Aktien-Gesellschaft der Dillinger Hüttenwerke ROGESA Roheisengesellschaft Saar mbH und Zentralkoker
Le nom recouvre le bloc amont du groupe SHS – Stahl-Holding-Saar : l’Aktiengesellschaft der Dillinger Hüttenwerke (acier à Dillingen), la ROGESA Roheisengesellschaft Saar mbH (fonte issue des hauts fourneaux, filiale 50/50 de Dillinger et Saarstahl) et la Zentralkokerei Saar (ZKS), qui fournit le coke exclusivement aux hauts fourneaux de ROGESA selon la…
À propos de Aktien-Gesellschaft der Dillinger Hüttenwerke ROGESA Roheisengesellschaft Saar mbH und Zentralkoker
1. Modèle économique
La ROGESA produit la fonte liquide consommée par Dillinger et Saarstahl ; la ZKS sécurise le coke de voie hauts fourneaux. Dillinger, lui, monetise surtout les tôles fortes et solutions associées : en 2024, le chiffre d’affaires de Dillinger retombe d’environ 12,5 % à 2 287 M€, avec un EBIT à 273 M€ et 3 600 salariés en fin d’exercice, détaille le résumé exécutif du rapport annuel 2024. Sur le volet fonte, la production ROGESA atteint 3 903 kt (+10,3 %), dans un marché où l’amont reste charbon/coke. En parallèle, les investissements portés sur les actifs ROGESA s’élèvent à 31,4 M€ en 2024 (même source). L’ensemble du groupe SHS se décrit volontiers comme employeur d’environ 13 000 personnes et acteur d’environ 5 Md€ de volume d’affaires dans les communications récentes du holding, auquel se rattachent aussi des sites hors Sarre (expositions France comprises).
2. Impact réel
Sur le bilan carbone actuel, les chiffres 2024 hausse de la fonte et 1 290 kt de coke produit par la ZKS parlent d’une route encore très fossilée avant bascule (résumé du rapport 2024). Le contrepoids annoncé est massif : les supervisions du groupe ont acté jusqu’à 3,5 Md€ d’investissement pour transformer la sidérurgie sarroise, avec un objectif affiché de jusqu’à 3,5 Mt/an d’acier bas CO₂ et 4,9 Mt de CO₂ en moins à l’échelle du projet, sous réserve du volet public, selon le communiqué sur les investissements record à 3,5 Md€. Côté trajectoire, le site Pure Steel / Power4Steel mentionne une réduction d’environ 55 % des émissions à l’horizon 2030 et une neutralité carbone visée vers 2045 en substituant progressivement les hauts fourneaux par une voie DRI + fours à arc ( présentation Power4Steel). Pour situer le tout dans le débat français sur les leviers DRI-H₂ / acier primaire, les travaux institutionnels sur l’acier restent utiles de comparaison interne sectorielle, par exemple le plan de transition sectoriel ADEME sur l’acier.
3. Innovations / partenariats
En octobre 2024, le groupe commande le cœur d’usine DRI MIDREX Flex (2 Mt/an) et deux fours à arc dans le cadre Power4Steel, étape qualifiée de « plus grand projet de décarbonation à l’échelle européenne » dans le communiqué français Dillinger. Sur le financement, un package de 1,7 Md€ est annoncé bouclé en 2025 auprès d’un consortium bancaire avec garanties d’agences de crédit (communiqué Dillinger sur le financement). En hydrogène, un accord d’au moins 6 000 t/an de H₂ vert est prévu à partir de 2029 pour dix ans, avec une ambition jusqu’à 120 000 t/an à terme, selon le communiqué Dillinger en français (version anglaise ici).
4. Greenwashing / zones grises
Le verrou public est le premier signal à mettre au bilan : la Commission a validé une aide allemande d’environ 2,6 Md€ au profit de Dillinger, Saarstahl et ROGESA pour la phase 1 de Power4Steel (dossier SA.105337, décision de non-objection au 19/12/2023), documenté dans la fiche d’aide d’État et commenté dans le communiqué de la Commission. Rapporté au programme d’investissement de 3,5 Md€ validé en gouvernance de groupe (communiqué sur les 3,5 Md€), l’aide couvre l’essentiel du ticket — autant d’avantage concurrentiel que de risque politique si les cadres budgétaires bougent. Ensuite, le premier contrat H₂ à ≥ 6 000 t/an laisse ouverte la question de la couverture face à une cible jusqu’à 120 000 t/an annoncée (communiqué hydrogène 2025). Enfin, la montée de la fonte en 2024 (+10,3 % à 3 903 kt) tranche avec le récit « vert » immédiat (rapport 2024), et les inspections IED de 2024 notent une déviation sur l’atelier convertisseur (BOF) « en cours de traitement » (même rapport) : ce n’est pas du greenwashing en soi, mais un rappel réglementaire dans une transformation très médiatisée. Côté social, un mouvement sur Dillinger France à Dunkerque autour des primes a été couvert en 2024 par la presse locale (Delta FM).
5. Positionnement stratégique
Power4Steel vise à ancrer la Sarre dans le acier primaire bas carbone européen, avec une industrialisation DRI + électrique pensée pour tenir le pas du CBAM / ETS et des exigences clients « vertes ». Le calendrier annoncé dans les supports du groupe et les étapes de financement 2025 montrent une accélération d’exécution après validation de l’aide (financement 1,7 Md€) et la hydrogénation commerciale commence à se contractualiser, même si l’échelle reste l’inconnue majeure. Dans la « Grande Région », l’enjeu est autant énergétique (volumes, prix, gaz / électricité / H₂) qu’acier : le dispositif ROGESA–ZKS–Dillinger en porte la charge industrielle jusqu’au basculement des capacités.
Verdict WattsElse
Perfusez trois milliards d’aide et de dette : la Sarre tient une ligne de production encore très « charbon aujourd’hui », qui ne devient crédible en « acier vert » que si l’hydrogène et l’électricité suivent à la hauteur des promesses chiffrées.
Sources : zentralkokerei.de · dillinger.de · stahl-holding-saar.de · en.saarstahl-rail.fr · en.pure-steel.com · librairie.ademe.fr · fr.dillinger.de · en.dillinger.de · fr.dillinger.de · en.dillinger.de · competition-cases.ec.europa.eu · ec.europa.eu · deltafm.fr
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