Green HYdrogen Gas Applications
Six industriels seniors, un capital de 2 000 € affiché aux mentions légales et une ambition offshore jusqu’aux « usines » 2029-2030 : GHyGA (Green HYdrogen Gas Applications) condense le pari français sur l’hydrogène bas-carbone — ingénierie sérieuse ou fuseau trop étroit pour tenir la route ?
À propos de Green HYdrogen Gas Applications
1. Modèle économique
GHyGA est une SAS immatriculée au RCS de Romans, au siège de Margès (Drôme), avec une activité déclarée de « conseil pour les affaires et autres conseils de gestion » (NAF 7022Z), selon les mentions légales du site. Le modèle repose sur l’ingénierie, le montage de projets et l’accompagnement sur la chaîne hydrogène (production, stockage, distribution, usages), comme le résume l’annuaire Vig’Hy de France Hydrogène : position « services supports », produits type conseil et ingénierie. Les revenus déclarés dans cet annuaire sont inférieurs à 1 M€ en France et dans le monde, avec un effectif « entre 1 et 10 » salariés. La société se présente comme une équipe de six « entrepreneurs industriels seniors » au service d’industriels et d’investisseurs, avec pour dirigeants notamment Peter Bamberg (président) et Pierre Maccioni (directeur opérationnellisté comme DG côté annuaire), selon la page « Qui sommes-nous ? ». La valorisation future dépend donc moins d’une production commercialisée aujourd’hui que de la capacité à transformer des conceptions (2W2H2®, 2W2NH3®) en partenariats financés et en actifs en mer.
2. Impact réel
Sur le papier, l’impact climat visé passe par de l’électrolyse alimentée par énergies marines renouvelables (cerfs-volants éoliens, hydroliennes) sur des plateformes pétrolières « upcyclées », avec stockage et transport du gaz vers la côte — le tout décrit sur le site corporate et dans l’annuaire Vig’Hy. En l’état, l’impact en tonnes de CO₂ évitées n’est pas chiffré publiquement : la feuille de route annuaire place encore le projet en montage/partenaires (2023), preuve de concept 2024-2026, prototype industriel 2027-2028, puis premières « usines » 2029-2030. À l’échelle mondiale, l’AIE rappelle dans le Global Hydrogen Review 2025 que la demande d’hydrogène a atteint près de 100 Mt en 2024 (+2 %), mais que l’hydrogène à faibles émissions reste inférieur à 1 % de la production mondiale, avec report et annulations de nombreux projets à électrolyse. GHyGA s’inscrit donc dans une niche prometteuse (hydrogène maritime et ammoniaque) mais où la preuve opérationnelle et l’échelle restent largement devant elle.
3. Innovations / partenariats
Les deux lignes de projet valorisées sont 2W2H2® (vent et courant vers hydrogène) et la variante 2W2NH3® vers ammoniac vert, avec usage cible mobilité lourde et industrie sur le pourtour manchois, nordique et atlantique, selon l’annuaire Vig’Hy et la présentation « Who are we ». Côté écosystème, la structure revendique l’adhésion au cluster Tenerrdis, la participation aux groupes de travail de France Hydrogène et un ancrage French Tech Valence Romans, avec collaborations régionales citées (Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur) sur moteurs H₂/NH₃ et stations associées. Aucune levée de fonds majeure ni contrat public chiffré n’a été identifié dans les extraits consultés pour cette fiche : l’information reste centrée sur le calendrier de maturation et le réseau d’acteurs.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas tant une communication « verte » creuse qu’un écart brutal entre l’image d’un programme industriel offshore et les agrégats légaux : la société affiche un capital social de 2 000 € tandis que l’annuaire Vig’Hy indique un chiffre d’affaires mondial inférieur à 1 M€ et une équipe de moins de dix personnes — pour un chantier qui vise prototype à l’horizon 2027-2028 et « usines » vers 2029-2030. Cette combinaison, documentée par des sources officielles ou sectorielles, invite à la prudence sur la « bankabilité » sans financements massifs externes (publics ou privés) non détaillés ici. Par ailleurs, le recours à l’upcycling de plateformes fossilères et à des technologies marines encore peu standardisées expose à des surcoûts d’exploitation et de maintenance que les matériaux de communication ne chiffrent pas. Aucun litige, condamnation ou campagne d’ONG contre GHyGA n’a été repéré dans le cadre de ces vérifications — la critique porte sur la structure économique publique et le décalage avec l’ambition, pas sur une infraction alléguée.
5. Positionnement stratégique
GHyGA joue la carte du « first-of-a-kind » européen sur hydrogène et ammoniac issus du milieu marin, dans un créneau où l’AIE note à la fois une maturation technologique et un rétrécissement du pipeline annoncé à 2030, particulièrement pour l’électrolyse. L’opportunité maritime (carburants pour le transport, hub ports) est réelle, mais les décisions d’investissement final et les garanties d’achat tardent, ce qui pèse sur les PME porteuses d’ingénierie sans actif en production. Pour GHyGA, l’enjeu des prochains mois est celui de la preuve de concept 2024-2026 : transformer le réseau (Tenerrdis, France Hydrogène, industriels régionaux) en engagements contractualisés et en visibilité financière, faute de quoi le calendrier 2029-2030 restera une ligne dans un annuaire plus qu’une capacité industrielle mesurable.
Verdict WattsElse
Une équipe d’anciens circuits nucléaire, maritime et hydrogène qui tente de faire tenir un programme océanique dans une coque juridique de micro-consulting : le pari est lisible, le risque de dilution entre « projet flagship » et capacité de passage à l’échelle l’est tout autant — l’hydrogène bas-carbone avance, mais pas au rythme des slides.
Sources : ghyga.com · vighy.france-hydrogene.org · ghyga.com · iea.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Driftbolaget Skånings Åsaka Vind AB
Dans une Suède où les turbines changent jusqu’aux compensations communales mais où la majorité des projets nouveaux se heurtent aux communes, cette Skånings Åsaka Vind AB incarne une forme de capitalisme énergétique discret : périmètre local, registres lisibles…
Voir la ficheS4 Mobile Laboratories LLC
Une LLC d’Akron (Ohio), S4 Mobile Laboratories LLC, développe une sonde spectroscopique pensée comme alternative aux campagnes de carottages : mesurer vite, en profondeur, avec une empreinte de forage modeste pour nourrir agronomie régénérée et mécaniques de marché du carbone.
Voir la ficheTryba Solar
Tryba Solar n’est pas un vieux routier du photovoltaïque: c’est une jeune marque née en 2024, greffée sur un groupe déjà connu dans l’habitat.
Voir la ficheOCP
Le groupe créé à Casablanca en 1920 a bâti un empire agricoche sur le rocher marocain : mine, chimie, engrais, export.
Voir la fichePalpana de Verano
Ce nom ressemble à une filiale-projet à la chilienne — tant la galaxie Verano Energy affectionne la signature « …
Voir la ficheTorkelsrud Skog & Kraft AB
On croit lire « forêt » et « puissance » : la curiosité journalistique s’arrête vite.
Voir la ficheAEROPORTS DE PARIS
L’inverseur des flux mondiaux ne se joue pas seulement sur les turbines : aux portes de la capitale, le Groupe ADP défend une « transition » à trois chiffres de milliards, face à une fronde publique sans précédent.
Voir la ficheEmpresa Provincial de la Energía
La plus grosse distribution électrique de la province argentine de Santa Fe porte un nom volontairement générique, mais son territoire et ses comptes racontent une histoire bien locale : 1,3 million d’abonnés, un réseau immense, et des années de gel tarifaire qui ont laissé des séquelles encore visibles dans les audits et la presse.
Voir la ficheAlyeska Pipeline Service Company
Opérateur du Trans Alaska Pipeline System (TAPS), Alyeska ne « vend » pas de pétrole : elle le fait circuler, le chauffer et le défendre face au vieillissement d’une ligne chargée d’histoire.
Voir la ficheS-Oil
La plus grosse usine pétrochimique de l’histoire de la Corée du Sud s’apprête à tourner en 2026 sous le drapeau de S-Oil, filiale à 63 % de Saudi Aramco.
Voir la fichePollutec
Le salon Pollutec n’est pas une « entreprise verte » au sens où le Watt ou le CO₂ évité se mesureraient en ligne directe : c’est une place de marché — et, côté comptes, une vitrine extrêmement rentable pour son organisateur.
Voir la ficheDatang International Xinyu Power Generation
* On la cherche sous le nom Datang International Xinyu Power Generation mais, sur le terrain, Xinyu se lit surtout comme un site charbonnier massif où la phase récente a greffé 2 gigawatts d’ultra-supercritique — au moment où Datang martèle la montée EnR dans ses comptes.
Voir la ficheStandard Oil of New Jersey
La « Standard Oil Company of New Jersey », nerf historique du trust dissous en 1911, vit aujourd’hui sous le nom légal Exxon Mobil Corporation : aucune équivalence française homonyme ici — ligne directe jusqu’aux comptes de l’un des géants américains du pétrole et du gaz.
Voir la ficheHuozhou Coal & Electricity Group
Filiale d’un des premiers producteurs de charbon à coke de la planète, Huozhou Coal & Electricity incarne la Chine « charbon + courant » : rente minière, production d’électricité, discours vert…
Voir la ficheENERGY CLUSTER DENMARK
Ce n’est pas une « scale-up » californienne : Energy Cluster Denmark fait office de plaque tournante nationale de l’innovation énergétique danoise, avec un portefeuille de projets qui flirtait avec plus de 3 milliards de couronnes au printemps 2025 — au moment où l’État a aussi réécrit les priorités de subvention, hydrogène en tête de liste.
Voir la ficheEnergiency
L’intelligence artificielle au service des industriels pour réduire leur facture énergétique… sans changer le moindre câble.
Voir la ficheCông ty Nhiệt điện Sơn Động
Sous bannière TKV (Than – Khoáng sản Việt Nam), la Công ty Nhiệt điện Sơn Động est une centrale au charbon du nord du pays, calée sur une mine à quelques kilomètres.
Voir la ficheKorea Midland Power Company
Filiale de KEPCO ancrée en Chungcheongnam-do (aire de Boryeong), Korea Midland Power Company (KOMIPO) incarne un paradoxe fréquent en Asie de l’Est : accélérer l’éolien en mer tout en tirant encore l’essentiel de ses revenus d’un parc thermique hérité du charbon et du gaz.
Voir la ficheF2A Systèmes
Une SARL d’ingénierie et de GTB, longtemps présentée comme « F2A-Actiwatt » après sa fusion avec Actiwatt Énergie, incarne une innovation de façade : hypervision, télépilotage, promesse de performance durable.
Voir la ficheC.G.R. Canal De Bardenas
La Comunidad General de Regadores del Canal de las Bardenas (abrégée CGB, souvent désignée en espagnol par sa forme officielle Canal de las Bardenas) ne parle pas le langage corporatif : elle gère massivement l'eau agricole en Aragon, avec des postes électriques de pompage qui réagissent en direct au prix du courant et au niveau des réservoirs — dont Yesa.
Voir la ficheEUR
Dans les bases « entreprise », trois lettres peuvent suffire à fabriquer un mirage : EUR renvoie à la monnaie unique, pas à un producteur d’électricité bas-carbone (code ISO 4217).
Voir la ficheMinistry of Energy and Mines of Cuba
Le Ministerio de Energía y Minas (MINEM) pilote un système électrique en état critique : pénurie de carburants importés, thermique fatiguée, et accélération du solaire pour combler des trous que ni le gaz domestique ni les livraisons extérieures ne comblent entièrement.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Long Tạo Điện Biên
Une centrale de rivière censée rejoindre le réseau en 2019 s’est retrouvée prisonnière d’une lignée très concrète de conflits d’œuvre publique : quelque 42 MW attendant leurs kilomètres d’évacuation.
Voir la fiche