Solutions Hydrogène
Micro-société franc-comtoise derrière le module TELI, Solutions Hydrogène vend l’idée d’un stockage saisonnier par l’hydrogène là où le secteur peine encore à rendre le résidentiel crédible face aux batteries et aux chèques de 10 000 à 40 000 €.
À propos de Solutions Hydrogène
1. Modèle économique
La SAS Solutions Hydrogène, créée en juillet 2021 et installée au centre d’affaires de Méroux-Moval (Territoire de Belfort), conçoit et vise la commercialisation du système modulaire TELI (électrolyse, stockage d’hydrogène, pile à combustible) pour l’autoconsommation sur plusieurs saisons, ciblant particuliers, collectivités et tertiaire, selon son site. Sur les derniers comptes accessibles en agrégé commercial, l’exercice 2024 affiche un EBITDA de 241,25 k€ et un résultat net de 229,53 k€, après un résultat net de −15,5 k€ en 2022 — le chiffre d’affaires détaillé n’y est pas rendu public de la même façon (« NC » sur la même fiche). La structure est volontairement légère : deux salariés déclarés sur LinkedIn en 2026, capital social d’environ 20,75 k€ côté greffe selon la fiche Infonet. Le modèle repose sur la vente ou l’intégration de système clé en main, une première levée en 2022 évoquée dans la rubrique « notre histoire », et une dépendance probable aux phases d’essais, de certification et aux commandes ponctuelles plutôt qu’à un volume industriel récurrent.
2. Impact réel
Si le gazole et le propane sortent des chauffages neufs, le bâtiment reste un gros émetteur : la société cite 46 % de la consommation énergétique nationale et 19 % des GES pour le secteur bâtiment, en lien avec la dynamique RE2020 — chiffres qu’il faudrait recouper avec les publications récentes du Ministère de la Transition énergétique pour une lecture « audit » stricto sensu. Le pari de TELI est de stocker l’électricité solaire estivale sous forme d’hydrogène pour la restituer en hiver (chauffage, recharge de véhicule), ce qui, en tenant l’électrolyse au vert, peut réduire l’import d’électricité fossile ou marginale en période creuse solaire ; en revanche, le bilan carbone plein cycle (électricité de l’électrolyse, fuites F-gaz, rendements) n’est pas chiffré publiquement sur le site à ce stade. À l’échelle nationale, l’ADEME rappelle dans son bilan hydrogène 2024 l’effort sur l’innovation et les démonstrateurs (centaines de millions d’euros d’aides sur 2010–2023), cadre dans lequel ce type de PME expérimentale se situe — sans équivalence directe annoncée avec un quota PPE pour le résidentiel individuel.
3. Innovations / partenariats
La trajectoire R&D est documentée par l’historique corporate : premier essai de caractérisation en 2024 avec le FCLAB et l’UTBM, projet Hygarde (2023) financé via la BPI dans un consortium avec IDEMIA, SOLENT et IOT-BZH pour embarquer plateforme et exigences de cybersécurité autour de TELI. La page d’accueil annonce aussi des « essais réussis » pour TELI, sans communiqué technique chiffré public au moment de la consultation. Côté écosystème institutionsnel, la veille sectorielle cite en février 2026 une séance d’information France Hydrogène sur le Clean Hydrogen Partnership — signal utile sur l’appétit des financements européens, pas un engagement contractuel de la startup elle-même.
4. Greenwashing / zones grises
Le site affiche l’ambition que l’hydrogène devienne « aussi naturelle que l’utilisation du téléphone » ; côté technique grand public, un travail de synthèse sur les piles domestiques note des puissances nominales souvent limitées pour absorber les pics de consommation — tension explicite entre promesse d’ubiquité et contraintes de dimensionnement et de réseau, même avec électrolyse locale. Sur le plan financier, la même année 2024 qui livre un résultat net positif laisse une trésorerie de 66,27 k€ pour 202,43 k€ de dettes financières à plus d’un an, soit un coussin liquide étroit pour une société d’équipement. L’homonymie avec Hydrogen Refueling Solutions (HRS), groupe coté spécialisé dans les stations, nourrit le risque de lecture boursière erronée — signal séparé : HRS rapporte un contexte de ralentissement des décisions en Europe depuis mi-2025, à ne pas amalgamer aux comptes de la SAS bourguignonne. Enfin, le coût global d’une installation résidentielle « complète » autour de la pile reste structurellement élevé dans les ordres de grandeur sectoriels : 10 000 € à 40 000 € pour la pile ( pose comprise), auxquels s’ajoutent electrolyseur et OPEX, ce qui questionne l’« accessibilité » revendiquée sans grille tarifaire publique.
5. Positionnement stratégique
Le positionnement joue la carte « Belfort, capitale européenne de l’hydrogène » et une offre intégrée pour dépasser la simple batterie quotidienne ; la bascule 2022 → 2024 vers un résultat net positif suggère un amorçage comptable, pas encore une traction de masse. L’enjeu 2026–2027 sera de convertir essais labo et narration territoriale en contrats récurrents, éventuellement via appels européens ou budgets d’innovation publics, dans un marché où les gros acteurs des stations (HRS) et les médias spécialisés décrivent des temporisations de décision. La veille France Hydrogène sur 2026 confirme surtout que l’agenda politique et financier reste chargé — une opportunité pour une PME agile, une saturation possible si les subventions se sélectionnent sur la preuve de déploiement.
Verdict WattsElse
TELI joue le saisonnier là où le marché veut du simple et du moins cher ; la microstructure tient debout sur une ligne de comptes 2024 flatteuse mais une liquidité qui file bas — en hydrogène résidentiel, la révolution est d’abord comptable, pas encore culturelle.
Sources : solutionshydrogene.com · solutionshydrogene.com · infonet.fr · fr.linkedin.com · ecologie.gouv.fr · librairie.ademe.fr · france-hydrogene.org · energie-news.fr · boursorama.com · france-hydrogene.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
LEAPWAVE TECHNOLOGIES
Une deep tech qui vise les liaisons ultra-larges bandes jusqu’aux sous-millimétriques, pas le mix électrique ni l’hydrogène.
Voir la ficheTEİAŞ
TEİAŞ n’est pas un producteur : c’est le gestionaire du réseau de transport.
Voir la ficheOOO NOVO-RJaZANSKAYA TEZ
La Novo-Ryazanskaya TETS n’est pas une « boîte à pétrole » au sens strict : c’est une TCH (générateur vapeur) qui tient une part décisive du chauffage urbain et de l’électricité locales, tout en servant d’épine dorsale industrielle à la raffinerie voisine.
Voir la ficheH4 Marseille Fos
H4 Marseille Fos n’est pas un « opérateur classique » de la distribution portuaire : c’est le nom de bâti d’un complexe d’e-carburants porté en coentreprise par Hy2gen et H2V sur le Môle Central de Fos-sur-Mer.
Voir la ficheE-CL
Le ticker ECL et le sigle historique cachent une principauté énergétique du désert d’Atacama : Engie Energía Chile S.A., productrice, transporteuse d’électricité et acteur majeur du gaz (GNL, gazoducs) pour l’industrie minière.
Voir la ficheLiberty
Liberty n’est pas un concept juridique : c’est Liberty Energy Inc., géant américain des services de complétion (fracturation) coté NYSE sous le ticker LBRT, dont le siège est à Denver (Colorado).
Voir la ficheCIC BIOGUNE
Le CIC bioGUNE n’est pas un opérateur électrique : c’est un centre sans but lucratif de biosciences, ancré à Derio depuis 2002, qui vit surtout de la R&D publique et des programmes européens.
Voir la ficheCông ty CP Phú Thạnh Mỹ
La dénomination Công ty CP Phú Thạnh Mỹ, telle que fournie, ne se laisse pas rattacher à une entité unique, identifiée à coup sûr dans les bases accessibles depuis l’extérieur du Vietnam : IDENTITÉ À CLARIFIER.
Voir la ficheSiemens Healthineers
Siemens Healthineers AG n’est pas une « startup climat » : c’est un géant coté à Francfort de l’imagerie, du diagnostic et du traitement du cancer — avec une trajectoire carbone chiffrée et validée par la Science Based Targets initiative.
Voir la ficheSinloc SpA
Pilier peu médiatisé hors d’Italie, Sinloc SpA (raison sociale Sistema iniziative locali) conjugue conseil financier aux territoires, structuration PPP et participations directs via sa filiale Sinloc Investimenti SGR — un modèle où le « vert » passe autant par l’investissement foncier en photovoltaïque que par les communautés énergétiques et les appels…
Voir la ficheÖkotech Ingenieurgesellschaft mbh
À Recklinghausen, une Ökotech Ingenieurgesellschaft mbH tenace joue à la fois le rôle d’opérateur d’un bio‑centrale connue du réseau allemand et celui de chantier vivant pour les pompiers du Vest quand la maintenance dérape.
Voir la ficheDulacca Wind Farm
Entre les pâturages du Western Downs et la Warrego Highway, 43 turbines Vestas tournent à plein régime depuis l’automne austral 2023 — avec un gros PPA public pour sécuriser les flux de trésorerie.
Voir la ficheNordisk Vindkraft
Sous l’étiquette RES Renewable Norden AB (ex‑Nordisk Vindkraft), le développeur nordique du groupe britannique RES** porte des projets en tête d’affiche — Björnberget, Åndberg, Rödene — mais les derniers comptes publics d’une filiale suédoise font entendre un autre rythme : perte massive, solvabilité en baisse, et permis qui se jouent aussi au conseil…
Voir la ficheSustainC
Capture cryogénique du CO₂ sans solvants, voilà qui réconcilie efficacité énergétique et pureté parfaite... en attendant que la magie opère à grande échelle.
Voir la ficheEmpresa Nacional del Petróleo SA
L’Empresa Nacional del Petróleo (ENAP) est l’entreprise pétrolière d’État du Chili : exploration-production, raffinage, logistique et commercialisation, pivot de la sécurité énergétique du pays.
Voir la ficheOP Mobility
À Levallois, le rebranding fait sonner comme un pure player de la nouvelle mobilité ce qui reste massivement équipementier auto et thermiquement exposé ; sur le chantier hydrogène, la réalité industrielle passe par des fermetures de sites et des contrats nord-américains comme le ferroutage européen.
Voir la ficheHIDROELECTRICA MAISAN SPA.
Elle porte un nom qui évoque la puissance de l’eau, mais l’hydroélectrique Hidroeléctrica Maisán SpA pèse 620 kW dans la Araucanía, loin du gigantisme qui hante d’autres chantiers chiliens.
Voir la ficheASSOCIACAO BUILT COLAB - COLABORATIVE LABORATORY FOR THE FUTURE BUILTENVIRONMENT
Porto tient une pièce maîtresse du chantier européen « bâtiment bas carbone » : une association sans but lucratif qui ne vend ni kWh ni matériaux, mais orchestre recherche, BIM et économie circulaire pour tout un écosystème AEC.
Voir la ficheSouth Somerset Hydropower Group
Le South Somerset Hydropower Group (SSHG) relie dix anciens moulins du sud du Somerset à des micro-turbines ; né d’une initiative du conseil de district, il revendique d’avoir été la première structure du genre au Royaume-Uni, avant de voir le concept imiter ailleurs.
Voir la ficheEcoenergia
Pilier de l’ingénierie de cogénération en Pologne, Ecoenergia incarne la décennie où les utilities ont combiné charbon, biomasse et gaz pour tenir la cadence climatique sans lâcher le réseau.
Voir la fiche7 PARTNERS GROUPE EPSA
La partie « Energy » de l’historique 7Partners ne vend plus une étiquette isolée : depuis février 2026, elle s’affiche sous la bannière commune EPSA Energy, aux côtés d’Enoptea et d’Energiency.
Voir la ficheManaseer Group
** Conglomérat familial né en 1999, Manaseer incarne la puissance des capitaux privés dans une Jordanie dépendante des importations d’énergie.
Voir la ficheUNIVERSITY OF NAVARRA
L’Université de Navarra engrange un excédent record sur l’ensemble du groupe tandis que son IESE carbure aux programmes d’executive education — et façonne le débat européen sur l’énergie depuis des auditoriums sponsorisés par Naturgy ou ENGIE.
Voir la ficheRedeventza S.A. Belge pour le Raffinage de Petrole
Sous l’ancienne bannière Redeventza se cache moins un « acteur pétrolier belge d’aujourd’hui* qu’une tranche d’histoire : la première grande opération de raffinage sur le pôle Petroleum Zuid / Blue Gate, au sud d’Anvers, avant la migration vers le super-cluster nord.
Voir la fiche