Dulacca Wind Farm
Entre les pâturages du Western Downs et la Warrego Highway, 43 turbines Vestas tournent à plein régime depuis l’automne austral 2023 — avec un gros PPA public pour sécuriser les flux de trésorerie.
À propos de Dulacca Wind Farm
1. Modèle économique
Le parc est présenté à environ 181 MW et 124 000 foyers équivalents par son propriétaire Octopus Australia, après acquisition du projet à RES et entrée en production complète en octobre 2023 selon CleanCo Queensland. Le cœur du modèle est contractuel : 126 MW, soit environ 70 % de la production, sont pris en charge via un PPA long terme avec CleanCo, l’entreprise publique d’approvisionnement du Queensland — détail repris sur la fiche « Dulacca Renewable Energy Project » et dans le rapport annuel FY24 de CleanCo. L’électricité est ensuite réaffectée à des grands consommateurs industriels et tertiaires — BHP Mitsubishi Alliance et Scentre Group sont cités dans la communication CleanCo. La maintenance est externalisée sur le long terme : 30 ans de contrat AOM 5000 avec Vestas sur 43 machines V150-4.2 MW. Côté emplois, l’État du Queensland annonçait jusqu’à 150 emplois en construction ; l’exploitant évoque 5 à 10 postes permanents (Octopus Australia). Chiffre d’affaires, EBITDA ou capex détaillé par projet : non publiés séparément dans les sources consultées ; CleanCo met en avant plus de 400 millions AUD d’activité économique régionale (communiqué octobre 2023), indicateur macro plutôt que compte d’exploitation du SPV.
2. Impact réel
Sur le papier, l’impact climat est lourd de volts évités : Octopus égalise la contribution du site au retrait d’environ 175 000 voitures du parc routier annuel (ordre de grandeur communicationnel, méthode non détaillée dans l’extrait public). L’emprise infrastructurelle est limitée à moins de 2 % de la superficie totale du site (8 177 ha selon Octopus), ce qui laisse l’élevage bovin sur la majeure partie du périmètre — un modèle « agrivoltaïsme australien » par contrainte foncière. Pour un lecteur européen : aucune donnée ADEME, PPE ni fiche Connaissance des Énergies ne documente ce parc précis ; l’intérêt comparatif est plutôt celui de l’intégration des EnR intermittentes dans un réseau sous tension, thème traité de façon générique dans les approches pédagogiques sur l’éolien terrestre sans que cela constitue un bilan carbone vérifié pour Dulacca.
3. Innovations / partenariats
Le parti technologique est classique mais optimisé pour le marché australien : grand rotor V150 et contrat de service longue durée visant à figer les coûts d’exploitation (Vestas). Le site du projet évoque un complexe éolien et de stockage ; la part effectivement construite et couplée au parc en service n’est pas précisée dans les extraits consultés — à traiter comme promesse réglementaire ou phase ultérieure plutôt que comme actif chiffré. Côté société : un fonds communautaire de 1,25 million AUD est annoncé à l’inauguration RES ; Octopus mentionne la collaboration avec les Barunggam comme gardiens du pays (page projet).
4. Greenwashing / zones grises
Concentration du risque de revenus : avec ~70 % du volume sous PPA CleanCo (fiche offtake), la solidité du cash-flow dépend étroitement de la contrepartie publique et de la politique tarifaire qu’elle transmet à BMA et Scentre — pas un « greenwashing » en soi, mais une dépendance crédit-réglementaire à cadrer. Biodiversité chiffrée : le portail du parc reconnaît 1,49 ha d’habitat critique pour l’escargot forestier *Adclarkia dulacca*, espèce menacée, compensé par 3 ha « dégradé » à restaurer sur plus de 30 ans (page « Dulacca Woodland Snail ») — écart quantitatif faible entre perte et offset, soumis au débat d’équivalence écologique. Risque réseau : au-delà du Queensland, le marché national a vu des pointes d’écrêtement éolien à 53,6 % le 1ᵉʳ septembre 2024 sur le réseau interconnecté (WattClarity) ; la presse spécialisée relie aussi les enjeux de saturation aux parcs du Queensland (RenewEconomy). Ce n’est pas une condamnation du parc : c’est une contrainte structurelle qui peut réduire la « vertu » comptable de la production si l’énergie avortée augmente.
5. Positionnement stratégique
Dulacca incarne la maturation des grands éoliens australiens : accès au réseau, turbines de dernière génération, ancrage institutionnel via CleanCo. La suite stratégique se lit sur le gisement d’investissement réseau et d’effacement : tant que le Queensland intègre massivement l’éolien sans décongestionner les nœuds critiques, les actifs « premium » restent exposés au même vent réglementaire que les autres (ABC News sur la montée des volumes « gaspillés »). Pour Octopus, le site est une vitrine d’infrastructure climat dans une région historiquement charbon ; pour l’État, un levier d’approvisionnement bas-carbone de ses comptes clients industriels.
Verdict WattsElse
Les chiffres de brochure tiennent la route tant que les electrons sortent ; ils tremblent dès que le dispatch d’AEMO rabote la courbe — à Dulacca comme ailleurs, le pare-brise du business, c’est le réseau, pas la turbine.
Sources : octopusaustralia.com.au · res-group.com · cleancoqueensland.com.au · cleancoqueensland.com.au · cleancoqueensland.com.au · vestas.com · statements.qld.gov.au · connaissancedesenergies.org · dulaccawindfarm.com.au · dulaccawindfarm.com.au · wattclarity.com.au · reneweconomy.com.au · abc.net.au
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q120808775
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Blythe Solar Power Project
Le Blythe Solar Power Project — aussi présenté comme Blythe Solar Energy Center — est l’un de ces chantiers californiens qui racontent deux siècles en une courbe : d’abord rêvé en solaire thermique géant, puis stabilisé en photovoltaïque opérationnel sur terres fédérales.
Voir la ficheAnakena SPA
Petite société chilienne mais gros dossier géopolitique : Anakena porte au Chili un bloc photovoltaïque opérationnel, sous l’égide française de CVE Chile.
Voir la ficheUPCité
Upciti — orthographe du marché pour ce qui figure souvent « UPCité » dans les bases — capte la donnée urbaine basse résolution et la fait tourner dans un hyperviseur.
Voir la ficheKarman Industries
Karman Industries avance là où beaucoup de startups climat se contentent de promettre: au croisement de la chaleur industrielle, du refroidissement des data centers et de l’électrification.
Voir la ficheVietnam Electricity (EVN)
Le groupe d’État Vietnam Electricity (EVN) pilote la production, le transport et une large part de la distribution d’électricité au Vietnam.
Voir la ficheSaint-Gobain Glass India
Saint-Gobain Glass India, côté site corporate, incarne la colonne « verre » du groupe français sur un marché où la taille, le cash et le cap ex écrasent la concurrence — ce qui colle fortement au cachet « Financement » dans WattsMonde : on est moins dans la fenêtre que dans la machine à investir et à absorber le cycle.
Voir la ficheLomati Energy
Lomati Energy (Pty) Ltd, c’est le nom sud-africain d’un vieux dossier « cogénération biomasse » accroché à une scierie de Barberton — pas une licorne EnR du marché global, et encore moins les homonymes Lomia Energy (solaire off-grid au Kenya) ou Luma Energy** (réseau et PV à Porto Rico).
Voir la ficheUPV/EHU
L’UPV/EHU affiche des courbes d’énergie en baisse et des plaques PV sur le toit, au moment où son modèle — presque entièrement public — se heurte à une crispation budgétaire sans précédent.
Voir la ficheExxonMobil Refining and Supply Company
ExxonMobil Refining and Supply Company n’est pas une « startup climat » : c’est la charpente logistique du downstream du géant pétrolier — brut, flux inter-raffinerie, produits raffinés — dans un monde où la rentabilité du baril et les marges de crack tirent encore les comptes.
Voir la ficheSWK ENERGIE GmbH
Le groupe municipal autour de SWK Energie encaisse un bilan 2024 en fanfare — jusqu’à près de 51 millions d’euros reversés à la ville — pendant que la presse régionale documente des casseroles commerciales et que la filiale Lekker voit ses marges fondre.
Voir la ficheLaboratoire de Biodiversité et Biotechnologies Microbiennes
Le Laboratoire de biodiversité et biotechnologies microbiennes incarne cette France du littoral où la science publique mouille la chemise sur deux fronts : santé environnementale (océans, microbes, contaminants) et partenariat industriel ancien avec un géant du dermo‑cosmétique.
Voir la ficheAlpha 2 Conexión Solar, S.L.
Alpha 2 Conexión Solar n’est pas un « producteur national » au sens boursier : c’est une coquille juridique pour bâtir des centrales et des lignes, avec un calendrier dominé par les autorisations et les contentieux.
Voir la ficheBulb Energy
Bulb a vendu au Royaume-Uni une promesse simple: énergie moins chère, service numérique, image verte.
Voir la ficheÅmliden Vindkraft AB
Sur la crête d’Åmliden, au nord de la Suède, une cinquantaine de mégawatts fabriquent de l’électricité depuis 2012 — et les bases ouvertes distinguent volontiers une micro-structure « Åmliden Vindkraft » comme opérateur du site, là où les plaquettes corporates mettent aujourd’hui en avant un gestionnaire plus visible.
Voir la ficheFH OOE
FH OOE désigne ici la Fachhochschule Oberösterreich — en anglais University of Applied Sciences Upper Austria — et non un opérateur privé homonyme : le cœur « EnR » du dossier se joue au campus de Wels, entre recherche appliquée, masters dédiés et ingénierie des systèmes énergétiques.
Voir la ficheNational Center for Scientific Research
Le Centre national de la recherche scientifique n’est pas une « entreprise » au sens boursier : c’est le géant méconnu de l’innovation bas-carbone, coincé entre la promesse d’une France 2030 très « tech » et une rigueur budgétaire qui vide les réserves.
Voir la ficheNile Petroleum Corporation
La société nationale Nile Petroleum Corporation (Nilepet) concentre au Soudan du Sud l’essentiel de la chaîne pétrolière : parts dans les opérateurs, infrastructures, distribution.
Voir la ficheBoostherm
Une PME juridiquement française, ancrée en Bourgogne, s’est taillée la niche où le froid commercial devient gratuitement une source d’eau chaude ; les comptes 2024 la montrent résiliente, mais elle navigue sous un quasi-homonyme boursier et sous le parasol réglementaire des CEE — sans qu’« Alger » trouve aucun pied d’egalité dans les documents retrouvés.
Voir la ficheChungungo Solar SpA
Deux « Chungungo Solar SpA » tournent dans la presse et les registres : l’un a porté le méga-agrivoltaïque sarde depuis l’Espagne puis la Chine ; l’autre, au Chili, vise une centrale au désert d’Antofagasta.
Voir la ficheITA
« ITA » ne recoupe pas une entreprise d’énergies renouvelables : le dossier source mélange l’identité pays Wikidata (Q38), un site (italia.it), une année (1946) typique du couple Alitalia / ITA Airways, et votre cache secteur « EnR » — ce qui désigne bien le terrain italien des renouvelables, mais aucune société vérifiable unique à ce croisement.
Voir la ficheEDP SOLAR
Sous ce nom marché (« EDP Solar » dans les briefings internationaux) se joue avant tout une priorité technoéconomique du groupe lisboète EDP : développer massivement du photovoltaïque grande échelle, couplé à un solaire distribué.
Voir la ficheTata Power Delhi Distribution
Une distribution électrique devenue vitrine nationale de la privatisation (« modèle Delhi »), Tata Power Delhi Distribution Limited (TPDDL) achève un exercice 2024-25 en forme tout en préparant l’inverse : un regroupement forcé sur la facture de milliards de roupies d’arriérés tarifaires jugés légitimes par les tribunaux.
Voir la fiche