Production électrique

MORE Electric and Power Corporation

** Ce n’est pas un producteur : MORE Electric and Power Corporation capte, transforme et vend de l’électricité à plus de 100 000 compteurs dans une ville où la transition a commencé par une expropriation législative et une décision de la Cour suprême.

« Le distributeur visayan qui a changé la carte avant le mix »

À propos de MORE Electric and Power Corporation

1. Modèle économique

MORE Electric and Power Corporation — M pour Monte Oro Resources & Energy — est une filiale de distribution de Prime Strategic Holdings du groupe Enrique Razon ; son métier est de vendre de l’électricité, d’encaisser les factures et de soumettre ses investissements au régulateur philippin (MORE Power, réseau et histoire). Depuis 2020, elle a succédé à Panay Electric Company (PECO) comme distributeur exclusif d’Iloilo City après une franchise sans appel d’offres classique, puis elle étend son périmètre vers Pavia et, par la loi RA 11918, vers quinze municipalités et Passi City — périmètre autrefois tenu en partie par les coopératives ILECO. Le chiffre d’affaires consolidé publié, l’effectif exact et une ventilation détaillée du résultat ne sont pas identifiés dans les sources consultées en 2025-2026 pour cette entité non cotée ; en revanche, la presse locale cite plus de deux milliards de pesos d’investissements réseau entre 2021 et 2023 et une croissance des clients actifs d’environ 62 000 à plus de 105 000 d’ici mi-2025 (chronique Manila Standard). La rémunération repose sur les tarifs réglementés et les mécanismes de réajustement des coûts (y compris procédures de recouvrement d’« under-recovery ») typiques des utilities philippins — autrement dit sur la capacité à faire valider ses dépenses et à limiter les pertes facturées aux clients payants.

2. Impact réel

En tant qu’acheteur pour ses clients, MORE Power ne « décarbone » pas le pays : elle déplace la frontière entre pertes de ligne, fiabilité et panier d’approvisionnement. Sa direction affiche un maillon technique déjà réduit à environ 4,7 % de pertes système début 2025, un ordre de grandeur qui change la quantité d’énergie « perdue » avant le compteur (entretien Daily Tribune). Sur le plan climatique, l’effet dépend du mix national — en 2023, Ember pointait une part d’électricité issue du charbon d’environ 61,9 % aux Philippines (synthèse Connaissance des Énergies), ce qui structure le carbone « en amont » des contrats bilatéraux. En parallèle, le président Roel Castro revendique plus de 40 % d’énergies renouvelables côté fourniture, avec une part dominante géothermique complétée par solaire et éolien (ibid.) ; pour le contexte européen d’objectifs d’infrastructure et de trajectoire, la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie illustre l’écart de cadre : en France, la planification et la transparence sectorielle sont pilotées différemment, tandis qu’un distributeur archipelique négocie ses ententes dans un pays où la dépendance au charbon reste chroniquement élevée. Les émissions de CO₂ évitées au sens cycle de vie complet ne sont pas trouvées dans les publications corporate consultées ; pour comparer des facteurs d’impact par kWh, les référentiels de type Base Carbone / documentation ADEME restent utiles en méthode, même lorsque les données pays doivent être mises à jour.

3. Innovations / partenariats

En juillet 2024, 115 millions de pesos financent un SCADA pour superviser le réseau d’Iloilo et Panay, avec automatisme et télérelais (reportage Inquirer). Sur les EnR, un contrat signé en juillet 2025 avec Urban Energy Development Corp. ajoute 6,6 MW issus d’une centrale solaire d’Anilao (8 MW), avec livraison attendue vers mi-2026 (Inquirer sur l’accord UEDC) ; le même article rappelle l’obligation de Renewable Portfolio Standard à 11 % des ventes pour les fournisseurs soumis au cadre du Department of Energy. Le groupe projette aussi, via Primelectric Holdings, un investissement de l’ordre de quatre milliards de pesos dans le réseau de Central Negros Electric Cooperative, signal d’une stratégie régionale au-delà d’Iloilo (Daily Tribune). À Iloilo même, le souterrain de Calle Real achève une phase patrimoniale d’underground cabling fin 2024 (historique MORE Power).

4. Greenwashing / zones grises

Le discours « leader de la transition » heurte deux réalités : d’abord, un mix national encore massivement carboné ; ensuite, le fait que la part 40 % EnR est une déclaration managériale, non un jeu de données audité au sens CSRD européen — transparence asymétrique pour un lecteur habitué aux exigences françaises et à la PPE 3. La conquête des zones à forte densité de facturation déclenchée par RA 11918 a été qualifiée par les coopératives voisines de dépossession législative ; la Cour suprême a validé l’extension en 2024 dans l’affaire G.R. No. 264260, au risque de « stranded costs » pour des acteurs ruraux qui conservent des engagements de capacité pour une base clients qui s’érode — dynamique décrite dans la jurisprudence et les commentaires associés (communiqué de la Cour sur les franchises exclusives). Enfin, le contentieux sur la juste indemnisation des actifs historiques de PECO reste une cicatrice politico-juridique : sans chiffre public arrêté ici, c’est un rappel que la « transition » locale a commencé par un conflit d’appropriation des actifs.

5. Positionnement stratégique

MORE Power joue une triple partie territoriale : verrouiller le centre urbain d’Iloilo, déployer l’équipement pour absorber une croissance rapide du parc clients, et répliquer le modèle Primelectric/Negros/Bohol dans l’arc des Visayas. La validation judiciaire de la franchise élargie et le démarrage officiel à Pavia en 2026 (Manila Bulletin via références de l’écosystème local) fixent un cap institutionnel rare pour un acteur privé dans un pays où l’électricité reste à la fois service public et enjeu patrimonial. Dans un marché où le charbon domine encore la production nationale (Connaissance des Énergies / Ember), MORE Power est un héros de la fiabilité locale autant qu’un symbole de concentration capitalistique sur les segments les plus rentables du fil électrique.

Verdict WattsElse

MORE Power n’est pas l’usine qui fait tourner les turbines philippines : c’est le compteur, le câble et le juge d’un archipel où la transition passe aussi par les textes qui redessinent les zones de service. Tant que le charbon nourrira la moitié du paysage en amont, toute courbe « verte » dessinée au détail des contrats restera politiquement lisible, mais climatiquement incomplète.

Sources : en.wikipedia.org · manilastandard.net · tribune.net.ph · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · base-empreinte.ademe.fr · business.inquirer.net · business.inquirer.net · finance.ec.europa.eu · mb.com.ph

"Chez Watts Else?, nous analysons les acteurs de l'énergie avec un regard critique et pédagogique. Notre objectif est de vous aider à comprendre qui fait quoi dans la transition énergétique."

Données clés

Fondée
2018
Siège
Iloilo City, Philippines

Identifiants publics

Wikidata
Q113554940

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