Thermex SA
En Suisse romande, Thermex SA ne joue pas dans la cour des fabricants stars, mais dans celle, beaucoup plus concrète, des entreprises qui posent, règlent et maintiennent les systèmes thermiques des bâtiments.
À propos de Thermex SA
1. Modèle économique
Thermex SA est une société anonyme basée à Eclépens, inscrite au registre du commerce depuis 1973, dont l’objet couvre l’étude, la réalisation, la maintenance et le SAV d’installations de chauffage, ventilation, climatisation, eau glacée, systèmes d’énergies renouvelables, récupération d’énergie et gestion technique du bâtiment (Moneyhouse). Son modèle est celui d’un intégrateur-installateur: revenus de chantiers, contrats de maintenance, rénovation énergétique et prestations techniques sur des bâtiments tertiaires, résidentiels et industriels. Le site corporate évoque “la petite centaine de collaborateurs” et trois implantations en Suisse romande, à Eclépens, Grand-Lancy et Rennaz (Thermex); une fiche sectorielle mentionne une fourchette de 51 à 100 salariés (Architectes.ch). Aucun chiffre d’affaires public consolidé et vérifiable de Thermex SA n’a été trouvé; en revanche, l’entreprise appartient depuis 2019 au groupe Climater, dont le rapport RSE 2024 fait état de 466 M€ de chiffre d’affaires sur l’exercice 2023/2024 et 1 948 salariés (rapport RSE 2024).
2. Impact réel
L’impact climatique réel de Thermex dépend moins d’une production propre d’énergie que des équipements qu’elle installe chez ses clients. Son portefeuille met en avant les pompes à chaleur, le solaire thermique, la biomasse, le géocooling et la récupération d’énergie, avec des réalisations revendiquées dans des hôpitaux, banques, logements et sites industriels (énergies renouvelables, réalisations). Sur le fond, l’orientation est cohérente avec les recommandations de l’ADEME, qui présente les pompes à chaleur comme un levier pour sortir du fioul et du gaz, à condition de bien dimensionner les installations et de ne pas dissocier totalement énergie et qualité de l’enveloppe. Elle colle aussi au cap du projet de PPE3, qui pousse la chaleur renouvelable mais souligne aussi les limites de ressource sur la biomasse et la nécessité de diversifier les solutions. En clair: Thermex vend des briques utiles à la transition, mais son impact n’est pas documenté par des tonnes de CO2 évitées, ni par un reporting climat public propre à l’entreprise.
3. Innovations / partenariats
Le signal le plus structurant est l’adossement à Climater, groupe de génie climatique qui donne à Thermex un cadre de montée en puissance industrielle et une capacité de marché plus large. Côté références, Thermex documente par exemple le chantier Swissquote à Gland, où elle décrit une PAC géothermique assurant 250 kW en chaud et 260 kW en froid, couplée à du geo-cooling et à des panneaux solaires pour l’eau chaude sanitaire (Swissquote Bank). L’entreprise revendique aussi des interventions sur le CHUV, l’Hôpital Riviera-Chablais, l’aéroport de Genève ou encore Agroscope, ce qui signale un positionnement solide sur les bâtiments complexes et à forte exigence technique (réalisations). Elle affiche enfin une certification EcoVadis Silver et des références Minergie, CECB et Suissetec, davantage comme gages de process et de conformité que comme rupture technologique.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier angle mort est documentaire: Thermex parle QSE, matériaux recyclables et alternatives technologiques, mais aucun rapport RSE ou CSRD public propre à l’entreprise n’a été trouvé, ni indicateurs de scope 1, 2, 3, ni objectifs chiffrés de réduction (engagements QSE). Le deuxième est commercial: l’entreprise promeut les PAC, le solaire et la récupération d’énergie, mais continue aussi à mettre en avant des équipements de chauffage au gaz et des activités de climatisation, ce qui brouille le récit “100% transition” (Thermex, Architectes.ch). Le troisième tient à la biomasse: la PPE3 rappelle que la ressource bois devient un facteur limitant et que son usage doit être hiérarchisé (projet de PPE3). Enfin, le siège “100% autonome en énergies renouvelables” mis en avant par Thermex est un bon signal bâtimentaire, pas une preuve de décarbonation complète de l’entreprise (Thermex).
5. Positionnement stratégique
Thermex se situe à l’endroit intéressant du marché: pas la deeptech, pas le producteur d’énergie, mais l’exécutant indispensable de la rénovation thermique réelle. Dans un contexte où l’ADEME pousse des systèmes de chauffage moins fossiles et où la PPE3 veut accélérer la chaleur renouvelable, la société a un terrain de jeu évident. Son enjeu stratégique n’est pas de raconter la transition, mais de prouver qu’elle sait la livrer chantier par chantier, sans rester coincée dans le grand écart entre gaz historique, climatisation croissante et promesse bas-carbone.
Verdict WattsElse
Thermex incarne une vérité peu glamour de la transition: ce sont souvent les installateurs qui font ou ratent la décarbonation concrète. Reste à sortir du flou ESG et à montrer, chiffres à l’appui, que le discours renouvelable pèse désormais plus lourd que l’héritage fossile.
Sources : moneyhouse.ch · thermex.ch · architectes.ch · groupe-climater.com · thermex.ch · librairie.ademe.fr · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · groupe-climater.com · thermex.ch · thermex.ch · thermex.ch
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Axdis
Distributeur français qui a bien compris que vendre de l'efficacité énergétique, c’est aussi vendre du confort à prix énergisé.
Voir la ficheAES Corporation
Le géant américain sort le charbon par vagues, empile les PPA et cible la demande des hyperscalers — tout en traînant des dossiers cendres et de dette à Porto Rico, et un échec de mise en scène “hydrogène vert” au Chili.
Voir la ficheNURU Sarl
Le nom « Nuru Sarl » renvoie, dans les bases sectorielles internationales, à la même société d’électricité que la Nuru SASU dont le siège opérationnel est à Goma et le site corporate sous le domaine nuru.cd : opérateur de metrogrids (mini-réseaux hybrides) en république démocratique du Congo — pas des homonymes comme certaines offres de kits solaires…
Voir la ficheVoltalis
Le chauffage devient une matière première pour le réseau : Voltalis équipe les foyers de thermostats connectés pris en charge par la valorisation de la flexibilité, puis agrège jusqu’à des gigawatts-crête d’effacement quand RTE et les opérateurs en ont besoin.
Voir la ficheMonteplano Solar
Une PME espagnole fichée dans la Navarre pour « parque fotovoltaico », qui a obtenu en Région de Murcie une autorisation de près de 3,5 MW au cœur d’un désert solaire devenu le terrain de jeu des grandes utilities : tel est le contrepoint que dessine Monteplano Solar aux yeux qui confondraient vite le nom avec des géants ou des banques d’investissement.
Voir la ficheTeekay
Groupe canadien du transport maritime de brut, Teekay a converti le chaos des routes pétrolières en rentabilité : les marchés s’enflamment quand le monde se referme, et la volatilité est le moteur d’un modèle bâti sur le taux spot.
Voir la ficheCALOGENA
Décarboner les réseaux de chaleur avec un mini-réacteur nucléaire: sur le papier, Calogena vise l’un des angles morts les plus lourds de la transition énergétique.
Voir la ficheCorp. Energía Hidroeléctrica De Navarra, S.A.
EHN n’est plus une promesse de rivières : c’est un carré comptable que le groupe Acciona vide à coups de milliards.
Voir la ficheALTEN
Le géant français de l’ingénierie et des services numériques encaisse en 2025 un repli organique et une facture nette lourde, tout en poussant ses effectifs énergie et la brique Worldgrid au cœur du pilotage des réseaux et du nucléaire.
Voir la ficheNICOLAUS COPERNICUS UNIVERSITY
L’université Nicolas Copernic n’est pas une start-up photovoltaïque : c’est un géant public polonais qui, entre bibliothèque monumentale et Collegium Medicum, expérimente la transition comme un chantier d’ingénierie — et comme un pari sur les subventions européennes.
Voir la ficheRiegos Alto Aragón
La « Comunidad General de Riegos del Alto Aragón », à Huesca, revendique le plus grand périmètre irrigué d’Espagne et de l’Union européenne sur son site institutionnel — ce n’est pas une « startup EnR », mais une infrastructure agricole dont la facture électrique et les ouvrages hydro-solaires en font un acteur majeur des renouvelables « par nécessité ».
Voir la ficheHolcim (Belgium)
Le site d’Obourg incarne l’idée même d’« innovation » industrielle en Wallonie : un four pensé pour l’oxycombustion, une capture CO₂ à l’échelle continentale, des dizaines de millions déjà engagés.
Voir la ficheTeam Turbo Machines
Team Turbo Machines incarne la maintenance lourde invisible qui fait tourner turbines et alternateurs — jusqu’à ce que le groupe italien Fincantieri capte toute la valeur et tout le carnet futur.
Voir la ficheEnfinity Global Inc.
Installée publiquement à Miami depuis sa création en 2019, Enfinity Global Inc.
Voir la ficheVulcain Engineering Group
Du conseil en ingénierie à l'international à la chasse au low-carbon, Vulcain joue habilement entre ambition verte et pragmatisme financier.
Voir la ficheKövlinge Vind AB
Le nom « Kövlinge Vind AB » ne renvoie pas, dans les registres et communiqués disponibles, à une société éolienne identifiable : il s’agit très probablement d’une graphie fautive de Kölvallen Vind AB, véhicule suédois du parc Kölvallen, désormais exploité après une décennie de contentieux environnemental.
Voir la ficheTokai COBEX GmbH
Leader mondial des cathodes en carbone pour l'aluminium, ou comment chauffer la planète en cherchant à la refroidir avec du graphite haut de gamme.
Voir la ficheEcoener
Cotée en Espagne, Ecoener ne joue plus dans la même cour qu’il y a dix ans : l’Amérique latine porte le gros du compte, les marges s’afficrent en fanfare, mais le résultat net recule fortement et certains projets « chez soi » se heurtent au foncier.
Voir la ficheMinerve Technology
La cleantech montpelliéraine vend des générateurs de dioxyde de chlore fabriqués en France et parie sur la REUSE industrielle.
Voir la ficheSolar Power (Bureerum 2) Company Limited
Elle porte un nom générique — Solar Power (Bureerum 2) Company Limited — mais incarne une tranche précise du parc historique de SPCG : une centrale au sol dans le Nord-Est de la Thaïlande, en prise directe avec la fin des adders et la refonte de la rentabilité des fermes installées il y a plus d’une décennie.
Voir la ficheNOBATEK/INEF4
Institut de recherche appliquée qui fait souffler le vent de la transition énergétique dans le bâtiment, en jonglant entre expertise technique et ambitions vertes… avec un soupçon d’investissement stratégique.
Voir la ficheSkelleftekraft
D’un côté, un groupe public du nord de la Suède ancré dans l’hydro et l’éolien ; de l’autre, une bulle prix de l’électricité qui a écrasé l’EBIT en 2024 et réorienté les investissements en 2025, pendant que la faillite de Northvolt et un litige sur des barrages cristallisent les risques territoriaux.
Voir la ficheUNINA
Une université millénaire ne vit pas seulement de prestige : elle transforme en chiffres la transition d’une métropole dense, entre jumeaux numériques, smart grids et dépendance aux fonds publics.
Voir la fiche