AGROBIOMASSE
Petit bureau des Landes au nom évocateur de tout un continent agricole : Agrobiomasse incarne la France « autres énergies » comme prestataire de l’ombre — études, suivis d’installations, logiciels — là où les fermes deviennent centrales à gaz renouvelables.
À propos de AGROBIOMASSE
1. Modèle économique
La société Agrobiomasse est une SAS d’ingénierie et études techniques (code NAF 7112B), créée en décembre 2018, au siège de Thézé (Pyrénées-Atlantiques), avec un capital social de 5 000 € déclaré en source publique (fiche juridique). Son chiffre d’affaires et son effectif ne sont pas accessibles : les comptes déposés pour 2022, 2023 et 2024 le sont avec déclaration de confidentialité au titre de l’article L. 232-25 du Code de commerce — annonce BODACC du 8 août 2025 pour l’exercice clos au 31/12/2024 (même fiche). Le modèle est donc celui du cabinet spécialisé : honoraires d’études de faisabilité, d’assistance à maîtrise d’ouvrage et de suivi de performance sur des projets de valorisation de biomasse et de méthanisation, avec une tension classique à la taille modeste du capital et à l’opacité comptable volontaire.
2. Impact réel
Agrobiomasse ne publie pas de bilan carbone consolidé exploitable publiquement ; son impact climat est surtout indirect : fiabiliser le suivi technique, économique et environnemental d’unités de digestion pour alimenter les leçons de filière que l’État capitalise via l’outillage expert. Elle apparaît ainsi comme co-auteure, aux côtés de l’ADEME, Solagro et Apesa, du suivi de dix installations de méthanisation publié en 2020 (rapport ADEME) — une empreinte « connaissance » plus qu’MWh injectés. L’alignement avec les objectifs nationaux passe par ce rôle de mise en transparence des pratiques de la filière, en amont des cibles PPE et du biométhane dans le mix.
3. Innovations / partenariats
Sur sa fiche ATEE, l’entreprise met en avant des outils de gestion numériques et des logiciels open source pour la traçabilité et l’aide à la décision (profil ATEE) ; des références citées incluent des opérateurs type Methalayou, Sologne Agri Méthanisation, Methajoos. Côté sphère juridique, en novembre 2022, la SAS Agrobiomasse est devenue présidente de la société Infobiomasse (SIREN distinct), ce qui peut traduire une volonté de structurer l’offre autour de la donnée biomasse au-delà du seul conseil ponctuel (lien événement société.com). Aucune levée de fonds ni contrat public majeur identifié dans les sources ouvertes consultées pour ce dossier.
4. Greenwashing / zones grises
Le cœur du risque n’est pas une « étiquette verte » de façade mais le couplage filière–réglementation : depuis le 21 mai 2025, la directive RED (version RED III notamment pour la trajectoire à long terme) structure des audits, des certificats RED et des seuils de réduction des GES pour le biogaz et la biomasse ; l’administration rappelle par exemple pour la cogénération biogaz des exigences 70 % puis 80 % de réduction des émissions selon les volets RED II / RED III et les clauses grand-père (biométhane notamment jusqu’au 31 décembre 2030 sous conditions) (durabilité des bioénergies). Les bureaux d’études qui instrumentent la traçabilité sont en première ligne si la chaîne amont faiblit : la page ministérielle fixe aussi une date limite de déclaration au 15 mars 2026 pour la biomasse 2025, avec sanctions en cas de défaut (même source). Aucune affaire judiciaire ni condamnation portant le nom « Agrobiomasse » n’a été recensée dans les éléments publics utilisés ici.
5. Positionnement stratégique
La trajectoire de l’entreprise se lit dans la filière plutôt qu’en audience : la méthanisation agricole et le biométhane restent au centre des soutiens et des obligation d’achat, tandis que la granularité réglementaire (durabilité des intrants, Guarantees of Origin, CarbuRe, UDB) augmente le besoin de conseil technique et de données traçables. Agrobiomasse se positionne comme expert métier — visibilité institutionnelle via l’ADEME et l’ATEE — avec un bilan d’image confiné par la confidentialité des comptes : difficile pour un tiers d’évaluer sa marge ou sa résilience sans accès aux bilans déposés au greffe.
Verdict WattsElse
Cabinet tout petit sur le papier, lourd sur le papier réglementaire : Agrobiomasse tire sa crédibilité des suivis d’installations et de l’outillage de traçabilité, au moment où l’État serre les critères RED et les calendriers de déclaration. Le biogaz ne se joue plus seulement au digesteur : il se gagne au tableur — et au certificat.
Sources : societe.com · librairie.ademe.fr · atee.fr · ecologie.gouv.fr
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