Aluminium Bahrain BSC
Alba est d’abord un géant de l’aluminium, mais son marché énergie-climat se joue surtout sur ses turbines : à Bahreïn, l’usine avale de l’électricité comme une ville.
À propos de Aluminium Bahrain BSC
1. Modèle économique
Alba tire l’essentiel de sa valeur du métal primaire livré à l’export, avec un volume annuel de l’ordre de 1,62 million de tonnes de production nette finie déclaré pour 2025, dans un environnement de prix LME moyen monté à 2 630 $/t contre 2 252 $/t en 2024 (résultats 2025). Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 4,73 Md$, un bénéfice net d’environ 581,6 M$ (+18,5 %) et une masse salariale d’environ 3 132 personnes, avec une forte part de recrutements nationaux (résultats 2025, facts & figures). La gouvernance actionnariale et la politique de dividende (proposition record à 43,51 fils par action pour 2025) ancrent le modèle dans la distribution aux actionnaires autant que dans la réinvestissement industriel (résultats 2025). Côté intrants, un accord gaz de 10 ans avec Bapco Energies, avec un volet à 4 $/MMBtu sur cinq ans, conditionne la compétitivité énergétique affichée dès 2024 (contrat gaz).
2. Impact réel
Le parc électrique captif est au centre du bilan carbone : la mise en service du bloc 4 de la centrale PS5 (cycle combiné 680,9 MW) fin 2024 porte la capacité électrique totale vue par l’entreprise à 2 481 MW et est présentée comme permettant de réduire l’intensité d’émissions de 0,5 tCO₂ par tonne d’aluminium (extension PS5, synthèse rapport centrales 2024). Reste que l’architecture reste thermique au gaz : l’outil « transition » est ici surtout d’efficacité et de modernisation de turbine, pas de bascule vers un mix zéro émission. Le groupe affiche un objectif Net Zero 2060 aligné sur Bahreïn et met en avant une baisse de 70 % des NOx après l’installation de brûleurs basse émission (rapport RSE 2024). Pour le cadrage français, l’ADEME insiste sur le poids du mix électrique dans l’empreinte d’une électrolyse : ce qui est « vert » à l’échelle européenne peut rester « chaud » lorsque la fonderie dépend d’un gaz national massivement mobilisé.
3. Innovations / partenariats
Sur le produit, Alba pousse une gamme EternAl™ revendiquant 15 % à 30 % de métal recyclé dans certaines gammes, avec une communication certification (dont EternAl™-30) (lancement EternAl™). Sur la fin de vie / boucle matière, la coentreprise Alba-Daiki Sustainable Solutions (70 % Alba) vise une opération de traitement des scories en 2026 (JV Alba-Daiki). Côté diversification du mix, le message du président en 2025 évoque l’achèvement prévu d’une ferme solaire interne pour réduire l’empreinte, sans que les part chiffrée publique et le facteur de charge soient détaillés dans l’extrait accessible du message stratégique (message du président). L’échec des discussions de fusion avec le saoudien Ma’aden en janvier 2025 a retiré une option de consolidation géante régionale (Bloomberg).
4. Greenwashing / zones grises
La principale tension n’est pas rhétorique : elle tient au verrou gaz du modèle bahreïni et au risque que les achats européens ne pardonnent pas l’écart entre promesse « bas carbone » et trajectoire d’électricité fossile. La presse régionale estimait en octobre 2024 qu’environ un tiers de la production d’aluminium du Golfe est exposée aux marchés UE / États-Unis alors que les taxes carbone aux frontières se durcissent (The National) ; une analyse académique récente souligne par ailleurs que Bahreïn figure parmi les économies du Conseil de coopération du Golfe les plus exposées au CBAM (analyse ORF). Le prix administré du gaz via l’accord Bapco (4 $/MMBtu sur la première moitié de la décennie du contrat) alimente la marge court terme mais fragilise la « légitimité climatique » du coût marginal vue de Bruxelles (contrat gaz).
5. Positionnement stratégique
Alba joue la carte cash-flow (FCF ~765 M$ et capitaux propres ~5,54 Md$ fin 2025) pour financer à la fois dividendes records et une trajectoire industrielle encore très thermique (résultats 2025). Son avantage concurrentiel régional repose sur l’énergie abondante et pilotable ; son avenir « vert » dépendra du scope 2 que verront les importateurs européens, alors même que le smelter améliore le rendement kWh / tonne. Le Q4 2025 décrit comme exceptionnel (~289 M$ de profit, +193 % sur un an) illustre la volatilité des marges métal × énergie × change (résultats 2025).
Verdict WattsElse
Alba est un producteur d’électricité avant la lettre : 2,5 GW de gaz qui dessinent la couleur du métal. Tant que l’Europe paiera le scope 2 au compteur du réseau et non au slogan EternAl™, la turbine primerait sur la marque.
Sources : albasmelter.com · albasmelter.com · zawya.com · albasmelter.com · albasmelter.com · albasmelter.com · librairie.ademe.fr · albasmelter.com · albasmelter.com · albasmelter.com · bloomberg.com · thenational.ae · orfme.org
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