Tenaga Nasional Bhd
Tenaga Nasional Berhad est le groupe d’électricité malaisien qui concentre la transition du pays : il a besoin de milliards en réseaux, de parcs solaires et d’une stratégie climat ambitieuse, tout en gardant la lumière allumée sur des marchés mondiaux du charbon et du gaz encore volatils.
À propos de Tenaga Nasional Bhd
1. Modèle économique
TNB incarne un modèle de vérticalement intégré dominant sur la péninsule : transport, distribution et 48,8 % d’une capacité de génération domestique encore très thermique, selon le deck investisseurs de décembre 2025. L’exercice 2024 ressort à 53,07 milliards MYR de chiffre d’affaires et 34 938 employés, d’après le rapport intégré 2024. La manne tarifaire repose sur un cadre IBR et la période de régulation RP4 (2025-2027) : 26,6 milliards MYR de capex de base ont été évoqués pour financer réseau et fiabilité (The Star). Sur neuf mois 2025, le groupe a déjà investi 7,6 milliards MYR, selon le briefing analystes du T3 2025. L’exposition au prix des combustibles demeure structurante : en 2024, une garantie d’État de 6 milliards MYR a été déployée pour sécuriser le financement des surcoûts d’importation de carburants (The Edge Malaysia).
2. Impact réel
Côté climat, la photographie est nette : sur le mix domestique présenté fin 2025, le charbon pèse encore 50 %, le gaz 32 %, l’hydro 17 % et le solaire 1 %, selon le deck investisseurs décembre 2025. Ce profil reste dans la lignée historique d’une Malaisie où le thermique structure la production — rappel utile dans la situation énergétique malaise publiée par Connaissance des Énergies. Pour « verdir » le bilan, TNB fixe un objectif d’environ 7 GW d’EnR d’ici 2030 dans son rapport durabilité 2024 : le groupe annonce ~1,3 GW en exploitation et ~1,2 GW en construction à fin 2025 dans le même deck investisseurs. La mobilité électrique se matérialise par 5 109 points de recharge déployés fin 2025 (briefing 3T2025), tandis qu’un système 100 MW / 400 MWh est mis en avant à Sabah sur la même période.
3. Innovations / partenariats
Les chantiers visibles sont surtout infrastructures de volume : le briefing 3T2025 met en avant des vagues d’appels d’offres LSS5 (686 MWp) et un parc centralisé ~750 MWp, ainsi que le déploiement de stockage en Malaisie orientale. Le projet hydro Nenggiri (300 MW, enveloppe souvent citée à 5 milliards MYR) illustre l’autre levier domestique — l’hydro grand format — avec une avancement d’environ 40,5 % en août 2024 selon Bernama. À l’international, le même deck 2025 détaille une exposition EnR hors Malaisie ( vents, solaire, hydro au Royaume-Uni, en Turquie, pipeline en Australie ), diversifiant les flux mais aussi la complexité de pilotage ESG.
4. Greenwashing / zones grises
Le fossile n’est pas un arrière-plan : c’est la moitié du mix domestique fin 2025, chiffre explicitement porté par le deck investisseurs décembre 2025 — difficile d’y voir une transition « décarbonée » à court terme sans plan de sortie du charbon chiffré sur ce périmètre. Côté gouvernance tarifaire, la polémique de janvier 2025 sur une hausse annoncée autour de 14 % sans feu vert régulateur — relatée par MalaysiaNow et contextualisée par The Star — rappelle la tension entre promesse de service public et légitimité des annonces. Sur le terrain, le barrage de Nenggiri impose une relocalisation d’environ 1 200 Orang Asli visée pour mars 2026 (Bernama), alors que plusieurs milliers de personnes ont publiquement demandé l’abandon du projet (Free Malaysia Today). Enfin, le rapport durabilité 2024 ne couvre le Scope 3 qu’en partie : les catégories majeures de chaîne d’approvisionnement et de combustibles « amont » ne sont pas traitées avec la même profondeur que les Scopes 1 et 2, ce qui limite la comparabilité avec les exigences les plus strictes de reporting carbone européen — les perspectives de transition en Malaisie restent ainsi plus sectorielles que normatives au sens CSRD.
5. Positionnement stratégique
TNB « achète » du temps réglementaire en capex massif et en objectifs EnR 2030, mais sa valeur de marché reste corrélée à des mécanismes subsidiés (ex. garantie publique sur carburants : The Edge) et à une note améliorée sur mécanismes de rémunération régulés (The Edge sur S&P, juin 2024). Pour un lecteur français, l’écart avec une PPE ou un ADEME « tout azimut » est assumé : la Malaisie avance sur ses propres leviers (solaire, hydro, ICPT), mais la trajectoire Net Zero 2050 reste à séparer du mix 50 % charbon observé à l’instant T (deck 2025).
Verdict WattsElse
TNB joue le jeu de la transition à coups de milliards et de cibles EnR, mais son identité reste celle d’un électricien fossile en conversion : tant que le charbon tient la moitié du tableau de bord et que l’hydro « vert » sèche l’opposition des riverains, chaque année de résultats raconte autant la puissance du groupe que le prix social et politique de la fiabilité.
Sources : tnb.com.my · tnb.com.my · thestar.com.my · tnb.com.my · theedgemalaysia.com · connaissancedesenergies.org · tnb.com.my · bernama.com · malaysianow.com · thestar.com.my · freemalaysiatoday.com · connaissancedesenergies.org · theedgemalaysia.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Jubera Wind Farm
** Onze géants de Nordex sous le ciel de La Rioja, promesse climat pour SSE…
Voir la ficheDhaka Electric Supply Company Limited (DESCO)
En 2024, la Dhaka Electric Supply Company (DESCO) illustre à l’extrême le dilemme d’une distributrice : vendre un kilowattheure « politiquement visible » alors que le gros achat au réseau national explose en taka et en dollars.
Voir la ficheCampsa
L’Espagne conserve sur ses routes une marque née du siècle du pétrole d’État.
Voir la ficheBelgazprombank
Belgazprombank affiche des comptes 2025 au sommet de son histoire, portés par le crédit à l’investissement.
Voir la ficheOCP SA
Derrière le récit de la "sécurité alimentaire", OCP reste d’abord une machine industrielle lourde: mines, acide phosphorique, engrais, logistique intégrée.
Voir la ficheLPNU
Inner London incarne une rare concentration de besoins simultanés : sur un réseau en grande partie souterrain, tout incident devient vite politique ; tout euro de capex manquant devient vite « audit Ofgem ».
Voir la ficheMátrai Erőmű
Depuis Visonta, la Mátrai Erőmű incarne encore la production « au fil du réseau » à intensity carbone extrême : une vitrine du groupe public MVM, désormais sous pression directe du marché carbone européen et des arbitrages politiques budapestois.
Voir la ficheRueda Sur Wind 3, SL
Derrière un nom de société opaque se cache l’un des tronçons éolien du cluster hybride « Rueda Sur », à quelques dizaines de kilomètres de Saragosse.
Voir la ficheUnited Power
United Power n’est ni un fonds ni une junior boursière : c’est l’une des plus grosses coopératives d’électricité du Colorado, qui a rompu en 2024 avec son fournisseur historique pour dessiner un avenir « plus vert ».
Voir la ficheSiemens Canada
Siemens Canada n’est pas un start-up anonyme dans la transition : c’est la bras canadien d’un géant mondial de l’automatisation et du numérique industriel qui aligne désormais gros capex — 150 millions de dollars canadiens sur cinq ans — sur la chaîne valeur batteries et VE, avec l’argent public en contrepartie de garde-fous sur l’emploi.
Voir la ficheSalekhardenergo JSC
À Salekhard, capitale du district autonome de Iamalo-Nénètsie, Salekhardenergo ( ne joue pas dans l’amont pétrolier : vous tenez là un opérateur territorial multi-services — électricité, chaleur, eau — dont le site corporate fixe le décor d’une ville isolée où la…
Voir la ficheEmpower IM Oy
Carve-out finlandais d’une division « intelligence énergétique », puis recentrage agressif sur le SaaS : l’histoire d’Empower IM Oy — aujourd’hui Enerim Oy — est celle d’un chantier industriel et financier, pas d’un slogan.
Voir la ficheİyte Res Elektrik Üretim A.Ş.
Une éolienne de campus peut incarner à la fois l’investissement territorial et une machine à cash indexée sur le dollar : İYTE Res Elektrik Üretim A.Ş.
Voir la ficheNOVACHIM
Novachim n’est pas un producteur d’électricité renouvelable : c’est le pôle d’innovation « chimie et matériaux » de la Région Sud, ex-CRITT, qui structure projets et financements autour de la décarbonation et des filières bas carbone — au cœur de Fos-Berre et des politiques européennes de transition juste des Bouches-du-Rhône.
Voir la ficheGuodian Zhejiang Beilun No.1 Power Generation Co Ltd
Centrale charbon ultra-supercritique à Ningbo (Zhejiang), Guodian Zhejiang Beilun No.1 Power Generation Co.
Voir la ficheFraunhofer
Géant européen de la R&D sous contrat, la Fraunhofer-Gesellschaft incarne la promesse allemande : faire financer l’innovation par l’industrie et l’État, puis la traduire en brevets et spin-offs.
Voir la ficheZhejiang Zheneng Elec Pow Co
Liste à Shanghai depuis 2013 (600023), cette filiale quasi intégrale de l’Zhejiang Energy Group provincial est le visage boursier d’un modèle très chinois : chauffer une économie côtière riche tout en préparant, au compte-gouttes, une couche « propre » pilotée par les objectifs Five-Year Plan du pays.
Voir la ficheMoshanir
Moshanir incarne depuis des décennies la « mémoire technique » de l’Iran électrique : études, maîtrise d’œuvre et supervision de grands projets, dans un pays où chaque mégawatt synchronisé est une gageure politique.
Voir la fichePower Turbine Tunisia
On chercherait la plus grande précision technique, au millième de bar, et voilà que le nom même part en fumée de combustion : Power Turbine Tunisia ne laisse, à ce stade, aucune empreinte vérifiable dans les annuaires d’entreprises ni chez les grands opérateurs sous cette libellé exact.
Voir la ficheHrazdan Energy Company
Dans la lignée des « pétrole & gaz » du cache WattsMonde, Hrazdan Energy Company (HEC) n’est pas un producteur d’hydrocarbures : c’est l’opérateur historique de la centrale thermique de Hrazdan (Kotayk, Arménie), alimentée au gaz naturel importé et réduite, en pratique, au rôle d’appoint électrique.
Voir la ficheKorea Petrochemical Association
Ce n’est pas une entreprise : c’est le chef de file des grands producteurs coréens de bases et de polymères.
Voir la fiche