Höganäs
Attention aux homonymes : ce que vous classez sous « énergies renouvelables » désigne ici Höganäs AB, leader mondial des poudres métalliques, implanté en Scanie (Suède) — pas la commune homonyme (fr.wikipedia.org/wiki/Höganäs), ni une société « pure EnR ».
À propos de Höganäs
1. Modèle économique
Höganäs vend des poudres (acier, fonte, alliages spéciaux, nickel…), dont une partie est issue de fer éponge — procédé historiquement carboné. Ces matériaux irriguent l’automobile, l’aéronautique, l’énergie, la fabrication additive et les industries procédés (site corporate). Le groupe revendique environ 2 300 collaborateurs et 15 sites de production dans une communication récente (LinkedIn est cité dans votre dossier ; les rapports durabilité restent la référence préférable pour la traçabilité).
Selon le rapport de durabilité 2024, le chiffre d’affaires 2024 s’établit à 11 826 millions SEK, contre 12 334 MSEK en 2023 — soit un repli d’environ -4 %, dans un contexte où le mix produits et les marchés finaux (dont l’automobile en mutation) tirent fortement la demande. En euro, on reste sur un ordre de grandeur autour du milliard, mais aucun taux de change officiel n’est fourni dans ces documents : mieux vaut raisonner en couronnes suédoises pour les séries temporelles.
2. Impact réel
Les données les plus solides concernent la trajectoire carbone opérationnelle : Höganäs annonce une baisse des émissions Scope 1 & 2 de -45 % en 2024 par rapport à 2018 dans son rapport de durabilité 2024. Sur la page Climat et énergie, le groupe relie ces ambitions aux objectifs validés SBTi (-51 % Scope 1 & 2 et -30 % Scope 3 d’ici 2030, formulations présentes sur la page au moment de la rédaction).
Côté électricité renouvelable déployée sur site, Höganäs a fait l’acquisition en juin 2024 de deux éoliennes pour son usine d’Ahmednagar (Inde) ; la presse spécialisée cite une puissance cumulée d’environ 1,25 MW et une contribution à ~15 % des besoins énergétiques du site, avec une perspective portée à 85 % d’énergies renouvelables sur cette installation (Metal Supply).
Pour la matière, Höganäs met en avant une montée des matières premières secondaires : 59 % en 2025, contre 48 % en 2021, selon la page rapports durabilité (suédois) — indicateur directement lié à l’empreinte minière et métallurgique amont.
Au-delà du groupe, la métallurgie des poudres reste un foyer d’émissions procédé surveillé par les autorités européennes : l’ADEME publie des travaux de caractérisation et réduction des émissions sur ces chaînes — utiles comme repère sectoriel, même sans lien contractuel public Höganäs–ADEME documenté ici.
3. Innovations / partenariats
Le dossier le plus « stratégique » est l’investissement biochar : démarrage prévu au 2ᵉ trimestre 2025 d’une unité de réception, avec objectif de substituer 20 % du charbon fossile d’ici 2026 dans la production de fer éponge — changement d’infrastructure lourd, pas un simple achat de GO.
En parallèle, Höganäs indique dans son rapport 2024 la publication (été 2024) de bilans carbone produit (« Product Carbon Footprints ») pour les matériaux fabriqués en Suède — une réponse à la pression réglementaire et clients sur la donnée carbone granulaire.
Sur la gouvernance de l’information, Höganäs présente son rapport de durabilité 2024 comme un premier pas vers le référentiel CSRD — ce qui préfigure des audits et consolidations plus exigeants que le reporting « volontaire » classique.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque réputationnel documenté est social et cyclique : en août 2025, Höganäs notifie un plan touchant environ 70 postes à Höganäs et Halmstad, en invoquant un contexte géopolitique tendu, une conjoncture morose et l’incertitude de l’électrification automobile (SVT Nyheter). La presse locale a ensuite précisé que une partie seulement des suppressions semblait effective après négociation (HD) — signal que annoncer la transition verte ne supprime pas les arbitrages d’effectifs quand les volumes industriels flanchent.
Sur l’outil immobilier, la filiale Höganäs Borgestad rapporte qu’en février 2025 le tribunal administratif de Malmö a cassé une opération de vente-bail avec la commune de Bjuv, affectant un projet d’usine de réfractaires. La procédure ne s’est pas arrêtée là : Borgestad ASA annonce une décision d’appel administrative favorable en décembre 2025, rouvrant — si elle devient définitive — la voie transactionnelle (communiqué Borgestad).
Enfin, le biochar n’efface pas la physique du bilan carbone : viser 20 % de substitution de charbon fossile en éponge de fer d’ici 2026 (communiqué Höganäs) laisse explicitement ~80 % du problème charbon à traiter au-delà — ce qui peut nourrir des critiques de « transition à temps partiel » si la suite technologique tarde, même sans qualification juridique de greenwashing.
5. Positionnement stratégique
Höganäs joue la carte du matériau critique pour l’électrification (aimants doux, composants PM déjà mis en avant dans le rapport 2024), tout en assume une ambition « near-zero » sur ses propres productions à l’horizon 2030 et neutralité sur la chaîne de valeur en 2040 selon les formulations récentes sur la page durabilité suédoise.
La lecture marché est cruelle mais cohérente : la décarbonation et le recyclage montent, mais la demande industrielle globale peut baisser plus vite que les investissements bas-carbone ne rapportent — d’où le couple capex vert / restructuration observé en 2025.
Verdict WattsElse
Höganäs illustre la transition « EnR » des fondamentaux : ce n’est pas une holding éolienne, c’est une aciérie déguisée en chimie des poudres qui achète du vent en Inde tout en traquant le dernier tiers de Scope 3. Tant que le charbon d’éponge reste majoritaire après 2026, la promesse climat restera à moitié sous pression hydraulique — entre biochar et plans sociaux.
Sources : fr.wikipedia.org · hoganas.com · hoganas.com · hoganas.com · metal-supply.se · hoganas.com · librairie.ademe.fr · hoganas.com · svt.se · hd.se · hoganasborgestad.com · borgestad.no
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q911875
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Saudi Arabian Fertilizer Company
Pionnier saoudien des engrais azotés et désormais coté sous l’étiquette SABIC Agri-Nutrients, le groupe né de la Saudi Arabian Fertilizer Company (SAFCO) capitalise sur des prix du marché favorables et sur des volumes qui avancent au pas de course — tout en misant à Jubail sur une extension massive au gaz « conventionnel », au moment où l’Europe durcit les…
Voir la ficheJSC "Sinarskaya TPP"
La « Sinarskaya TPP » n’est pas un opérateur pétrogazier : sous le nom légal russophone d’AO « Синарская ТЭЦ », elle produit vapeur et eau chaude pour un pôle urbain où l’industrie tubularie sert aussi l’upstream.
Voir la fichePRODUCTOR REGIONAL DE ENERGIAS RENOVABLES III S.A
Cette raison sociale n’est plus qu’un reliquat d’incorporation : une société absorbante a racheté tout le récit opérationnel.
Voir la ficheSäliträdberget Vind AB
Une société projet derrière un parc vieillissant de Dalécarlie, désormais noyée dans la mécanique d’un géant allemand : Säliträdberget Vind AB incarne l’éolien terrestre « de la première heure », rentable en électrons mais exposé à la fois à des agrégats comptables groupés glaçants et à un climat politique régional qui durcit.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Vĩnh Sơn - Sông Hinh
Producteur coté à la Bourse de Hô Chi Minh-Ville sous le code VSH, Công ty CP Thủy điện Vĩnh Sơn – Sông Hinh est la filiale hydroélectrique que le groupe REE contrôle majoritairement au Vietnam : un modèle de revenus quasi exclusif sur la vente d’électricité à EVN via des contrats long terme, avec un saut de rentabilité en 2025 après des années où la météo…
Voir la ficheTotal Italia
La « Total Italia » du groupe TotalEnergies n’est pas une vignette décorative du Sud : elle incarne le paradoxe d’un géant qui capitalise sur l’électricité et le biométhane pendant qu’à Corleto Perticara la flamme de Tempa Rossa illumine encore le ciel.
Voir la ficheAtwood Oceanics
Contractionnaire d’eaux profondes ancré à Houston, Atwood Oceanics a disparu en tant que marque côtée en 2017, absorbé par Ensco — aujourd’hui Valaris.
Voir la ficheNoble Corporation
Noble Corporation plc ne vend ni le pétrole ni le gaz : elle loue la mécanique qui les fait sortir du sous-sol marin — une activité en plein boom en avril 2026, avec un carnet de commandes qui affole les tableurs et des promesses « bas carbone » qui méritent un décryptage à froid.
Voir la ficheEletrobras
Géant brésilien de l’électricité, Centrais Elétricas Brasileiras — connue sous Eletrobras et désormais engagée dans une mue juridique et de marque vers Axia — incarne la tension classique des utilities émergentes : capital privé, régulation nationale, et souveraineté énergétique qui repasse par des sièges au conseil.
Voir la ficheFuerzas Energéticas del Sur de Europa XXI,SL - Forestalia
Forestalia se présente comme développeur EnR indépendant avec une ambition d’au moins 1,2 GW en exploitation propre.
Voir la ficheABB Ltd
ABB avance sur la bonne ligne de fracture de la transition: électrifier, automatiser, rendre l’industrie moins gourmande.
Voir la ficheStefan Widen AB
Le jeu des comptes publics laisse apparaître une rentabilité rare pour une structure équivalente à une « PME familiale » de l’éolien.
Voir la ficheWindy ek för
« Windy ek för » ressemble au couple *Windy + ek för**, où ek för* est l’abréviation habituelle du suédois ekonomisk förening — société coopérative souvent utilisée pour des projets à parts d’éolien destinés aux adhérents.
Voir la ficheChina Resources Power (Xuzhou) Co Ltd
** Au cœur du Jiangsu, China Resources Power (Xuzhou) incarne la fabrique d’électricité fossile d’un géant qui peaufine son discours bas-carbone — pendant que le thermique, dopé par le prix du charbon, fait sauter les comptes du groupe en 2025.
Voir la ficheAPROVIS ENERGY SYSTEMS GMBH
À Weidenbach, APROVIS façonne depuis 2000 ce qui survit au moteur : échangeurs sur gaz d’échappement, catalyseurs SCR, silence et récupération thermique pour cogénérations et — depuis peu — fermes critiques.
Voir la ficheMe Kong Construction JSC.
Au Vietnam, rouler des centaines de mégaoctets d’éolien ou porter « Mê Kông » dans son logo ne fait pas d’une PME de génie civil un producteur d’électricité renouvelable.
Voir la ficheMitsubishi Paper Mills
Le géant japonais des papiers de spécialité et des matériaux fonctionnels botte en touche sur son plan moyen terme alors qu’il injecte en urgence plus de 100 millions d’euros en Allemagne.
Voir la ficheDioxycle
Start-up franco-américaine née en 2021, Dioxycle veut produire de l’éthylène — la « reine » des matières premières pétrochimiques — à partir d’eau, d’électricité et de monoxyde ou dioxyde de carbone récupérés sur des sites industriels.
Voir la ficheNorth American Company
En 1890, une holding du New Jersey concentre tramways, électricité et charbon sous une étiquette qui sonne comme un continent tout entier ; en 1946, la Cour suprême enterre ce modèle.
Voir la ficheTransAtlantic Petroleum Ltd.
Le printemps 2025 a scellé un pact pour du pétrole et du gaz « non conventionnels » avec l’État turc et un géant du schiste nord-américain ; l’hiver suivant, un tribunal de Diyarbakır a cassé une décision d’exonération d’étude d’impact — puis la compagnie a re-déposé.
Voir la ficheStorio Energy
Storio Energy joue la carte du stockage « en aval du compteur », là où l’électricité devient un poste de co concurrentiel et où la flexibilité vaut de l’argent sur les marchés.
Voir la ficheNorthland Utilities
Ce qu’on appelait encore Northland Utilities n’est plus qu’un nom réglementaire : Naka Power Utilities assume désormais l’empreinte culturelle et la facture d’un réseau de distribution vieux de plusieurs décennies aux Territoires du Nord-Ouest.
Voir la fiche