Công ty TNHH Điện lực Vân Phong
La Công ty TNHH Điện lực Vân Phong (VPCL, site corporate) pilote au Vietnam une des plus grosses centrales charbon du pays, entrée à pleine cadence alors que son actionnaire historique recycle sa story climat et cède la moitié du capital à des utilities d’Asie du Sud-Est.
À propos de Công ty TNHH Điện lực Vân Phong
1. Modèle économique
VPCL est l’opérateur du complexe Van Phong 1 (zone économique de Vân Phong, province de Khánh Hòa) : vente de l’électricité à l’État via un contrat d’achat (PPA) de 25 ans avec Vietnam Electricity (EVN), dans un schéma BOT pour un investissement total d’environ 2,58 milliards de dollars et une dette projet de l’ordre de 1,998 Md$ cofinancée, avec en particulier environ 1,2 Md$ apportés par la JBIC en 2019. La filiale japonaise Sumitomo a détenu l’entreprise jusqu’à l’annonce, en mai 2025, d’un transfert de 50 % du capital vers EGATi (25 %) et AboitizPower (25 %), Sumitomo conservant 50 % après opération (communiqué Sumitomo) ; Aboitiz documente une prise de 25 % et rappelle la mise en service commerciale en janvier 2024 (note d’information). Côté comptes consolidés relayés dans la presse spécialisée, un chiffre d’affaires d’environ 421,9 M$ en 2024 et un résultat net d’environ 109,6 M$ sont cités pour l’année où l’actif commence à « tourner au rythme » du contrat (The Investor). L’effectif déclaré en bases commerciales tierces tourne autour de 55 salariés en 2024 (hors cascade de sous-traitance EPC/O&M) — ordre de grandeur à prendre avec la prudence d’une fiche EMIS, faute de rapport annuel public exhaustif.
2. Impact réel
Le cœur du bilan environnemental est fossile et massif : deux tranches d’environ 660 MW pour une capacité communiquée de 1 432 MW bruts / 1 320 MW nets et une production visée d’environ 8,5 TWh/an, soit de l’ordre de 3 à 4 % de la production nationale selon les supports du projet (AboitizPower, communiqué Sumitomo). Il n’y a pas de mix EnR côté VPCL : l’impact climat se lit en intensité carbone et en polluants atmosphériques. Les vigies estiment une fourchette 750–850 g CO₂/kWh pour la filière, au-dessus du seuil de 750 g/kWh souvent invoqué pour certains financements publics « bas carbone » (analyse Market Forces). Le rapport E&S 2024 publié par l’opérateur couvre la période octobre 2023–septembre 2024 (déchets, émissions, gestion environnementale) : il documente la conformité de gestion, pas une trajectoire de neutralité. Pour le lecteur français, le décalage avec la logique d’accélération EnR de la PPE ou des outils type ADEME est structurel : le Vietnam engage globalement une transition (ADEME Infos sur les engagements vietnamiens), mais une centrale charbon neuve en 2024 ancre des émissions verrouillées sur des décennies.
3. Innovations / partenariats
Le « partenariat » dominant est industriel et financier : chaîne JBIC + banques pour la dette, Sumitomo comme porteur puis mi-temps après la bascule vers EGATi et AboitizPower (JBIC, Sumitomo). Sur la chaîne de valeur construction, la littérature projet cite un consortium EPC (Toshiba, IHI, CTCI, Doosan) pour la réalisation (fiche projet) — signal d’intégration technologique classique plutôt que rupture bas-carbone. La fiche Global Energy Monitor synthétise capacité, investissement et localisation pour le suivi international des actifs charbon.
4. Greenwashing / zones grises
Premier signal : le désinvestissement partiel de Sumitomo sur un actif opérationnel à peine un an, explicitement dans une logique de réduction d’exposition au charbon tout en restant à 50 % (communiqué Sumitomo) — la « transition » est d’abord comptable de bilan, pas sortie de la molécule. Deuxième signal chiffré : l’intensité carbone évaluée 750–850 g/kWh place le projet au carrefour des normes de financement publics « propres », avec un risque réputationnel documenté (Market Forces). Troisième signal : des contestations de société civile sur impacts sanitaires et relogements — la note FoE Japan évoque notamment 97 foyers et des impacts santé estimés ; il s’agit d’analyses d’ONG, pas de jugements judiciaires ici recensés. VPCL publie des déclarations E&S (rapport 2024), ce qui crée une tension classique entre discours de maîtrise et critiques externes chiffrées.
5. Positionnement stratégique
VPCL est un point d’ancrage régional : capital japonais–thaïlandais–philippin sur un actif EVN au cœur de la courbe de charge nationale. Dans un pays qui véhicule une trajectoire de neutralité à l’horizon 2050 au plan macro (voir le cadrage international relayé par l’ ADEME), le pari des nouveaux entrants ressemble à un pari de cash-flow PPA sur quinze–vingt ans, avec incertitude post-BOT et coût d’opportunité climat croissant. Le format BOT ~25 ans (GEM) structure la fenêtre de rentabilité jusqu’au transfert d’actif — au-delà, la valeur résiduelle dépendra de la régulation CO₂ locale et des options de réutilisation du site.
Verdict WattsElse
VPCL n’est pas une « entreprise verte » : c’est une machine à MWh et à cash-flow pilotée par un PPA d’État, que Sumitomo moitié lâche au moment même où la cheminée noircit les comptes — la tension est là : rente court-terme et coût climat long-terme sur le même bilan.
Sources : vpcl.vn · jbic.go.jp · sumitomocorp.com · aboitizpower.com · theinvestor.vn · emis.com · marketforces.org.au · vpcl.vn · infos.ademe.fr · nsenergybusiness.com · gem.wiki · foejapan.org
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