Oklima
Fille du groupe électrique historicisé en filiale « climat », Oklima vend de la contribution carbone — autrement dit le financement de projets certifiés que des entreprises achètent pour compléter mesure, réduction et reporting.
À propos de Oklima
1. Modèle économique
Oklima est présentée comme la fille de EDF spécialisée dans la contribution carbone volontaire : portefeuille de projets « nature », communautaires et technologiques, développement et agrégation, accès aux crédits Label Bas Carbone en France et aux standards internationaux à l’étranger. EDF Pulse Ventures est entré au capital en 2023, dans la continuité du parcours Pulse Incubation. Les revenus viennent des achats de crédits et du montage/financement de projets pour des donneurs d’ordre — un modèle de service et d’intermédiation fortement corrélé à la demande corporative (SBTi, reporting durable, attentes réglementaires).
Les comptes déposés donnent une photographie brutale de phase de croissance à fonds propres tendus : un chiffre d’affaires de 4,36 M€ en 2024 contre environ 106 k€ en 2023, mais un EBITDA à −1,4 M€ et un résultat net à −1,29 M€ la même année, avec environ 1,13 M€ de masse salariale et charges sociales. L’établissement est référencé à Neuilly-sur-Seine (SIRET 90803693200014) ; l’effectif précis n’est pas stabilisé dans cette agrégation des comptes, mais il s’agit structurellement d’une petite structure.
2. Impact réel
L’impact revendiqué passe par la volumétrie carbone attachée aux projets financés et par la diversification des méthodes — du reboisement aux pratiques agricoles stockant du carbone, jusqu’à des angles « circuits » évoqués par la direction dans la presse. Thomas Bladier indiquait fin 2025 plus de 400 projets et environ 600 000 tonnes de CO₂ équivalent séquestrées et/ou évitées via ces contributions ; sur le site, le groupe évoque un maillage important (centaines de projets France et international, présence dans plusieurs dizaines de pays). Ces ordres de grandeur illustrent une echelle potentielle — pas une garantie net-net au sens du bilan français — et restent tributaires des permanences, du risque de reversal forestier ou agricole et des équivalences méthodologiques entre labels.
Pour le cadre national, Oklima se reclame explicitement du référentiel ministériel du Label Bas Carbone ; dans le débat public, ce type d’outil est précisément scruté comme levier de financement encore perfectible (Les Echos sur le label). Le lien avec les trajectoires sectorielles type Programmation pluriannuelle de l’énergie ou guides sectoriels ADEME est indirect : Oklima opère sur le créneau corporatif et volontaire des crédits, pas sur la décathlon énergétique du réseau.
3. Innovations / partenariats
Au-delà du catalogue de projets certifiés, la société pousse des offres verticales : le 18 juin 2025, elle annonce une offre dédiée à la décarbonation des filières agroalimentaires et au scope 3 amont/aval — un angle où les industriels subissent pression clients et régulateurs. Le 16 janvier 2026, Oklima formalise un accord avec Valloire Habitat pour soutenir le déploiement d’un ciment bas carbone développé par NeoCem : signature typique du chaînage « finance climatique → matériaux → stock carbone évité », lisible comme pied dans la décarbonation du Bâtiment.
4. Greenwashing / zones grises
La ligne de fracture est ancienne et documentée : lors du lancement en septembre 2023, Reuters rapportait déjà que des critiques voient dans la compensation une distraction par rapport aux réductions d’émissions « réelles », avec le risque de greenwashing — le même article évoquant des procédures visant des majors sur des allégations climatiques. Côté Oklima, la direction affiche une contre‑rhétorique structurée : « nous refusons d’être l’alibi » des entreprises qui prétendraient à l’exemplarité sur la base seule du financement de reboisement (Les Echos).
La tension chiffrée tient aussi au bilan : avec un résultat net de −1,29 M€ pour 4,36 M€ de CA en 2024, la société ne « se paie » pas encore sa croissance ; elle dépend du soutien actionnarial et stratégique du groupe EDF et de la liquidité des marchés corporatifs de crédits. Enfin, l’appartenance à EDF réinjecte une question de gouvernance d’image : un conseiller carbone porté par un groupe encore exposé à des segments fossiles résiduels nourrit, à terme, le débat sur la neutralité perçue du message — même lorsque les projets financés sont eux‑mêmes étiquetés.
5. Positionnement stratégique
Oklima se positionne comme opérateur de la troisième jambe (« mesurer, réduire, contribuer ») explicitement défendue par EDF Pulse Ventures, avec une montée en puissance palpable sur les verticaux réglementés par la matérialité double (scope 3 agro, construction). Le lancement officiel par EDF fixait la scène en 2023 ; les partenariats 2025‑2026 montrent une course aux cas d’usage « filière » où le carbone devient ligne budgétaire RSE et achats.
Verdict WattsElse
Oklima incarne la financiarisation pragmatique du climat par la grande utility française : les volumes sont là pour argumenter, les labels pour rassurer — mais tant que la compensation restera socialement suspecte, la valeur marchande du métier sera celle de la transparence méthodologique et du lien étroit avec la réduction mesurable chez le client. En résumé : pas qu’un marchand de hectares — encore moins une assurance contre les critiques.
Sources : oklima.fr · edf.fr · infonet.fr · fr.linkedin.com · lesechos.fr · lesechos.fr · ecologie.gouv.fr · oklima.fr · reuters.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Guoneng Ningxia Shizuishan Power Generation Co Ltd
Ici, on ne vend pas du rêve carbone : on tient une centrale de 2 GW au bord du désert industriel du fleuve Jaune, qui a passé sept ans dans le rouge avant de redevenir l’argument technique des opérateurs de réseau.
Voir la ficheAsiatic Petroleum Company
Joint-venture britanno-néerlandaise née en 1903, l’Asiatic Petroleum Company a été le bras commercial du duo Shell / Royal Dutch en Asie — jusqu’à sa dissolution dans les fusions qui ont façonné le géant que l’on suit aujourd’hui sous le nom de Shell plc.
Voir la ficheCandelaria Solar
Le Parque Candelaria Solar, dans l’Atacama, illustre le paradoxe du grand solaire chilien : une ressource quasi gratuite côté ciel, mais un marché électricité qui rabote les prix et vide des heures entières de production.
Voir la fichePKS
Trois « PKS » circulent dans l’énergie : un parti indonésien domicilié à Jakarta (à ne pas confondre), un combustible de biomasse (coques de palmiste) scruté par Bruxelles, et un distributeur/producteur d’électricité en Finlande qui publie des comptes vérifiables.
Voir la ficheSotared Vindkraftpark AB
** Sotared Vindkraftpark AB n’est pas une « success story » isolée : c’est une coquille comptable autour de quatre Vestas de 2 MW près de Falkenberg, qui a viré au rouge en 2024 alors que sa maison-mère, Triventus, distribue des dividendes records.
Voir la ficheIonity
Ionity promet aux Européennes et aux Européens la recharge grande vitesse partout où part la voiture électrique.
Voir la fichePRIVATUNIVERSITAT SCHLOSS SEEBURG GMBH
Privatuniversität Schloss Seeburg GmbH, celle du cache WattsMonde « Autres énergies », n’est pas une entreprise de filière énergétique : c’est Seeburg Castle University (Autriche), reconnue comme université privée d’économie et de gestion.
Voir la ficheAyllu Solar
Ce n’est ni une start-up parisienne ni un producteur indépendant : Ayllu Solar est l’étendard territorial du Solar Energy Research Center (SERC Chile), piloté par l’Université du Chili avec les universités de Tarapacà et d’Antofagasta, dans la région d’Arica y Parinacota.
Voir la ficheHuaizhe Coal & Electricity Co Ltd
Née du compromis « électricité de l’ouest pour l’est », la Huaizhe Coal & Electricity enchaîne mine et centrale pour nourrir la demande côtière du Zhejiang.
Voir la ficheYacimientos Carboníferos Río Turbio
Seule mine de charbon d’Argentine et complexe minier-énergétique à l’extrême sud de la Patagonie, l’entité issue de Yacimientos Carboníferos Río Turbio opère aujourd’hui sous la raison sociale Carboeléctrica Río Turbio S.A.
Voir la ficheTrina Solar
Trina Solar incarne l’intégration verticale à l’échelle chinoise : de l’ingot au module, en passant par le stockage.
Voir la fichePetrolera Aconcagua Energía S.A.
Le slogan « Energía » recouvre une petrolera entrée en défaut au milieu de l’année 2025, puis recapitalisée par un véhicule où croisent Vista et Trafigura.
Voir la ficheEGE-Haina
Le géant privé-public qui alimente une part croissante de la République dominicaine affiche une métamorphose de matrice : du solaire mesuré à la centaine de mégawatts aux lignes de crédit « vertes », le narratif accélère.
Voir la ficheISE
Le sigle ISE recèle un piège de données : la fiche « officielle » qui mêle le département de l’Isère, un site .gouv.fr et une fondation en 1790 ne décrit aucune société du secteur des énergies renouvelables.
Voir la ficheLlanos de Potroso SpA
Llanos de Potroso SpA n’est pas un producteur indépendant sur le marché : c’est, au Chili, la coquille juridique d’un parc photovoltaïque de 9 MW à La Serena, articulé à la Compañía Minera San Gerónimo (CMSG).
Voir la ficheSobre Energie
Conseil en sobriété énergétique pour entreprises, ou comment faire du vert avec du logiciel.
Voir la ficheAES Brasil
AES Brasil n’est plus un nom de cotation : c’est désormais une couche d’actifs dans la machine Auren, après la sortie du groupe AES et une fusion qui a fabriqué le troisième grand producteur privé du pays — avec un paradoxe cruel : plus d’éoliennes et de panneaux, mais des milliards de reais perdus en curtailment quand le vent souffle « trop » pour le…
Voir la ficheInternationale Bauausstellung 2027 StadtRegion Stuttgart GmbH
Le fabricant urbain allemand de l’exposition à venir nourrit bien des chantiers verts — géothermie, PV, circularité — mais c’est avant tout une boîte projet publique-privée régionale.
Voir la ficheSPMR
Le pipeline Méditerranée–Rhône est l’un de ces ouvrages qu’on ne voit pas mais dont dépendent routes, aéroports et dépôts entre la Méditerranée, le couloir rhodanien et les accès genevois.
Voir la ficheLa Acacia
La fiche porte sur Acacia (raccordement et stockage électrique en France), pas sur un homonyme géographique ou énergétique sans lien avec ce périmètre.
Voir la ficheZAO NATEK Invest-Energo
AO « НАТЭК ИНВЕСТ-ЭНЕРГО» incarne cette Russie industrielle où l’État régional verrouille le confort thermique comme une question de sécurité de fonctionnement, pas comme un débat climat à l’européenne.
Voir la ficheHELLENIC AGRICULTURAL ORGANISATION DIMITRA (ELGO - DIMITRA)
Organisme centennial encore sous les projecteurs pour ses pilots LIFE et Horizon Europe, l’ELGO-DIMITRA incarne la promesse d’une campagne « branchée » (CO₂ vers méthane, agrivoltaïsme).
Voir la fichePurti Sugar ltd
Si « Purti Sugar ltd » figure parfois en raccourci, la cohérence sectorielle (« Énergies renouvelables », sucre-distillerie-électricité captive) aligne très vraisemblablement sur la Purti Power & Sugar Limited, active au Maharashtra (CIN U01100MH2000PLC125722) — pas sur un homonyme hors Inde ; le lecteur gagnerait à tracer tout chiffre au nom légal dans les…
Voir la fiche