Pozo Almonte Solar 2
** Au cœur du désert d’Atacama, Pozo Almonte Solar 2 incarne le pari d’un solaire “ferme” pour une méga-mine, bâti sur un contrat longue durée.
À propos de Pozo Almonte Solar 2
1. Modèle économique
Pozo Almonte Solar 2 n’est pas une “marque” cotée : c’est un actif électrique dont la valeur tient au contrat qui assure ses revenus. Selon la fiche du financement multilatéral, le projet Pozo Almonte et Calama Solar (plusieurs centrales privées, dont Pozo Almonte 2 et 3 et Calama Solar 3) représente un coût total d’environ 82,7 millions de dollars et vise notamment à approvisionner la mine Collahuasi via un PPA de 20 ans, couvrant environ 13 % de ses besoins électriques, selon la présentation du groupe de la BID (projet CH-L1069). Côté dimensionnement “mono-actif”, Solarpack recense 7,5 MWac pour Pozo Almonte 2, au sein d’un ensemble chilien présenté autour de 25,4 MWp (parc chiliens).
La chaîne capitalistique fait aujourd’hui partie du portefeuille d’infrastructures où s’inscrit Solarpack, après son passage sous pavillon EQT Infrastructure (offre d’environ 881 M€ en 2021, opération closing communiquée fin 2021) (clôture de l’OPA). Un chiffre d’affaires ou un effectif publié spécifiquement pour “Pozo Almonte Solar 2” ne figure pas dans les sources consultées : l’économie se lit à l’échelle du contrat, du producteur agrégé et du contexte de marché chilien.
2. Impact réel
Le dossier de financement insiste sur un levier classique mais massif : la substitution d’électricité non renouvelable par du photovoltaïque dans une zone à forte intensité minière. La BID met en avant une réduction d’émissions de l’ordre de 56 000 tonnes de CO₂ par an pour ce volet multi-centrales lié au package financé (communiqué de financement). Ce chiffre doit être lu comme estimation de projet, pas comme bilan comptable vérifié année par année.
À l’échelle nationale, le Chili illustre une trajectoire où les EnR pèsent lourd dans la capacité installée — la CNE situe par exemple le photovoltaïque à une part très majoritaire dans les ajouts récents du mix (séries “capacidad bruta” mises à jour sur le portail statistique) (statistiques solaires CNE). Raccourci français direct PPE3 / fiches ADEME : nous n’avons pas identifié de fiche publique ADEME ou d’article *Connaissance des énergies* dédié à ce SPV ; en revanche, la finance française de développement est visible dans le financement du programme Solarpack-Chili via Proparco (présentation projet), ce qui rattache l’actif aux standards de due diligence climat des bailleurs, sans équivalence “ bilan CSRD ” côté centrale isolée.
3. Innovations / partenariats
L’“innovation” ici est surtout industrielle et financière : un premier grand format de centrales privées au nord du Chili (années 2010), porté par un montage multilatéral + banques de développement, puis une industrialisation du couplage mine–EnR dans une région où la demande électrique est structurée par l’extraction. Les partenariats documentés sont ceux du PPA minier, du club de prêteurs (BID / volet privé) et des cofinancements de type fonds climat mentionnés dans les documents de projet (IDB Invest). Pas de catalogue de brevets ni “breakthrough technologique” mis en avant spécifiquement pour “Pozo 2” dans les sources ouvertes récentes : l’actif reste un PV utilitaire classique, compétitif par le tarif long et le gisement solaire.
4. Greenwashing / zones grises
Ce n’est pas un cliché “écologique” : le risque système est chiffré. Ember et la presse spécialisée suivent une séquence où 11 900 GWh d’éolien et solaire auraient été curtailés entre janvier 2022 et mai 2025, avec des pertes économiques agrégées de l’ordre de 562 millions USD pour les opérateurs — mécanisme direct de perte de production malgré des centrales “vertes” opérationnelles (analyse Ember, dépêche PV Magazine). En 2024, le curtailment aurait représenté environ 19 % de la production solaire et éolienne injectée, selon la même filière d’analyse relayée par la presse technique — un ordre de grandeur qui change la lecture “100 % renouvelable” des bilans marketing.
Côté contreparties “gouvernance & marché”, la liquidation d’une filiale Solarpack et la vente du parc Granja Solar à Copec en avril 2024 illustrent la fragilité de trésorerie possible même au sein d’un groupe en expansion (communiqué Copec) — signal distinct de Pozo 2, mais pertinent pour le risque de réputation et la lecture investisseur du modèle “IPP latino”. Enfin, la fiche SNIFA du projet met en Lumière un RCA historique et l’état de contrôle environnemental (fiche SNIFA 399) : utile pour ancrer le cadre légal, pas pour présumer d’incident.
5. Positionnement stratégique
Pozo Almonte Solar 2 est un actif de taille modeste mais stratégiquement verrouillé : son PPA minier le protège partiellement de la volatilité spot qui martèle le nord (Tarapacá / Atacama) quand le réseau déverse l’excédent solaire. La suite se joue à l’échelle pays : le curtailment a encore augmenté en 2025 (6 084 GWh, +7,8 % vs 2024 selon ACERA, relayé par la presse technique en 2026) (article PV Magazine), ce qui pousse les producteurs à hybrider (stockage, repowering, contrats) — boulevard pour les grands groups capables de capital et de negotiating power, davantage que pour les SPV “one-asset”.
Verdict WattsElse
Pozo Almonte Solar 2, c’est le solaire plus malin que vert : un long bail dans un désert de puissance, tendu entre la promesse du PPA et la réalité d’un réseau qui dit “non” à la production qu’il a lui-même appelée — au Chili, l’ombre du panneau se compte aussi en gigawattheures rejetés.
Sources : iadb.org · solarpack.com · eqtgroup.com · iadb.org · cne.cl · proparco.fr · idbinvest.org · ember-energy.org · pv-magazine.com · empresascopec.cl · snifa.sma.gob.cl · pv-magazine.com
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