Énergies renouvelables

Apamate Solar

Apamate Solar n’est pas une « star » médiatique du PV européen : c’est une société projet espagnole qui porte une centrale au sol de cinquante mégawatts dans une province où le déploiement solaire à grande échelle frictionne avec les terres agricoles et la biodiversité.

« Cinquante mégawatts Ignis sous le ciel crispé de Castille »

À propos de Apamate Solar

1. Modèle économique

Apamate Solar agit comme véhicule de promotion et d’exploitation d’une centrale photovoltaïque au sol d’environ 50 MWp (47,16 MW en nominal alternatif selon les données administratives), aux confins des communes de Becerril de Campos et Paredes de Nava (province de Palencia, Castille-et-León). Les comptes consolidés publiquement disponibles sont ceux de la maison mère Ignis : selon son rapport de durabilité 2024, le groupe affiche 217,6 M€ de chiffre d’affaires en 2024 (+22,4 % vs 2023), un résultat net de 42,3 M€ et une dette financière nette de 215,9 M€ au 31 décembre 2024 ; il revendique aussi plus de 1 560 GWh/an sécurisés par contrats PPA long terme et une équipe d’environ 550 personnes dans 10 pays. Expansion et les bases sectorielles identifient Apamate Solar SL comme structure du périmètre Ignis ; les marges propres au projet Apamate ne sont pas isolées dans une documentation retrouvée à ce jour.

2. Impact réel

Une fois construite et reliée au réseau, une installation de cette taille peut contribuer localement au remplacement du fossile sur le mix espagnol — parmi les plus enrichis en renouvelables d’Europe — et au respect des trajectoires européennes de décarbonation, même si aucune quantification officielle « CO₂ évité » dédiée à Apamate n’a été trouvée dans les sources consultées. Sur le plan matériel, le bulletin officiel castillan décrit une configuration avec 126 126 modules de 395 Wp et 14 onduleurs de 3 425 kVA, soit une industrialisation au sol dense typique du segment « utility-scale ». Dans la province, Palencia en la Red rapporte un programme agrégé Ignis de 418 MW pour neuf parcs et 204 M€ d’investissement annoncés : Apamate en est une pièce, pas l’ensemble du tableau régional.

3. Innovations / partenariats

Les dossiers administratifs disponibles mettent en avant une ingénierie PV classique à très grande échelle et une logique de mutualisation des lignes d’évacuation avec d’autres installations voisines — une organisation réseau plus qu’un saut technologique spectaculaire (BOCYL juin 2023). Côté groupe, Ignis capitalise sur un pipeline mondial cité à plus de 33 GW, dont 19,4 GW en Espagne (rapport de durabilité 2024), et sur une stratégie commerciale PPA-centric ; aucune annonce récente de coentreprise ou de brevet spécifique à « Apamate » n’a été identifiée dans la presse généraliste ou spécialisée fouillée pour cette fiche.

4. Greenwashing / zones grises

Le principal angle critique — documenté — est spatial et procédural, pas une étiquette « greenwashing » directement accolée au projet dans les sources citées. En janvier 2024, Cadena SER relève des recours contre des macro-parcs solaires dans le nord palentin où les plaignants invoquent un risque de « fraud de loi » par morcellement de plusieurs projets et contestent l’intérêt public d’opérations présentées comme fragmentées ; ce cadre nourrit la défiance vis-à-vis des implantations massives voisines, y compris celles impulsées par des grands développeurs. Par ailleurs, en novembre 2024, SEO/BirdLife salue le rejet ministériel du parc éolien Las Viñas (Palencia/Burgos), au motif d’un impact élevé sur au moins 29 espèces d’oiseaux protégés — un rappel que, dans le même couloir territorial, l’autorité environnementale peut refuser des projets EnR jugés cumulatifment trop lourds. Aucune condamnation pénale ni sanction administrative spécifique à Apamate Solar SL n’apparaît dans le périmètre vérifié ici ; la zone grise tient à l’acceptabilité paysagère et écologique du cluster palentin plus qu’à un billet vert marketing.

5. Positionnement stratégique

Pour Ignis, Apamate s’inscrit dans une rampe de volume ibérique et dans une course aux GW où la valeur se joue sur permis, raccordements et prix longs plus que sur la notoriété de marque. Le volet juridique progresse : la procédure d’utilité publique associée au dossier est suivie dans la chaîne des bulletins provinciaux, avec une publication de suivi en septembre 2025 dans le BOP de la députation de Palencia (document à consulter pour le détail procédural exact). Au regard de Global Energy Monitor, le site restait en pré-construction en 2024 : le prochain acte décisif sera chantier et mise en service, sous le regard des opposants déjà mobilisés sur la province.

Verdict WattsElse

Apamate Solar condense la promesse industrielle du solaire espagnol — cinquante mégawatts de puissance « bankable » — et le prix politique du déploiement : accélérer le renouvelable sur des terres où la contestation judiciaire et l’exigence de biodiversité se durcissent. À Palencia, le gigawatt se gagne désormais autant au tribunal qu’au capteur.

Sources : gem.wiki · ignis.es · expansion.com · bocyl.jcyl.es · palenciaenlared.es · cadenaser.com · seo.org · diputaciondepalencia.es

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