ZELUS
Derrière le cache « ZELUS / Autres énergies », ce n’est ni un insecte (Wikidata a livré un leurre), ni un concessionnaire français, ni un SaaS sportif à la mode : c’est une deeptech californienne qui veut imposer des batteries stationnaires zinc-manganèse sans emballement thermique.
À propos de ZELUS
1. Modèle économique
Zēlos Energy vise des systèmes BESS et des usages proches du backup : soutien du solaire et de l’éolien, secours réseau, environnements sensibles type data centers ou modules BBU (applications listées). Le chiffre d’affaires commercial à grande échelle n’est pas publié ; en revanche, la trajectoire est documentée par un financement public majeur : la CEC a accordé 1 747 721 $ au titre du contrat EPC-19-042-02 pour prototyper, tester et mettre à l’échelle la technologie (rapport final CEC-500-2025-038). En octobre 2024, le porteur indique avoir atteint les objectifs du programme (densité, cyclage, efficacité énergétique) selon ce même document. Pour l’industrialisation commerciale, l’entreprise anticipe des partenariats avec des contract manufacturers et une stratégie go-to-market ciblée (résumé institutionnel CEC). Dans une réponse consultative de 2024, elle escompte pouvoir livrer un BESS de 8 à 10 MWh dans les 18 mois suivants, avec une ambition de systèmes 200-400 MWh sur 3 à 6 ans (réponse Zelos au RFI LDES).
2. Impact réel
L’impact climat direct se juge au regard de ce que remplace le stockage : la CEC cadr le marché du backup comme dominé par le lithium-ion et des groupes diesel/essence, avec des externalités sécurité et CO₂ (page de synthèse du projet). La chimie zinc-manganèse alcaline mise sur une électrolyte aqueuse et l’absence d’emballement thermique comparé au lithium, argument central sur le site corporate (présentation Zēlos Energy). Côté performance « système », le rapport CEC retient une efficacité énergétique de 78 % à 82 % et une densité supérieure à 70 Wh/kg sur packs 12 V, avec des cyclages prolongés jusqu’à 700 cycles à 80 % de capacité dans ce format de démonstration (PDF CEC-500-2025-038). Dans le paysage français, les autorités de prospective insistent surtout sur le stockage lithium-ion déployé et sur le besoin de flexibilité complémentaire pour le mix (avis ADEME sur la flexibilité et le stockage) ; le zinc y apparaît comme piste technologique parmi d’autres, pas comme standard installé — ce qui relativise l’effet immédiat sur nos réseaux. Pour cadrer le rôle du stockage côté « culture énergie », Connaissance des énergies rappelle l’intérêt stratégique du stockage pour absorber l’intermittence, sans valider une chimie précise.
3. Innovations / partenariats
Le programme EPIC a fait passer la technologie d’une maturité type TRL 4 à 6, avec des cellules jusqu’à 120 Ah et des packs 12 V au-delà de 70 Wh/kg (résumé CEC). Sur le marché, la société met en avant des cellules cylindriques 18670 déjà produites et un passage futur aux formats prismatiques (site Zēlos). Institutionnellement, Zēlos s’est aussi positionnée dans le débat « Lithium Valley » de la CEC en plaidant pour que les minerais non-lithium (zinc, manganèse) entrent dans les futurs financements californiens (commentaires Zelos Energy).
4. Greenwashing / zones grises
Homonymie : confondre Zēlos Energy avec Zelusports (levée annoncée en 2025) ou le Groupe Zélus automobile en France (site du distributeur) fausserait toute lecture chiffrée ; ici, seuls les agrégats CEC concernent la deeptech californienne. Dépendance aux subventions et au marché réglementé : en 2025, le bilan technique repose encore sur une enveloppe de 1,75 M$ et sur un écosystème californien qui cristallise les critères d’éligibilité futurs (PDF CEC-500-2025-038). Compromis de performance : une efficacité entre 78 % et 82 % (même source) signifie des pertes non négligeables face aux meilleurs lithium-ion sur le papier — il faut donc mesurer les allégations « bas carbone » au bilan cycle de vie complet, non détaillé dans les extraits disponibles ici. Passage à l’échelle : la feuille de route 8-10 MWh puis 200-400 MWh est une ambition déclarative dans un RFI 2024, pas un carnet de commandes audité (document CEC e-filing).
5. Positionnement stratégique
Zēlos joue la carte sécurité intrinsèque et approvisionnement en matières abondantes pour se faufiler entre la domination du lithium et les contraintes géopolitiques des chaînes d’approvisionnement (site corporate. Son levier politique immédiat reste la California Energy Commission, qui transforme les objectifs climatiques de l’État en financement R&D puis en références techniques publiques (fiche projet). À l’échelle européenne, la logique est parallèle : sans flexibilité massive, les scénarios ‟ENR + pilotage” peinent — ce que traduit, côté France, le cadre analytique ADEME sur le stockage et la flexibilité (document janvier 2025).
Verdict WattsElse
Zēlos Energy est un contre-récit crédable du stockage stationnaire : la CEC a mis du budget et du papier officiel derrière une techno zinc, mais le saut industriel et la rentabilité hors subvention restent le test ultime — entre efficacité électrochimique honnête et promesse de gigawattheures encore à contractualiser.
Sources : zelos.energy · energy.ca.gov · energy.ca.gov · efiling.energy.ca.gov · zelos.energy · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · efiling.energy.ca.gov · globenewswire.com · zelus.fr
Données clés
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