VEIDEKKE
Veidekke ne joue pas dans une niche : c’est un mastodonte scandinave du BTP qui gagne aussi gros sur l’infrastructure propre.
À propos de VEIDEKKE
1. Modèle économique
Le groupe pilote un portefeuille à trois temps : construction résidentielle et tertiaire, génie civil routier et ferroviaire, et activités « matériaux-services » où l’asphalte et les granulats comptent. Les comptes 2025, publiés en février 2026, affichent un chiffre d’affaires de 43,1 milliards NOK (+4 % face à 41,4 Md NOK en 2024) et un résultat avant impôts de 2,06 Md NOK (+22 %), avec une marge d’environ 4,8 % selon les synthèses de marché associées à cette publication. Le carnet de commandes atteint 47,3 Md NOK à fin 2025, dopé par les infrastructures — la reprise d’activité y compense en partie le climat plus rude de l’immobilier. L’effectif officiel se situe autour de 7 980 personnes dans le rapport annuel et durabilité 2024 (proche des ~8 200 mentionnés en amont). La rémunération des actionnaires suit : dividende proposé à 11,25 NOK par action pour l’exercice 2025. En bref : une machine à projets où le mix « routes + gros ouvrages + logement » détermine la volatilité des marges.
2. Impact réel
Sur le climat, Veidekke met en avant des courbes volontaristes : baisse des émissions de scope 1 et 2 de 50,4 % entre 2020 et fin 2024, et réduction des émissions de scope 3 de 31 % entre 2021 et 2024, attribuée en partie aux matériaux bas carbone. L’entreprise vise une neutralité carbone « Net Zero » d’ici 2045 sur la chaîne de valeur. Côté « faits » sur le terrain, elle incarne aussi le constructeur d’actifs bas carbone : le contrat Offerdal (525 M NOK) vise environ 100 GWh/an d’hydroélectricité pour une mise en service vers fin 2028. Dans un paysage européen où la décarbonation du bâtiment et des infrastructures est contrainte par la demande d’acier et de ciment « propres », ces engagements restent comparables aux trajectoires sectorielles — sans équivalence automatique avec les instruments français : dans les sources consultées, aucun encadrement type PPE ou fiche ADEME ne cible nommément Veidekke, le levier principal restant nordique et financier (investisseurs, CDP, chaîne d’approvisionnement).
3. Innovations / partenariats
L’hydrogène devient un argument industriel : selon Norwegian Hydrogen, Veidekke a inauguré en septembre 2024 à Ålesund une deuxième unité d’asphalte alimentée à l’hydrogène vert — un cas d’éscale rare à l’échelle mondiale pour ce procédé. Sur les grands chantiers, le groupe enchaîne les contrats d’envergure : 170 000 tonnes d’asphalte sur l’E18 pour Eiffage jusqu’en 2026 (ordre de 200 M NOK), et un contrat de 200 M NOK avec Equinor pour une station de traitement des eaux au terminal de Sture, avec livraison prévue à l’automne 2027. En consolidation, le rachat de Nord Vei og Asfalt, finalisé en mai 2025, renforce le maillage bitumineux en Norvège du Nord. La reconnaissance externe côté climat : CDP place régulièrement les « A-list » annuelles ; Veidekke revendique ainsi une place dans la cour des notes maximales pour la transparence carbone.
4. Greenwashing / zones grises
La communication « bas carbone » bute sur trois tensions mesurables. Exposition pétrolière : le contrat Sture avec Equinor (200 M NOK, 2024) lie explicitement le groupe aux infrastructures d’un terminal pétrolier — difficile d’y voir un simple « hors-sujet climat » lorsque le carnet de commandes mélange transition et périmètre fossile. Structure bitumière : après Nord Vei og Asfalt, l’asphalte pèse davantage dans la géographie du groupe ; or le bitume demeure un flux dérivé du pétrole, que l’hydrogène à Ålesund atténue localement sans abolir la dépendance matière. Cycle immobilier : la note de marché automne 2025 intègre une contraction de production (−4 % en 2025 après un recul déjà lourd en 2024 dans le sillage des taux) avant une hypothèse de rebond +5 % en 2026 — autant de contexte qui explique pourquoi la « transition » financière passe aussi par les routes et les ponts, pas seulement par l’éolien ou l’hydro. Enfin, les 31 % de baisse de scope 3 sur 2021–2024 reposent sur des facteurs d’émission « acier/ciment » fournis en amont : en cas de révision des bases données, la courbe publiée peut bouger sans que l’acier posé sur les chantiers ait changé. Aucun litige, condamnation ou enquête d’ONG identifié dans les recherches effectuées pour cette fiche : on reste sur des zones grises économiques et de reporting, pas sur des « scandales » documentés.
5. Positionnement stratégique
Veidekke cristallise la stratégie du BTP nordique : grossir sur l’infrastructure bas carbone (hydro, réseaux), industrialiser la route « moins sale » (hydrogène, recyclage), tout en surfant un carnet record à 47,3 Md NOK quand les taux se calment. Les comptes 2025 montrent une capacité à convertir le carnet en marge ; la vraie partie d’échecs se jouera sur la sensibilité résidentielle suédoise/norvégienne et sur le prix des matériaux structurants. Pour un média « énergie » au sens large, le groupe est un baromètre : il capte la demande d’électrons neufs (Offerdal) autant que la résilience des flux pétroliers (Sture).
Verdict WattsElse
Veidekke sait parler vert avec des chiffres audités, mais son métier reste celui de cimenter la mobilité et, parfois, l’arrière-pays pétrolier : c’est un champion scandinave du bitume électrifié, pas une startup défossilisée sur commande.
Sources : veidekke.com · veidekke.com · veidekke.com · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · norwegianhydrogen.com · veidekke.com · veidekke.com · veidekke.com · cdp.net · veidekke.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
HELLENIC AGRICULTURAL ORGANISATION DIMITRA (ELGO - DIMITRA)
Organisme centennial encore sous les projecteurs pour ses pilots LIFE et Horizon Europe, l’ELGO-DIMITRA incarne la promesse d’une campagne « branchée » (CO₂ vers méthane, agrivoltaïsme).
Voir la ficheMaoneng
** À l’aube du pic des méga-blocs en Australie, Maoneng cristallise tout le paradoxe de la finance « transition » : des gigawattheures livrées sur le réseau, mais une chaîne de contrôle désormais tissée entre Hong Kong, Singapour et l’un des grands arsenaux maritimes fossiles mondiaux.
Voir la ficheStorblåliden Vind AB
À Piteå, six machines et près de 30 MW incarnent la bascule industrielle du nord suédois : on y produit de l’électricité sans combustible — mais aussi des recours contre des mâts plus hauts qu’un gratte-ciel, et une marge opérationnelle qui a plongé en 2024.
Voir la ficheLG Group
Le congloméral sud-coréen ne se résume pas à l’électroménager : LG Chem, LG Energy Solution (LGES) et LG Electronics portent tout le poids de la transition vers l’électrique — et elles rejouent désormais leurs lignes Nord-Américaines autour du stockage stationnaire.
Voir la ficheRaffinerie de Frontignan
Quarante ans après la fin du raffinage, l’ancienne raffinerie de Frontignan illustre le prix d’une reconversion : des dizaines de millions d’euros pour sortir des sols ce que l’industrie a laissé derrière elle, et un futur énergétique qui se joue sur des friches, pas sur des tours d’habitation.
Voir la ficheSuur-Savon sähkö
Le compte est bon sur le papier, il est douloureux dans l’actualité.
Voir la ficheHoechst
Le nom « Hoechst » évoque encore une marque de chimie allemande, un colorant enmicroscopie et une fusion du siècle dernier.
Voir la ficheCPI Northeast Power Co.
** Sous l’étiquette anglaise « CPI Northeast Power », il faut voir un opérateur d’État du Liaoning : dix gigawatts et des milliards de yuans d’actifs, coincé entre un parc encore massif en thermique et une stratégie SPIC qui martèle l’hydrogène vert.
Voir la ficheOittisen tila Oy
Quand une exploitation familiale pousse l’autoconsommation renouvelable jusqu’au cœur du bâtiment avicole, la comptabilité carbone devient un sport de haut niveau : les volumes d’énergie affichés sont impressionnants, mais le chiffre d’affaires dépend encore des cycles du broiler et des prix des intrants.
Voir la ficheAker Floating Production
Aker Floating Production désigne une filière historique du groupe norvégien Aker : flottiers de production (FPSO), née dans les années 2000, absorbée dans la holding pour sécuriser bilan et financement (proposition de fusion 2011).
Voir la ficheCông ty TNHH Điện lực AES - TKV
C’est bien elle : la raison sociale Công ty TNHH Điện lực AES - TKV n’est plus la dénomination courante : il s’agit, sans ambiguïté homonyme, de l’opérateur vietnamien de la centrale thermique Mong Duong 2 (Quang Ninh), désormais présentée comme Công ty TNHH Điện lực AES Mông Dương depuis le retrait explicite de « TKV » du nom en 2020 — même actif, même…
Voir la ficheSky Solar Ostrov
On cherche en vain un « storytelling » solaire dédié : Sky Solar Ostrov apparaît surtout dans les greffes, sous l’alias fréquent Solar Ostrov**, au cœur du Plzeňský kraj.
Voir la ficheMinistry of Economic Affairs
Taïwan pilote une île industrielle sous tension énergétique.
Voir la ficheArise Wind Farm 16 AB
Le nom « Wind Farm 16 » évoque un hangar technique ; derrière l’étiquette se cache surtout une véhicule de projet sans salarié déclaré, qui encaisse des revenus récurrents modestes tout en participant à une stratégie industrielle et financière bien plus massive du groupe Arise.
Voir la ficheWissol Petroleum
Filiale pétrolière d’un conglomérat qui se présente en « leader de l’énergie » sur son marché domestique, Wissol Petroleum incarne l’alliance d’un réseau de stations le plus dense du pays, d’importations massives de produits pétroliers et de procédures récurrentes en droit de la concurrence.
Voir la ficheE.ON
E.ON incarne la grande bascule des électriciens européens du XXIe siècle : sortir la production thermique hors du périmètre cœur, capitaliser sur les réseaux et la clientèle, et investir à la mesure de l’électrification.
Voir la ficheCaliza Solar, S.L.
Caliza Solar n’est pas une « start-up solaire » : c’est une société projet espagnole, casée dans la holding Titan 2020, rachetée à 100 % par le pétrolier Galp.
Voir la ficheOptera
Booster officiel de la comptabilité carbone pour entreprises ambitieuses, avec un soupçon d'optimisme numérique.
Voir la ficheNational Power Company Ukrenergo
Gestionnaire unique du transport électrique haute tension, la PJSC « National Power Company » Ukrenergo est le cœur technique de la synchronisation avec l’Europe.
Voir la ficheGCK Energy
Hydrogène et mobilité verte en plein essor, mais avec un sacré pari industriel au passage.
Voir la ficheEOS
Le nom « EOS » recèle des homonymes internationaux ; vous parlez de la EOS Holding SA lauzannoise : bras armé romand de la présence financière dans le réseau et la grande production d’État fédéré, où sa holding et ses filiales de parcs constituent un double pari : flexibilité des réseaux et industrialisation massive des Nouvelles énergies renouvelables hors…
Voir la ficheINICIATIVAS EOLICAS DE ALPERA S.L.
À Alpera, dans la province d’Albacete, une société à l’intitulé long comme une ligne à haute tension incarne la décarbonation espagnole au plus près du terrain — et du registre du commerce.
Voir la ficheAfrica Solar
Le nom « Africa Solar » fait office de leur commun sur un continent où le solaire explose — mais l’entreprise documentée ici, filiale de 3S Group, joue à Tunis une partie d’intégrateur et d’EPC sur un marché en tension fiscale et géopolitique des modules.
Voir la fiche