Aldwych International Ltd
La société britannique fondée en 2004 sous le nom d’Aldwych International Ltd ne vend pas du courant à Shepherd’s Bush : elle pilote, depuis la City, un portefeuille d’actifs de production en Afrique subsaharienne.
À propos de Aldwych International Ltd
1. Modèle économique
L’entité immatriculée au Registre des sociétés britannique sous le numéro 05265484 — anciennement ALDWYCH INTERNATIONAL LTD jusqu’au renommage opéré au printemps 2021 (communiqué de groupe) — fonctionne comme véhicule de développement et de détention au sein du groupe désormais commercialisé sous la marque Anergi. Selon la présentation officielle, le groupe est détenu par Harith InfraCo Ltd et le Pan-African Infrastructure Development Fund 2 (PAIDF‑2), géré par Harith General Partners (page « About us »).
Les revenus viennent essentiellement des contrats d’achat d’électricité, tarifs réglementés ou conventions avec des acheteurs souvent étatiques, via des centrales indépendantes (IPP) détenues ou co-détenues dans plusieurs pays. Le groupe revendique une capacité brute de l’ordre de plus de 1,4 GW et une base clients agrégée à 23 millions de personnes dans son tout premier rapport d’impact développement (rapport 2023, PDF téléchargeable sur le même site). Pour la coque juridique londonienne, le détail du chiffre d’affaires consolidé n’est pas synthétisé dans les extraits publics consultés ici : il faudrait descendre aux comptes déposés sur Companies House pour des montants audités par exercice.
2. Impact réel
Sur le plan physique, le bilan est mixte par nature : le même rapport mentionne environ 1 421 MW cumulés de thermique et renouvelable, avec des actifs emblématiques comme le parc éolien du lac Turkana au Kenya (310 MW, présenté comme fournissant une part très significative de la capacité nationale — voir le dossier Norfund / LTWP : annonce Anergi 2023), la centrale Azura‑Edo au Nigeria (461 MW au gaz, cycle ouvert), mais aussi des thermiques au Kenya et en Afrique du Sud (PDF du rapport d’impact).
La partie « transition » est réelle mais partielle : des projets solaires sont mis en avant (Djermaya au Tchad, Khoumagueli en Guinée dans les communications du groupe), mais ils coexistent avec une masse critique de gaz et charbon. Vu le périmètre hors Union européenne, les livrables français type PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) ou les outils de l’ADEME ne s’appliquent pas mécaniquement ; ils servent surtout de repère comparatif pour un lecteur français sur ce que peut « coûter » climatiquement un GW gaz versus vent ou PV.
3. Innovations / partenariats
Au-delà des inaugurables habituels, le groupe a amplifié sa présence sur les EnR en densifiant son exposition au plus grand éolien continental via le rachat des parts de Norfund dans Lake Turkana Wind Power (annoncerachat). Côté nouvelles signatures récentes, une orientation gaz liquefié apparaît nettement : accord annoncé en 2025 autour d’un projet de terminal GNL en Sierra Leone avec des partenaires américains (note de groupe), ce qui structure une nouvelle dépendance aux chaînes d’approvisionnement fossilères alors même que la narration groupe insiste sur les renouvelables.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque de double langage tient à cet écart : valoriser les gigawatts vents et solaires tout en ancrant la stratégie dans le gaz (Azura, orientation GNL). Ce n’est pas une opinion : la ligne éditoriale « climat » se heurte à des controvurses juridiques et sociales documentées.
Au Kenya, la juridiction environnementale et foncière de Meru a, dans un développement suivi par la société civile, jugé irréguliers et illégaux les titres sur une emprise foncière majeure du projet Turkana — avec une procédure toujours suivie par les défenseurs des droits des peuples autochtones (IWGIA, 2023). Au Nigeria, la presse spécialisée a relaté une escalade autour des paiements étatiques liés à Azura, avec une menace explicite de mobiliser les garanties de la Banque mondiale face à des impayés mensuals évoqués à 30 millions de dollars (TheCable, automne 2024). Une littérature académique récente analyse par ailleurs la persistance des conflits avec les communautés Turkana et Rendille autour de la distribution locale des bénéfices et de l’accès à l’électricité produite (article *World Development*, 2025).
5. Positionnement stratégique
Anergi capitalise sur un créneau structurel : combler le déficit énergétique d’un continent où la demande croît plus vite que les réseaux, un enjeu rappelé régulièrement dans la presse économique africaine francophone et anglophone — sans lien direct avec le groupe, une brève sur l’attente des jeunes en matière d’accès à l’électricité illustre ce cadre (Connaissance des Énergies). La stratégie affichée combine renouvelables signature et souveraineté énergétique nationale, mais expose le groupe à deux magnétiques adversaires : les tribunaux fonciers et la trésorerie des États acheteurs.
Verdict WattsElse
Anergi est la traduction industrielle d’une transition à géométrie variable : gigawatts verts vitrine, gigawatts fossiles pour encaisser du cash-flow… tant que l’État paie. Londres signe les dossiers ; Nairobi, Abuja ou Freetown portent le risque.
Sources : find-and-update.company-information.service.gov.uk · anergigroup.com · anergigroup.com · anergigroup.com · anergigroup.com · anergigroup.com · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · anergigroup.com · iwgia.org · thecable.ng · ideas.repec.org · connaissancedesenergies.org
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