Elmy
Elmy vend une promesse devenue rare sur le marché français : une électricité verte achetée en direct à des producteurs français, et pas seulement “verdifiée” par des certificats.
À propos de Elmy
1. Modèle économique
Elmy se présente comme un énergéticien intégré, actif de la production à la fourniture, en passant par l’agrégation et la responsabilité d’équilibre, avec une seule offre d’électricité pour les particuliers et des contrats de 1 à 3 ans pour les entreprises et collectivités (notre entreprise, professionnels). Le groupe revendique `170` salariés et plus de `5 000` compteurs professionnels fournis en électricité verte (entreprise, professionnels). Côté comptes, la photographie publique la plus exploitable reste imparfaite mais instructive : `Elmy Fourniture` a publié un chiffre d’affaires net de `78,8 M€` sur un exercice clos au 30 juin 2022 et une perte nette de `39,4 M€` selon Le Figaro Entreprises. Autrement dit : un modèle ambitieux, mais historiquement très exposé au risque de marché, ce que rappelle aussi le parcours de son fondateur après l’effondrement de Planète Oui pendant la crise énergétique de 2022 (BFMTV, La Tribune).
2. Impact réel
Sur le papier, Elmy fait mieux que beaucoup de fournisseurs “verts” : l’entreprise affirme s’approvisionner `à 100 % en achat conjoint`, c’est-à-dire en achetant l’électricité et les garanties d’origine au même producteur, auprès de `35 installations` opérées avec `20 producteurs français partenaires` (impact). Son offre particuliers a obtenu le label `VertVolt niveau 1 “engagé”` de l’ADEME, censé distinguer les offres réellement adossées à une production renouvelable identifiable (label VertVolt, L’Info Durable). Elmy met aussi en avant `150 M€` d’investissements sur cinq ans dans de nouveaux actifs renouvelables et un portefeuille solaire en développement, avec plusieurs projets sur fonciers dégradés (impact, presse). C’est cohérent avec la direction de la PPE3, qui pousse à la hausse du solaire et de l’électricité décarbonée d’ici 2035. En revanche, Elmy ne publie pas, selon les éléments disponibles, de rapport CSRD ou RSE consolidé facilement accessible avec trajectoire climat complète, capex ventilés et indicateurs d’additionnalité audités.
3. Innovations / partenariats
Elmy accélère sur l’agrégation et la flexibilité, deux briques devenues stratégiques dans un système électrique plus renouvelable et plus volatil. L’entreprise dit gérer près de `300 MW` d’actifs flexibles renouvelables au printemps 2026 et avoir signé des contrats d’agrégation avec `Virya Energy` en mars 2026 (presse). Elle a aussi lancé début 2025 une levée participative de `500 000 €` avec Enerfip pour soutenir `17 projets solaires`, puis obtenu un financement bancaire de `3,5 M€` avec la Caisse d’Epargne Rhône Alpes pour déployer `13 centrales solaires`. Sur le terrain, Elmy a mis en service une centrale photovoltaïque de `320 kWc` dans la Drôme et sécurisé deux projets au sol de `1 MWc` chacun sur des sites dégradés dans le Cher et le Jura (presse).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque n’est pas l’absence totale de substance, mais l’écart entre un discours d’impact très travaillé et des preuves encore fragmentées. Le label VertVolt crédibilise l’offre particuliers, mais il ne gomme pas l’asymétrie classique du secteur : la traçabilité annuelle n’est pas l’équivalence physique instantanée entre consommation et production renouvelable, et la pression réglementaire monte sur ces sujets avec la CSRD et les futures règles anti-greenwashing (VertVolt pro). Deuxième zone grise : la promesse commerciale reste soumise à des hausses de taxes, de TURPE et aux secousses du marché, qu’Elmy reconnaît elle-même sur ses pages pros (professionnels). Enfin, le passé du fondateur avec Planète Oui rappelle une vérité brutale : dans la fourniture, la conviction verte ne protège pas d’un choc de liquidité (BFMTV).
5. Positionnement stratégique
Elmy essaie de se glisser dans un espace étroit mais prometteur : celui d’un fournisseur-producteur français, plus crédible qu’un simple revendeur de garanties d’origine, mais plus agile qu’un grand énergéticien intégré. Son signal récent le plus intéressant n’est pas seulement commercial ; c’est son pivot vers la flexibilité, l’agrégation et le financement de petits actifs renouvelables, en phase avec un marché post-ARENH plus technique et plus risqué (GreenUnivers, professionnels). Si Elmy convertit cette expertise en rentabilité durable, il peut devenir un acteur de niche solide. S’il reste prisonnier d’un modèle coûteux en capital et en couverture, la promesse verte redeviendra vulnérable.
Verdict WattsElse
Elmy n’est pas un simple maquillage vert : il y a derrière la marque une vraie tentative d’intégrer production, fourniture et flexibilité. Mais dans l’énergie, le courage stratégique se juge moins au storytelling qu’à la résistance aux prochains coups de tabac.
Sources : elmy.fr · elmy.fr · entreprises.lefigaro.fr · bfmtv.com · region-aura.latribune.fr · elmy.fr · elmy.fr · linfodurable.fr · elmy.fr · geg.fr · branche.elmy.fr · greenunivers.com
Données clés
- Siège
- Madrid, Spain ↗
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Eiffage Énergie
Dix milliards tournent autour de la branche, les marges remontent, l’Allemagne et l’éolien en mer s’ajoutent au tableau — et pourtant, en France, c’est d’abord l’A69 et l’asphalte qui cristallisent le débat : la “transition” se joue en chiffre d’affaires, pas seulement en promesse.
Voir la ficheNational Gas
Depuis juillet 2024, National Gas incarne tout le paradoxe du pétrole & gaz régulé britannique : financé par une redevance garantie tant que le gaz coule dans les pipelines, elle promet toutefois hydrogen backbone, captage de CO₂ et « Net Zero » d’ici deux décennies.
Voir la ficheEmpresa Binacional Yacyretá (EBY)
Derrière les turbines du Paraná, ce n’est pas seulement de l’électricité qui circule : ce sont des transferts cross-frontière, une tarification politique et une dette qui refuse de vieillir proprement.
Voir la ficheTRANSNOA S.A.
À la jonction des Andes et du Mercosur énergétique, Transnoa pilote des dizaines de milliers de kilomètres de lignes à 132 kV pour six provinces.
Voir la ficheKaposvári Önkormányzati Vagyonkezelő és Szolgáltató Zrt.
Le nom juridique ne dit rien au grand public ; celui de la marque, si.
Voir la fichePetromin Mining
Les bases de données WattElse évoquent « Petromin Mining », mais aucune société ainsi nommée n’émerge dans la presse spécialisée ou les dossiers corporates vérifiables : l’alignement factuel passe par Petromin Corporation, groupe présenté comme pétrogaz aval et services de mobilité, ancré en Arabie saoudite.
Voir la ficheRefinaria de Manguinhos
À Rio, l’ancienne Refinaria de Petróleos de Manguinhos — commercialisée sous la marque Refit — incarne un paradoxe brutal : une infrastructure qui dit produire du carburant alors que l’État lui reproche avant tout des trous fiscaux abyssaux et des risques industriels jugés insupportables.
Voir la ficheRepsol Exploración
Repsol Exploración n’est pas un producteur d’électricité renouvelable au sens strict : c’est la colonne vertébrale pétrole et gaz du groupe espagnol.
Voir la ficheTSNUK
TSNUK ne colle pas, dans les données publiques, au cache « Réseaux & Distribution » : l’acronyme renvoie surtout, dans les partenariats européens, à l’université Taras Chevtchenko de Kiev.
Voir la ficheElax Énergie
* Avec l’accord retraçu par Action Logement, la commande racontée par Le Moniteur* et l’industrialisation partagée chez Novatech en Bretagne, Elax a bâti son récit sur l’eau chaude : kWh, charges locataires, réseau, maintenance.
Voir la ficheLucis PB
Une société cotée au registre du commerce depuis 2009 à Příbram étend officiellement son objet à la production d’électricité à l’été 2024, alors que les agrégats financiers détaillés et les actifs précis restent peu visibles hors registres.
Voir la ficheAlvarella
Le nom sonne comme un développeur de parcs ; la réalité des bases publiques, elle, pointe ailleurs.
Voir la ficheInner Mongolia Datang International New Energy Company
Ce n’est pas un slogane de transition : sous le label new energy, la machine industrielle Datang enfonce le pied solaire et éolien dans la Mongolie-intérieure, tout en reliant ces megawatts au réseau par des combos thermiques et gaziers qui interrogent le bilan carbone réel.
Voir la ficheTeam Energy Corp Therma Power
TeaM Energy a incarné, pendant des années, le « gros système » du charbon philippin : contrats d’achat d’électricité, complexes BOT, partenaires japonais.
Voir la ficheIED Invest
Branche développement–exploitation du groupe français IED (Innovation Énergie Développement), IED Invest enchaîne centrales décentralisées et filières biomasse sous contrainte de terrain — là où le kWh compte autant que le calendrier.
Voir la ficheAKTSIASELTS TEEDE TEHNOKESKUS
Filiale d’ingénierie routière longtemps portée par l’État, l’Aktsiaselts Teede Tehnokeskus file aujourd’hui vers une vente aux enchères à 2,7 million d’euros, avec calendrier serré et direction déjà positionnée comme repreneur potentiel.
Voir la ficheAciloe
PME valoricienne cotée officiellement en « production hydro », elle porte pourtant l’empreinte massive d’un des premiers grands éoliens de Communauté valencienne.
Voir la ficheAbu Dhabi Gas Industries Limited
Abu Dhabi Gas Industries Limited n’est plus une étiquette boursière isolée : c’est l’héritage opérationnel de l’ex‑GASCO, regroupé depuis le 1er janvier 2023 dans ADNOC Gas avec l’amont gaz, le GNL (Das Island) et l’industrie du gaz, sous la tutelle d’ADNOC.
Voir la ficheNANTES METROPOLE
La « bifurcation écologique » est devenue le fil conducteur budgétaire : investissements massifs, SAS dédiée aux EnR, réseaux de chaleur et photovoltaïque en ordre de bataille.
Voir la ficheNSC KIPT
À Kharkiv, le NSC KIPT n’est ni un opérateur de réseau grand public ni un simple conservatoire d’instruments : depuis 1928, l’ ННЦ ХФТИ incarne l’architecture classique du grand institut soviétique puis ukrainien de physique nucléaire, coincé désormais entre impératif de recherche industrielle et pressions directes sur l’interconnexion locale.
Voir la ficheKorea Western Power Co Ltd
Korea Western Power (KOWEPO), filiale d’électricité issu du démantèlement de KEPCO, incarne le paradoxe des générateurs coréens : des projets solaires et éoliens qui s’étirent jusqu’au Moyen-Orient, un bilan 2021-2024 qui surfe sur les prix de l’énergie, et en parallèle des actifs fossiles massifs que le pays plie, mais pas tout de suite.
Voir la ficheOdesagas
L’« Odesagas » des cartes WattMonde n’est pas un opérateur moyen-oriental coté en bourse : c’est la PJSC Odesagaz, distributeur régional du gaz en oblast d’Odessa, ancré dans l’empilement Naftogaz–bataille d’usages depuis 2023, et désormais orphelin de son dirigeant historique, Ihor Uchytel, mort le 11 juin 2025 à 70 ans.
Voir la ficheElectric Power Development Company
J-Power (Electric Power Development Co., Ltd.) est à la fois le câble dorsal qui relie les quatre grandes îles du Japon et un géomorphologue du mix : hydraulique historique, thermique dominant, projets éoliens et nucléaire d’Ohma toujours en suspens.
Voir la fiche