EKZ Renewables
EKZ Renewables n’est pas une start-up opportuniste : c’est la filiale à 100 % d’EKZ, l’électricien du canton de Zurich, déployant depuis plus de douze ans un parc éolien et solaire à l’échelle continentale.
À propos de EKZ Renewables
1. Modèle économique
L’entreprise capitalise sur l’acquisition et l’exploitation d’actifs matures — éolien terrestre et photovoltaïque — en Suisse, Allemagne, France, Italie, Espagne et Portugal, où le portefeuille projet est détaillé. En amont, la gouvernance est quasi intégralement publique : EKZ appartient au canton de Zurich, et la logique de dividende versé aux collectivités structure la pression politique sur le « rendement » global.
Sur les chiffres publiés, il convient de séparer nettement la filiale Renewables et le groupe : la *Gesamtleistung* (chiffre d’affaires ressorti) d’EKZ recule de 4,2 % à 1 176,4 millions de francs suisses en 2024/25, tandis que l’EBIT plonge de 64,9 % à 18,8 millions au même exercice (Zürcher Handelskammer). En parallèle, le bénéfice net bondit de près de 25 % à 186,3 millions, tiré en grande partie par des participations financières dans Axpo et Repower — mécanisme explicitement relaté par EKZ et relayé par la Chambre de commerce. Le chiffre d’affaires propre à EKZ Renewables n’est pas ventilé dans les éléments accessibles en ligne : WattsElse ne peut donc pas le restituer sans extrapolation.
2. Impact réel
Le cœur métier reste la production renouvelable détenue ou co-détenue. Sur l’exercice 2024/25, la production éolienne du périmètre suivi dans les comptes du groupe atteint 517,9 GWh (‑14,9 %), celle du solaire 253,2 GWh (‑11,5 %), avec un décor météo défavorable en France et en Allemagne (Zürcher Handelskammer). Côté Suisse, le connecté prosument progresse : 4 886 nouvelles installations photovoltaïques privées pour 100,5 MW raccordés en un an, contre 3 839 installations et 77,7 MW l’année précédente (Zürcher Handelskammer) — dynamique distincte du parc industrialisé à l’étranger mais pilotée par le même groupe.
L’ambition climat du holding vise un objectif « Net Zéro 2040 » pour l’ensemble des activités ; les trajectoires nationales du type PPE française ou les fiches ADEME ne s’appliquent pas directement au siège zurichois, mais encadrent les actifs hexagonaux où EKZ Renewables détient des participations (presse régionale zurichoise sur un parc en France).
3. Innovations / partenariats
Le modèle s’appuie moins sur la rupture technologique que sur le verrouillage d’actifs et des cooperations régionales : la plateforme HelveticWind, historiquement pluraliste, a été resserrée en juillet 2024 autour d’une structure où BKW détient 60 % et EKZ 40 %, avec sortie d’autres partenaires publics ou semi-publics — signal de consolidation industrielle sur l’éolien germano-italien.
À l’Ouest, l’inauguration du parc Pesma II (12,6 MW) au Portugal illustre l’extension du catalogue européen. En Suisse alémanique, les projets « vitrine » restent souvent solaires — mise en service partielle de Madrisa Solar à Klosters et lancement de la grande toiture Embraport à Embrach, listés par les mêmes synthèses de résultats.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier piège analytique tient à la dissonance bilan : un bénéfice net en forte hausse peut coexister avec un effondrement de l’EBIT lorsque le résultat est porté par des participations financières plutôt que par la marge opérationnelle des centrales (Zürcher Handelskammer ; communiqué EKZ). Le second est physique et comptable à la fois : EKZ indique que les heures de vent en Allemagne et en France ont été 20 à 30 % sous la norme pluriannuelle en 2024/25, ce qui explique la contraction de production citée plus haut — sans « greenwashing » avéré, mais avec un risque de survente de la résilience climatique des portefeuilles éoliens.
Sur le volet suisse, l’acceptabilité locale demeure le coupe-circuit politique : en novembre 2024, la commune de Thundorf a massivement refusé le projet de parc Wellenberg, après des années de crispations sur paysage et bruit (Tagblatt) — rappel que « la transition » n’est pas linéaire dès lors qu’elle se joue au vote communal.
5. Positionnement stratégique
L’entreprise incarne un double levier : déployer des EnR là où le droit et le sol le permettent (Europe périphérique à fort potentiel éolien ou solaire), tout en alimentant la granularité du réseau zurichois (solar résidentiel, mobilité — environ 17 500 places de parking équipées d’une solution de recharge EKZ selon la même analyse sectorielle).
La pression réglementaire suisse sur le nouveau cadre électrique est explicitement qualifiée de lourde par EKZ pour 2025/26 dans son communiqué de résultats — paramètre qui peut à court terme croiser l’incitatif climatique et la dégradation du résultat opérationnel.
Verdict WattsElse
EKZ Renewables cumule des actifs européens bien réels, mais ce n’est pas son bénéfice net qui témoigne d’abord de leur santé : la météo, les prix et l’acceptabilité locale décident, pendant que le groupe parent sécurise le dividend via des participations financières. Une filiale verte dont le récit macro se joue aussi en Bourse — via Axpo — et en salle communale — via Thundorf.
Sources : ekz-renewables.ch · renewables.digital · ekz-renewables.ch · zhk.ch · ekz.ch · connaissancedesenergies.org · ademe.fr · limmattalerzeitung.ch · snee.ch · renewable-energy-industry.com · ekz.ch · zephr-prod.bzbasel.ch
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