 ne représente que environ 0,8 % du total de la filiale Vinh Tân thermique + solaire — le climat et la qualité de l’air restent structuralement dominés par la combustion de charbon importé. Ce positionnement s’inscrit dans un pays où la transition affichée coexiste avec une filière charbon encore massive ; une synthèse française du contexte souligne la montée historique du charbon dans le mix et les tensions entre trajectoire nationale et promesses climatiques. Les émissions de GES spécifiques à cette société ne sont pas retracées de façon isolée dans les sources ouvertes utilisées pour cette fiche ; l’impact climatique doit donc être lu au prorata de ce gigantisme thermique et des facteurs d’émission du parc vietnamien.
3. Innovations / partenariats
Sur le volet « résidus », EVN met en avant une logique de économie circulaire : ligne de traitement des cendres à hauteur d’environ 700 000 m³/an, volumétrie 5,31 millions de tonnes de cendres écoulées ou valorisées sur les huit premiers mois de 2025, et contrats d’export vers la filière ciment. Côtè exploitation, la presse professionnelle note une baisse de 66,7 % du taux d’incidents en 2025 par rapport à 2024 sur le périmètre suivi (fiabilité opérationnelle renforcée quand la demande sudiste devient impérieuse). Les annonces « sans résidu de cendres » pour Vĩnh Tân 4 en 2025 concernent une autre centrale du même cluster ; utiles pour comprendre la narration groupe, elles ne se substituent pas à des indicateurs audités au niveau strict de la société Vĩnh Tân 2.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque de découverte réside dans l’écart entre la communication « valorisation à 206 % » ou « économie circulaire » et la géographie réelle des stocks : à fin 2024, le centre de Vinh Tân comptait près de 13 millions de tonnes de cendres et scories cumulées pour les quatre thermiques ; la décharge partagée servant Vĩnh Tân 2, 4 et extension était remplie à plus de 94 % de sa capacité de 8,6 millions de tonnes (8,1 Mt stockées), avec risque d’impasse opérationnelle si l’évacuation ne suit pas. Ce chiffre, documenté par la presse nationale traduite, constitué la contradiction factuelle la plus nette avec un récit « vert » uniquement porté par les taux de recyclage instantanés. Par ailleurs, la saison des vents du Nord-Est pousse les opérateurs du cluster à multiplier brumisation et arrosage sur les aires à charbon — le média Lao Động décrit ce renforcement pour Vĩnh Tân 4, révélateur d’une vulnérabilité saisonnière aux poussières que les communiqués soulignent comme « conformité », mais qui traduit aussi une pression environnementale persistante sur le littoral de Bình Thuận.
5. Positionnement stratégique
Les objectifs de dispatch annoncés pour les saisons sèches — plus de 3,8 TWh visés pour 2025 puis 2,93 TWh prévus pour la saison sèche 2026 côté Vĩnh Tân 2 — montrent que l’État confie encore à cette ligne thermique un rôle de dernier rempart avant la pénurie. Dans le même temps, le PDP8 révisé et ses déclinaisons sectorielles dessinent une trajectoire nationale où le charbon doit à terme plier bagage ; les producteurs comme Vinh Tân restent bankables tant que la transition tarde, mais exposés à la fois au pilotage carbone long terme (analyse IEA sur un secteur électricité net zéro) et aux coûts résiduels du stockage cendres.
Verdict WattsElse
Vinh Tân incarne la contradiction vietnamienne au watt près : indispensable pour tenir le Sud sous tension, la structure reste prisonnière d’un cycle charbon — matière importée, volumes astronomiques de résidus — que même une valorisation record ne vide pas assez vite des hangars. Quand la sécurité électrique gagne, la géographie des déchets perd.
Sources : en.sggp.org.vn · genco3.com · tapchicongthuong.vn · baodautu.vn · bctn.genco3.com · connaissancedesenergies.org · en.evn.com.vn · tapchicongthuong.vn · en.evn.com.vn · news.laodong.vn · vietnam.vn · tresor.economie.gouv.fr · iea.org
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q130358625
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Epuron
** Le nom « Epuron » renvoie aujourd’hui à deux trajectoires déjà fusionnées : un développeur australien digéré par Ark Energy (filiale du groupe coréen Korea Zinc), une société française absorbée par l’italien ERG.
Voir la fichePETROCI Holding (Société Nationale d'Opérations Pétrolières)
On vous dit « Production » et une ville italienne : méfiance.
Voir la ficheAela Eólica Sarco
Quand WattsElse parle d’« Aela Eólica Sarco », il s’agit bien de la société chilienne (forme S.p.A.) qui porta historiquement le parc éolien de Freirina (région d’Atacama) — il n’y a pas de homonymie sérieuse avec une actrice hors filière EnR : la carte d’identité sectorielle colle (fiche entreprise).
Voir la ficheDall Energy
Transformer les déchets verts en chaleur cosy, mais le défi reste de rester 100 % vert au-delà des chiffres.
Voir la ficheCooperativa Energética Montefuerte Solar
À Monforte de Moyuela (Teruel, Aragon), la Cooperativa Energética Montefuerte Solar incarne la première communauté énergétique municipale de la région : photovoltaïque « kilomètre zéro », membres riverains et État encore branché sur la même prise — le réseau.
Voir la ficheNOBATEK/INEF4
Dans le bâtiment, beaucoup promettent la transition, peu fabriquent les méthodes, les outils et les preuves.
Voir la ficheIndustrias Juan F. Secco S.A.
Le nom ne dit rien en Europe ; en Argentine, il pèse comme une infrastructure.
Voir la ficheUPV/EHU
L’UPV/EHU affiche des courbes d’énergie en baisse et des plaques PV sur le toit, au moment où son modèle — presque entièrement public — se heurte à une crispation budgétaire sans précédent.
Voir la ficheEUROPEAN DIGITAL INNOVATION HUB IN CONSTRUCTION
Ce que le titre anglais évoque, ce n’est ni une utility ni une startup électrique : c’est EDICS, le guichet unique européen pour la construction en Bulgarie, porté par un consortium d’acteurs publics et professionnels et coordonné par la Chambre bulgare de la construction.
Voir la ficheFirst Hydro Company
La « Electric Mountain » ne fait pas la une : First Hydro Company exploite pourtant ce que beaucoup d’acteurs appellent aujourd’hui l’infrastructure critique du stockage longue durée au Royaume-Uni — deux monstres de pompage-turbinage, Dinorwig et Ffestiniog, en pleine « replantation » sur dix ans.
Voir la ficheEndeavour Energy
Après la scission de 2011, Endeavour Energy est devenue le visage distribué de l’électricité dans une bande ouest de Sydney et au-delà : des millions de compteurs, un milliard de dollars de lignes, et un conflit social qui a retardé autant d’« interruptions planifiées » qu’infrastructures neuves.
Voir la ficheSahlströms Jordbruk AB
Le libellé « Sahlströms Jordbruk AB » peine à retrouver un dossier clair au même titre exact : en pratique, c’est l’écosystème suédois Sahlström — lait bio, forêt, machines agricoles — qui porte une partie de l’histoire environnementale, avec déjà deux décennies d’électricité éolienne sur une exploitation insulaire.
Voir la ficheBLUEBILOBA
Ce n’est ni un promoteur photovoltaïque ni une licorne des batteries : Bluebiloba incarne une couche discrète mais structurante du débat énergie-climat — savoir mesurer, planifier et valoriser le capital forestier quand l’Europe ratisse bioéconomie et puits naturels.
Voir la ficheCENTAI
Ce n’est ni un producteur d’électricité, ni un village indonésien : CENTAI (Center for Artificial Intelligence) était un institut de recherche italien sur l’IA et les systèmes complexes, né en 2022 à Turin dans l’orbite d’Intesa Sanpaolo.
Voir la fichePanzhihua Coal Group
À Panzhihua, dans le Sichuan, l’activité du groupe minier se lit dans la même statistique que celle de Pangang : charbon pour coke, stocks serrés, électricité industrielle tirée par l’extraction.
Voir la ficheDatang Shandong Power Generation Co Ltd
** Filiale provinciale du géant public China Datang, Datang Shandong incarne la transition « à la chinoise » : records d’EnR côté groupe, parc thermique massif et projets solaire–aquaculture qui déclenchent déjà les radars du risque social.
Voir la ficheSOFIAC France SAS
SOFIAC finance à 100% les rénovations énergétiques... à charge de l'économie d'énergie, parce que le crédit au plus vert c'est leur dada.
Voir la ficheCentrales Nucleares Almaraz-Trillo
Centrales Nucleares Almaraz-Trillo (CNAT) n’est pas « une entreprise comme une autre » : c’est l’agrupación de interés económico qui fait tourner les tranches d’Almaraz — seules, elles pèsent lourd sur l’équilibre offre-demande espagnol — et Trillo, dont l’horizon autorisationnel ne se lit pas sur le même calendrier.
Voir la ficheSociedad Eólica y Ecológica Aragonesa 53 SL - Villar Mir Energía
Filiale technique du groupe espagnol Villar Mir Energía, Sociedad Eólica y Ecológica Aragonesa 53 SL porte un actif raconté en chiffres modestes mais lisibles : 15 MW d’éolien « Sotillo » à Lumpiaque (province de Saragosse), désormais doté d’un volet photovoltaïque en hybridation administrative en 2024.
Voir la ficheRizoma IC Energy SpA
Fiche Rizoma IC Energy SpA, entité chilienne rattachée au vehicule Rizoma SPA (holding structuré en 2019 à Santiago), pas le promoteur espagnol homonyme RIC Energy ni une structure européenne.
Voir la ficheBrunei Energy Services and Trading
Bras commercial du sultanat sur les hydrocarbures, Brunei Energy Services & Trading (BEST) ne vend pas une « transition » : elle écoule brut, GNL, méthanol et gasoil pour alimenter la rente publique.
Voir la ficheHögby Gård Lantbruks AB
Högby Gård Lantbruks AB n’est ni un énergéticien côté en Bourse ni une licorne tech : c’est une structure juridique suédoise qui tient debout, bilan solide, autour d’une ferme et d’une petite unité éolienne — avec un compte de résultat qui hurle déjà les limites du « faire soi‑même » en électricité renouvelable.
Voir la ficheF/V Parko Xanthi
Sur les cartes internationales, on lit « F/V Parko Xanthi » ; dans la presse grecque des années 2000, c’est « Φωτοβολταϊκό Πάρκο Ξάνθης Α.Ε.
Voir la fiche