Éolien en mer

Mammoet

De Schiedam au Golfe du Lion, le néerlandais Mammoet pose les équipements qui permettent aux monopieux et flotteurs d’atteindre la filière.

« Grues mégatonnes quais venteux fossile en demi-teinte »

À propos de Mammoet

1. Modèle économique

Filiale de SHV (groupe familial hollandais), Mammoet vend du levage lourd, transport routier et maritime, manutention portuaire, location de grues — organisés depuis la refonte 2024 autour de deux pôles, location de grues et projets, sous le programme « Project Elevate ». Le chiffre d’affaires n’est pas arrêté publiquement pour Mammoet seul : le rapport d’activité 2024 indique une baisse de ventes compensée par une plus forte rentabilité après optimisation de portefeuille et cession d’actifs. La part pétrole et gaz dans le CA est passée de 65 % (2014) à 40 % (2024) — symétriquement, la marge que représente encore le secteur fossile reste un pilier, au moment où la transition, selon SHV, « avance plus lentement qu’attendu » et où la demande d’énergie continue d’alimenter l’O&G. Côté gouvernance, la tentative de cession par SHV a été abandonnée en 2023 : l’intégration dans le giron familial se poursuit, sans cession prochaine. Les effectifs Mammoet ne sont pas publiés dans l’extraît SHV : le recrutement annonce auparès du public plus de 6 500 professionnels sur le site emploi du groupe (ordre de grandeur indicatif, non retraité comptable).

2. Impact réel

Dans l’éolien en mer et l’éolien flottant, l’impact « climat » de Mammoet est indirect : l’entreprise réduit les frictions de mise à l’eau des fondations (SPMT, grues, renforts de quai) — par exemple sur le parc Dogger Bank (gestion d’opérations de transport et de pesage de sous-stations pour l’un des plus grands complexe offshore de la Mer du Nord) ou, en France, sur EFGL (Golfe du Lion), avec une Demag CC8800-1 1 600 t et des renforts de quai pour gérer jusqu’à 30 t/m² de pression au sol. Côtire bas carbone, le discours de direction annonce −8 % d’émissions d’ici 2026 grâce au HVO (diesel hydrotreaté) et la flotte électrique/hybride d’environ +18 % sur trois ans (formulation Mammoet). Aucun MWh évité ou facteur d’émission de projet n’est chiffré de façon consolidée en-dehors de ces cibles. Par rapport à la programmation pluriannuelle de l’énergie ou aux travaux d’ADEME sur l’eolien, aucune fiche publique ciblant Mammoet n’a été repérée : le lien avec les objectifs nationaux eolien se fait uniquement par l’enabling des mégachantiers, pas par une obligation réglementaire spécifique à l’entreprise. (Transparence : pas d’inventaire GES agrégé Mammoet dans les extraits légaux 2024 consultés côté SHV en dehors des engagements de mobilité interne.)**

3. Innovations / partenariats

La SK6000, présentée comme la grue terrestre la plus puissante au monde (6 000 t), a été testée en exploitation 100 % électrique selon le rapport 2024 — un argument d’adéquation aux projets eolien XXL sans toucher seulement au marketing. Côté SIRH et actifs, le remplacement de l’ERP par le programme « Sherpa » (déploiement phased 2025-2026) vise d’améliorer l’utilisation des grues et le pilotage, avec premiers *go-live* dès 2024. Côté contrats eolien, Mammoet est retenu par SeAH Wind sur Hornsea 3 (SPMT sur le site de Teesworks, 120 acres annoncés) en même temps qu’un mandat d’exclusivité lourd (Steel River Quay / Teesworks, contrat de plusieurs années). L’écosystème de presse reprend l’enchaînement : hub freeport, fabricant, logistique.

4. Greenwashing / zones grises

Mammoet coche les cases HVO, hybride, grue électrique — le PDG reconnait volontiers que, dans le lifting lourd, la transition sera « phasée » faute d’alternatives technologiques matures à toutes les gammes (page transition) — propos plus honnêtes que certaines fiches ESG, mais incrémentielles : −8 % n’efface pas l’empreinte des méga-projets fossiles ni les 40 % de revenu O&G, ni la dépendance aux cycles pétro-ville et GNL. Côté gouvernance et réputation, le rapport indique travailler à limiter l’exposition contentieuse ; les affaires New York Wheel et Amuriyah sont dites sans impact sur les résultats 2024 (Mammoet / SHV 2024), ce qui n’éteint pas le risque d’arguments « alter ego » côté justice américaine, ni la fragilité d’apparaitre comme garant de projets politico-touristiques hasardeux. En 2026, l’annulation par Ørsted du contrat de fourniture de monopieux avec SeAH pour Hornsea 3 (motifs d’industrialisation usine) injecte de la volatilité dans l’histoire « Teesworks + Hornsea » : Mammoet n’est pas premier signataire, mais le décalage entre les communiqués logistiques et la dureté des ajustements d’OEM illustre le décrochage possible entre visibilité médiatique et carnet réel côté fondations. (Connaissance des Énergies : aucun article indexé repéré sur l’entité Mammoet ; les analyses sectorielles restent donc plutôt franco-franchises pour le cadre PPE, pas pour le prestataire.)**

5. Positionnement stratégique

L’eolien offshore et l’éolien flottant sont la courroie où Mammoet veut grossir en ticket (SPMT, grues 1600-6000 t) pendant que le PPE3 et les appels d’éolien en mer en Europe tendent vers des gigawatts de capacité, donc un besoin d’infrastructure côtière et de manutention lourde. Le groupe capitalise sur un carnet jugé stable par la direction, malgré pénuries d’ingénieurs et d’opérateurs (Rapport Mammoet 2024) — goulot d’étranglement métier plutôt que technologique. L’EBITDA consolidé SHV à 1 784 M€ (2024) rappelle la taille de la coque ; Mammoet y contribue via marge et capex équipement (investissements groupés SHV en levage et transport 2024). Signal récent : l’eolien UK combine Teesworks/SeAH et le remaniement d’Hornsea 3 côté fourniture — l’image de partenariat gagnant-gagnant côtoie désormais la rupture d’OEM côté promoteur, à suivre en carnet 2025-26.

Verdict WattsElse

Mammoet tient l’extrémité amont des mégas structures eoliennes, avec des marges plutôt que des promesses vides — mais son bilan reste un tandem : décennie d’O&G dans les comptes et décennie d’éolien sur les quais. Tant qu’on déplace des tonnes pour du GNL en parallèle des GWh, l’histoire d’impact reste à géométrie variable : gérer la jurisprudence new-yorkaise, la filière UK qui tousse, et le pétrole à 40 %, c’est le vrai fil conducteur, pas seulement la fiche RSE du site corporate.

Sources : annualreport.shv.nl · law.justia.com · annualreport.shv.nl · heavyliftpfi.com · jobs.mammoet.com · mammoet.com · heavyliftpfi.com · mammoet.com · ecologie.gouv.fr · mammoet.com · mammoet.com · offshorewind.biz · newcivilengineer.com

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