Solex
Solex n’est pas un producteur d’électricité : c’est une marque française de mobilité électrique de proximité, ancrée à Saint-Lô, qui incarne la partie « terrain » de la transition — roues, batteries et chaîne d’approvisionnement — sous l’égide du groupe Rebirth.
À propos de Solex
1. Modèle économique
Solex fonctionne comme une marque au sein d’un groupe verticalisé : conception et assemblage de cycles électriques, montée en gamme (dont lignes « mythiques » revisitées) et exposition au cycle commercial du VAE. L’usine de Saint-Lô est présentée comme le site historique où sont fabriquées des gammes incluant Solex, Matra, Easybike et Lejeune, avec une cadence de 23 000 à 25 000 vélos par an et 36 salariés maintenus dans le cadre d’un projet d’« usine 4.0 » (investissement Saint-Lô, restructuration et maintien de la production). À l’échelle groupe, la presse cite 75 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et environ 65 000 vélos produits sur la même fenêtre récente (investissement Saint-Lô). La stratégie passe aussi par external growth : reprise de Cycleurope France (marques Gitane, Peugeot Cycles) avec 150 salariés repris à 100 % selon la déclaration rapportée à la validation judiciaire (rachat Cycleurope), puis opération sur Cowboy avec 15 millions d’euros d’apport en capital annoncés lors de la finalisation (officialiser le chapitre Cowboy). Les revenus de Solex isolément ne sont pas publiés de façon consolidée accessible dans les éléments retrouvés ; le lecture clé est celle du groupe-porteur.
2. Impact réel
L’impact climat de Solex se lit indirectement : chaque kilomètre déplacé en vélo à assistance électrique mobilise, selon la méthodologie publique Impact CO₂ portée par l’ADEME, un ordre de grandeur de 11 g CO₂e/km (dont une part majoritaire liée à la fabrication du vélo), à comparer aux modes motorisés individuels (vélo à assistance électrique). Plus largement, l’ADEME documente le potentiel de décarbonation porté par le développement de la marche et du vélo (contribution marche et vélo). Côté chaîne de valeur, le projet saint-lois annonce une réduction des importations asiatiques au profit d’un approvisionnement privilégiant la France et la proche Europe (investissement Saint-Lô) — un levier logistique et empreinte amont, distinct d’un mix énergétique « EnR » au sens producteur d’électricité. Aucun bilan carbone ou rapport CSRD spécifique à Solex n’a été identifié dans les sources consultées pour cette fiche.
3. Innovations / partenariats
Le programme Saint-Lô inclut une ligne suspendue, de la digitalisation d’atelier et un atelier carbone de 500 m² visant 800 à 1 000 cadres par an à partir de 2026, dans une enveloppe globale d’investissement suivie par la presse à 7,8 M€ entre 2025 et 2027 (financement industriel détaillé). Parallèlement, un site de 36 000 m² à Romilly-sur-Seine est évoqué pour 2026 dans le sillage du rapprochement avec les marques historiques du groupe (nouvelle usine évoquée). Sur le produit, une réédition électrique du Solex 3800 est annoncée comme levier marketing et industriel pour les « 80 ans » de la marque (mythe centenaire qui tient la route).
4. Greenwashing / zones grises
La modernisation de Saint-Lô repose explicitement sur une aide de l’État à hauteur de 28 % du montant d’investissement dans le cadre de France 2030 (subvention et atelier carbone) : ce n’est pas « faux vert », mais une dépendance structurelle aux arbitrages publics qui peut polariser le débat si les résultats volume ou qualité ne suivent pas. Sur la trajectoire financière du groupe, la presse juridique rapporte une sortie de redressement judiciaire après deux ans de procédure pour l’historique Easybike (sortie de procédure collective), ce qui nourrit la question de la solidité du bilan derrière le storytelling de « rebirth ». Enfin, l’intégration de Cowboy intervient alors que des analyses des comptes 2024 mentionnent pour la cible belge une perte nette d’environ 25,9 M€ et un chiffre d’affaires en recul (comptes 2024 analysés) — signal chiffré que le groupe doit désormais transformer en rentabilité sous peine de dilution du récit « mobilité durable ».
5. Positionnement stratégique
Rebirth construit un contournement vertical du marché français du VAE : fabrication, marques patrimoniales, réseau retail et désormais une marque connectée européenne (officialiser le chapitre Cowboy). Solex en est la face narrative — héritage, Saint-Lô, iconographie — pendant que le groupe dispers géographiquement l’outil (Romilly, Bruxelles pour Cowboy). Dans un secteur où la presse décrit surstockages et recomposition, la stratégie est audacieuse : empiler les actifs fragilisés pour en faire des parts de marché.
Verdict WattsElse
Solex illustre la collision entre réindustrialisation affichée et concentration capitalistique à marée basse : le vélo électrique peut servir la transition des trajets, mais la couleur verte du produit ne garantit pas la couleur des comptes — et la prochaine ligne à défendre sera la preuve par les marges, pas par les communiqués.
Sources : lejournaldesentreprises.com · ouest-france.fr · lefigaro.fr · fr.cowboy.com · impactco2.fr · librairie.ademe.fr · agence-api.ouest-france.fr · cleanrider.com · lesechos.fr · lemondedudroit.fr · micromobility.io
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