Almeyda SpA
Almeyda SpA n’est pas un « grand nom » en bourse : c’est une coquille opérationnelle derrière un actif de 62 MWp qui, dans le désert d’Atacama, incarne la rencontre entre électricité renouvelable et chaîne d’approvisionnement minière via l’ENAMI.
À propos de Almeyda SpA
1. Modèle économique
Almeyda Solar SpA est identifiée comme filiale à 100 % d’Acciona, avec le RUT 76.578.959-1 (profil BNamericas). Le modèle est celui d’une SPV : investir, construire, exploiter une centrale et monétiser la production par contrat long terme. La fiche projet d’Acciona indique 62 MWp (puissance crête) pour 54,2 MW nominaux, ~167,5 GWh/an et un PPA avec l’ENAMI (fiche projet Almeyda). Les revenus dépendent donc à la fois de la tenue du contrat avec l’entreprise nationale minière et de la capacité du SIC à absorber la production — un double levier de risque typique des photovoltaïques nordiques du pays. Chiffre d’affaires ou résultat publié au seul nom d’Almeyda SpA : non retrouvé dans les sources ouvertes consultées ; l’actif se lit surtout à travers la consolidée d’Acciona Energía et les indicateurs pays (Chili) des comptes annuels (comptes consolidés 2024, PDF). Côté emploi, Acciona évoque jusqu’à 350 emplois en construction et ~15 en exploitation pour la centrale (fiche projet Almeyda).
2. Impact réel
Sur le territoire, la centrale couvre 150 hectares entre Chañaral et Diego de Almagro et compte 187 620 modules sur trackers horizontaux (fiche projet Almeyda ; fiche GEM). L’injection se fait sur le SIC via la sous-station Cumbres (fiche GEM). Le bilan carbone « évité » annoncé par le promoteur — ~162 000 tonnes de CO₂ par an par rapport au charbon — est un contre-factuel de communication utile pour l’ordre de grandeur, pas une mesure d’impact additionnel certifiée au sens CSRD européen (fiche projet Almeyda). Pour un lecteur français, l’intérêt n’est pas l’alignement PPE/ADEME — le site est hors Union européenne — mais la décarbonation relative de l’électricité consommée par un opérateur minier public, dans un pays où le raccordement et le mercado façonnent autant l’impact réel que la taille des panneaux.
3. Innovations / partenariats
Le partenariat structurant reste le volant ENAMI : Acciona a annoncé couvrir 100 % de la consommation électrique de l’ENAMI avec des renouvelables d’ici une échéance de calendrier publiée (communiqué Acciona – ENAMI). Techniquement, l’« innovation » est surtout industrielle (échelle, trackers, intégration réseau) plutôt que brevetable au sens start-up. Sur la qualité d’exploitation, la presse spécialisée a relayé des audits internes Q4 où des centrales Acciona au Chili obtiennent des scores élevés de maintenance — signal opérationnel, à interpréter comme indicateur de discipline d’exploitant, pas comme label citoyen (PV Magazine Latam).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal écart entre discours « 100 % renouvelable » et physique du système tient au curtailment : le Chili a enregistré ~5,9 TWh d’énergie solaire et éolienne non injectée en 2024 (PV Tech, janvier 2025), puis une dynamique voisine de 6 TWh en 2025 selon les comptages sectoriels relayés par la presse technique — avec un rôle limitateur des batteries sur la pente d’augmentation (PV Tech, 2026). Pour une centrale comme Almeyda, située dans le nord photovoltaïque, cela se traduit par un risque économique (production réservée ou prix spot dégradés) plus que par un simple slogan RSE ; la littérature d’analyse le formule comme enjeu de réseau et de « cannibalisation » des prix (Ember). Tension sociale documentée : en mars 2026, la presse régionale rapporte le rejet par le Tribunal ambiental d’un recours de la comunidad Colla — dans une procédure portant sur un autre projet solaire atacamén (la chaîne de titre vise Inca de Varas I, pas Almeyda), mais révélatrice des contestations sur consultation et territoires de pâturage (SoyChile). Ce n’est pas une condamnation « ESG » d’Almeyda : c’est un contrepoint territorial à la comptabilité carbone de la filière.
5. Positionnement stratégique
Almeyda s’inscrit dans la stratégie Acciona au Chili : actif opérationnel depuis fin 2019, raccordé au SIC, calibré pour un client minier public (lancement construction ; fiche projet). Le signal sectoriel dominant pour la suite n’est pas un nouveau module, mais la compétition pour l’accès réseau et le couplage stockage — là où le système chilien distingue désormais les producteurs capables de déplacer l’énergie de ceux qui subissent le plafond physique des lignes (PV Tech, 2026).
Verdict WattsElse
Almeyda SpA, sur le papier, est une success story de solaire utilitaire et de PPA minière ; dans le SIC, c’est surtout une puce sur une carte trop étroite — production et légitimité locale se jouent désormais hors du simple comptage des Wc.
Sources : bnamericas.com · acciona.com · acciona-energia.com · gem.wiki · acciona.com · pv-magazine-latam.com · pv-tech.org · pv-tech.org · ember-energy.org · soychile.cl · acciona.com
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