Q-REF
Le froid industriel n’est pas un gadget de confort : c’est une infrastructure critique pour la chaîne alimentaire, sous pression énergétique et réglementaire.
À propos de Q-REF
1. Modèle économique
Q-REF n’est pas une entité isolée : c’est la gamme de chillers portée par Quercy Réfrigération, PME du Tarn-et-Garonne (Moissac) créée en 2007, dont le cœur de métier reste l’installation, la maintenance et l’optimisation du froid pour l’agroalimentaire et des clients voisins (logistique, pharma, etc.), sur un maillage national. Les revenus viennent des contrats d’équipement et de service ; la marque Q-REF vise à capter la partie « produit » haut de gamme, fabriquée en France selon le discours corporate.
Sur le papier comptable au 31/12/2024, la société affiche un chiffre d’affaires d’environ 64,2 M€, en forte progression par rapport à 2022–2023, mais un résultat net de −1,75 M€ et un BFR à 23,6 M€ qui témoignent d’une activité exigeante en fonds de roulement. En septembre 2025, le portrait de La Vie Économique évoquait 64,5 M€ de CA en 2024 et un objectif de 80 M€ pour 2025, avant l’entrée au capital d’Eiffage. Le communiqué Eiffage retient quant à lui 66 M€ de CA en 2025, avec plus de 160 salariés et 10 agences ; Le Bâtiment Performant précise qu’Eiffage Énergie Systèmes s’apprête à détenir 70 % du capital — bascule majeure pour une entreprise présentée jusqu’ici comme PME à forte personnalité de dirigeant.
2. Impact réel
Le discours de Q-REF et de Quercy Réfrigération sur ses engagements converge : réduire le gaspillage alimentaire via des installations fiables, privilégier fluides « bas carbone » ou naturels selon les projets, viser l’efficacité énergétique et proposer un parcours RGE pour les rénovations. Côté produit, la fiche Cooling Post sur la gamme KIBO décrit un chiller au R1234ze, compresseurs Turbocor sans huile, avec des allégations d’économies d’énergie jusqu’à 50 % et d’environ 20 % sur la maintenance par rapport à des équivalents ammoniaque, pour des puissances annoncées de 200 kW à 900 kW.
L’impact climat réel d’une installation dépend toutefois du mix électrique qui alimente la machine, du taux de fuite et du cycle de vie du fluide — dimensions que les politiques publiques françaises et européennes poussent à suivre dans une logique de sobriété et de bâtiments/industrie moins émetteurs, en lien avec les cadres de planification énergétique (programmation pluriannuelle de l’énergie) et le suivi des équipements thermiques côté indicateurs publics (Bat’Zoom ADEME sur la répartition des fluides au PRG). Q-REF peut améliorer le rendement du poste froid, pas automatiquement la empreinte globale du site sans données d’usage auditées publiquement.
3. Innovations / partenariats
Le lancement commercial du chiller Q-Ref en septembre 2023 s’inscrit après plusieurs années de R&D et d’essais, selon la presse spécialisée (Cooling Post). Le site Q-REF met en avant un partenariat avec Honeywell et des compresseurs Danfoss Turbocor, ainsi qu’une production dans le Sud-Ouest. Côté groupe, Eiffage et Le Bâtiment Performant insistent sur des brevets orientés baisse des pertes alimentaires et efficacité. En amont de l’opération Eiffage, Quercy avait été citée parmi les PME accompagnées par le dispositif ETIncelle (La Vie Économique), signal d’intérêt politique pour sa trajectoire de croissance.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque réside dans l’écart possible entre allégations marketing (« jusqu’à 50 % », « bas carbone ») et preuves reproductibles sur des parcs clients hétérogènes : sans bilans carbone publiés au niveau produit ou sans comparatifs tiers largement diffusés, le lecteur reste sur des ordres de grandeur fournis par l’éditeur et la presse trade. La dépendance à des composants critiques (Turbocor, écosystème Honeywell / fluides de type HFO) expose à des ruptures d’approvisionnement et à des relectures réglementaires des familles de fluides fluorés. Côté gouvernance, l’intégration chez Eiffage peut accélérer le déploiement ; elle peut aussi lisser le discours et prioriser l’échelle au détriment de l’expérimentation « start-up ». Enfin, les comptes 2024 (Infonet) rappellent qu’une croissance vertueuse sur le papier peut coexister avec une rentabilité fragile — ce n’est pas du greenwashing, mais un avertissement sur la durabilité financière de l’outil industriel qui porte la transition.
5. Positionnement stratégique
Pour Eiffage, l’opération est un levier de compétences froid sur un marché où le groupe cherchait une présence plus marquée, avec effet réseau sur les 10 agences et l’ancrage agroalimentaire (Eiffage, Le Bâtiment Performant). Pour Q-REF, l’enjeu est de passer du produit prometteur au standard de marché sans se faire rattraper par la révision F-Gas et le coût de l’électricité. Nous n’avons pas repéré, dans cette veille, d’article récent dédié à Q-REF dans des titres type *Connaissance des Énergies*, *GreenUnivers* ou *Énergie & Stratégie* : la visibilité « énergie-climat » passe surtout par le BTP, le froid industriel et la finance d’entreprise.
Verdict WattsElse
Q-REF condense la transition du froid français : moins de watts perdus, plus de watts à financer — et une gouvernance qui vient de changer d’échelle au moment où les comptes demandent déjà des preuves. La suite se jouera moins sur un slogan de bas carbone que sur la tenue du BFR et la solidité des mesures terrain face à la réglementation des fluides.
Sources : quercy-refrigeration.fr · q-ref.fr · infonet.fr · vie-economique.com · eiffage.com · lebatimentperformant.fr · quercy-refrigeration.fr · coolingpost.com · ecologie.gouv.fr · batizoom.ademe.fr · economie.gouv.fr
Données clés
- Siège
- Trondheim, Norway ↗
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Uganda Electricity Generation Company Limited
Le géant hydroélectrique ougandais UEGCL vit son paradoxe à l’échelle du pays : des revenus dopés par Karuma et une image de fiabilité technique — alors qu’un autre fleuve du même empire industriel, Isimba, concentre alertes, parlement et soupçons de négligence.
Voir la ficheTarmac Aerosave
Tarmac Aerosave incarne une France industrielle où la fin de vie des avions n’est plus seulement un parking : c’est un flux métallurgique piloté jusqu’aux alliages.
Voir la ficheSkövde Värmeverk
À ne pas chercher sous la même raison sociale : Skövde Värmeverk, la société publique communale qui produisait la chaleur à Skövde, a cessé d’exister en tant que telle au 1er janvier 2019, absorbée avec le réseau électrique local Skövde Nät dans Skövde Energi AB.
Voir la ficheKerntechnischer Hilfsdienst
La Kerntechnische Hilfsdienst GmbH (KHG) — souvent citée sous une forme proche de « Kerntechnischer Hilfsdienst » — n’est ni un producteur d’électricité ni un exploitant : c’est une organisation de protection d’urgence qui vit dans l’ombre des centrales et des sites nucléaires allemands.
Voir la ficheSolaria EnergÌ_a y Medio Ambiente SA
Solaria n’est pas un « acteur anonyme des EnR » : c’est l’un des visages les plus visibles du PV ibérique, avec des comptes 2025 qui font le double bond hausse sur le résultat net et sur l’EBITDA.
Voir la ficheZhangjiagagn Shazhou Electric POWER Co Ltd
À Jin Feng, dans le Jiangsu, la Zhangjiagang Shazhou Electric Power Co., Ltd.
Voir la ficheR&D NESTER
À Sacavém, R&D Nester incarne une idée rare : faire de la recherche réseau au croisement d’un TSO européen et d’un géant public chinois, alors que le Portugal pousse les énergies renouvelables à des parts records.
Voir la ficheAtlas Copco (Belgium)
Le périmètre belge n’est pas une succursale anecdotique : c’est un des hubs R&D et production les plus densifiés du leader mondial de l’air comprimé.
Voir la ficheEco-Tech Ceram
Pionnier toulousain du stockage thermique haute température, Eco-Tech Ceram vend une promesse rare : récupérer la chaleur « fatale » des usines sans forcément faire payer le CAPEX au client.
Voir la ficheParque Eólico Tolpán Sur
Le parc éolien Tolpán Sur incarne la bascule accélérée du Chili vers les renouvelables…
Voir la ficheSUPSI
La SUPSI (scuola universitaria professionale reconnue par la Confédération, implantée au Tessin) incarne une singularité rare : une haute école qui fait de la recherche appliquée sur le photovoltaïque intégré au bâti (BIPV), l’hydrogène décentralisé et les systèmes énergétiques des bâtiments un levier industriel et territorial, sans être une entreprise…
Voir la ficheForesight Solar Australia
Le nom « Foresight Solar Australia » évoque un opérateur local : en réalité, il s’agit surtout du livre australien de Foresight Solar Fund Limited (FSFL), trust d’infrastructure solaire coté à Londres, coincé entre une tentative de cession, un réseau qui écrête la production et une décote boursière qui met en question la valorisation des actifs.
Voir la ficheAgrola
Filiale de la coopérative suisse fenaco, Agrola avance sur une ligne de crête: rester un gros distributeur d’énergie pour la Suisse rurale tout en se réinventant en opérateur de mobilité bas carbone.
Voir la ficheArnold Towers Holding AB
Sur la plaine du sud de la Suède, trois pylônes Vestas portent un nom de famille comme une étiquette : Arnold Towers.
Voir la ficheZamil New Delhi Infrastructure Private Limited
Le nom officiel Zamil New Delhi Infrastructure Private Limited recouvre, selon les greffes indiens, une méta‑identité désormais appelée ZNA Infra Private Limited : successions Zamil Infra Private Limited → ZNA, même CIN U74120DL2008PTC175696.
Voir la ficheBentley
Constructeur automobile de luxe basé à Crewe (Angleterre), filiale du groupe Volkswagen intégrée sous l’égide d’Audi, Bentley incarne la tension de toute une industrie : investir massivement dans l’électrification tout en protéger marge, volumes et attentes d’une clientèle qui n’achète pas encore le 100 % batterie au rythme annoncé il y a cinq ans.
Voir la ficheKondel Grup
Une raison sociale suffit rarement à prouver un modèle climat ; ici, le rapprochement public entre Kondel Grup et la case Énergies renouvelables se heurte à un problème vieux comme les bases média : aucun site corporate, brochure investisseurs ou canal de presse ne permet de tracer, sous cette graphie exacte, un opérateur photovoltaïque, éolien ou gaz vert…
Voir la ficheWPX Energy
Le nom WPX Energy a quitté les marchés le 7 janvier 2021, avalé par une “fusion d’égaux” avec Devon Energy qui a déplacé le siège opérationnel vers Oklahoma City et confié le poste de PDG à l’ex-dirigeant de WPX, Rick Muncrief.
Voir la ficheGAS NATURAL FENOSA RENOVABLES SLU
* Longtemps associée au nom Gas Natural Fenosa, la SLU renovables* incarne la manœuvre ibérique du groupe : engranger du GW pour viser 9,5 GW en 2027, tout en navigant dans une Espagne où l’éolien se heurte à la judiciarisation des grands parcs.
Voir la fichePrecision Drilling
Le deuxième plus gros foreur terrestre nord-américain aligne fortes marges, automation et paquets « vert »…
Voir la ficheHidrodata SA
Un verrou anglais sur une hydraulique de montagne ; un chiffre d’affaires qui chute puis se redresse, mais un résultat encore dans le rouge dans les agrégateurs ; et un pipeline éolien annoncé à plusieurs centaines de mégawatts qui peine à se traduire en fermes opérationnelles visibles dans les sources ouvertes.
Voir la ficheMixergy
Derrière un objet banal, le chauffe-eau, Mixergy tente de bâtir une brique de la transition électrique.
Voir la ficheMukesh Gupta group
Le nom « Mukesh Gupta group » pointe, dans les documents publics, vers la sphère Lloyds Metals and Energy Limited (LMEL) et son chairman Mukesh Gupta — chaîne intégrée mines–sidérurgie–électricité dans le Maharashtra, loin de tout homonyme type GAIL / Deepak Gupta.
Voir la ficheQuaid e Azam Thermal Power Limited (QATPL)
Le site de Bhikki (Pendjab) affiche des courbes d’efficacité et de disponibilité qui feraient pâlir bien des opérateurs européens.
Voir la fiche