Ashuganj Power Station Company Limited
Producteur électrique public né en 2000 et ancré dans le quartier administratif du Paltan à Dhaka, l’Ashuganj Power Station Company Limited n’est pas un opérateur pétrolier classique : c’est une véhicule d’État bangladaise sous l’égide du Bangladesh Power Development Board, dont les turbines puisent quasi exclusivement dans le gaz national.
À propos de Ashuganj Power Station Company Limited
1. Modèle économique
APSCL fonctionne comme producteur-en-gros dépendant d’un acheteur unique, le BPDB : elle vend de l’électricité thermique gaz, amortit des infrastructures coûteuses et rembourse des prêts garantis. La publicité officielle passe par apscl.gov.bd et une interface recrutement sur Teletalk. Le parc rapporté dans la presse spécialisée converge vers 1 647 MW répartis sur six centrales au gaz, avec une exposition significative aux cycles combinés nord et sud : Bonik Barta. La structure de dette a basculé : 53,6 milliards de taka au 30 juin 2025, dont 46,03 milliards à l’étranger (écrans Hermes, K-Sure évoqués dans le même article), le reste en emprunt public : Bonik Barta. Les chiffres d’affaires consolidés récents ne sont pas restitués clairement dans les synthèses accessibles depuis l’Europe ; selon les éléments disponibles, l’évaluation passe donc par les indicateurs de dette, liquidité et encours d’impayés plutôt que par un compte de résultat grand public.
2. Impact réel
Le mix est 100 % fossile gaz du point de vue de la filière : chaque mégawatt produit des émissions de scope 1 liées à la combustion. La modernisation des blocs 450 MW prétend un rendement thermique d’environ 57,99 % face à ~35 % sur l’ancienne génération, et une réduction théorique de 795 884 t de CO₂ par an par rapport au scénario remplacé : Energy Transition BD (North). L’unité sud annonce 359 MW nets et une mise en service commerciale en juillet 2016 : Energy Transition BD (South). Pour le lecteur français, le gain d’efficacité rappelle l’écart classique entre cycle combiné et turbine à gaz seule : moins de gaz brûlé par kWh, mais aucune neutralité carbone sans captation ou changement de combustible. En pratique, 400 MW restent à l’arrêt faute d’approvisionnement gaz, ce qui déplace l’impact vers des coupures et du recours à d’autres moyens sur le réseau national.
3. Innovations / partenariats
Les tours DFG signent la technologie occidentale associée à des financements structurés : la fiche MIGA décrit un site d’environ 311 acres près de la Meghna, des garanties multilatérales sur des investissements bancaires et un consortium TSK / Inelectra pour l’ingénierie. Côté marchés des capitaux, APSCL a fixé un coupon annuel de 10,5 % (versements semestriels de 5,25 %) pour une période couverte en début d’année 2025 : The Business Standard. En parallèle, la Bourse de Dhaka explore la cotation de l’entreprise, signal d’une volonté d’élargir les financements au-delà du budget de l’État.
4. Greenwashing / zones grises
Le discours « vert » repose sur l’efficacité et la baisse relative de CO₂ ; il efface la nature fossile du combustible et la vulnérabilité du réseau. En mars 2026, deux groupes (East et North) soit 570 MW ont été coupés après une faille sur la liaison Ashuganj–Bhulta : The Daily Star. Sur la gouvernance, l’Inspection du ministère bangladais du Plan fait état d’environ 1,49 milliard de taka de fonds publics non retracés dans le volet foncier du projet thermique de Patuakhali, clos en septembre 2021 avec travaux incomplets : ligne à tenir contre toute narration purement technique. Ajoutez l’encours d’impayés BPDB chronique et la liquidation forcée des dépôts bancaires pour payer le courant : Bonik Barta – le risque n’est pas seulement climatique, il est budgétaire et systémique.
5. Positionnement stratégique
APSCL incarne le parc gaz ultra-central dont le Bangladesh dépend encore pour sécuriser la demande industrielle ; elle est aussi le baromètre des tensions entre Pétrobangla, BPDB et réseau de transport. Sa trajectoire se joue à l’intersection de deux urgences : maintenir la prod malgré la pénurie de gaz, et honorer des créanciers étrangers alors que la réserve bancaire pour échéances n’atteindrait que 165,1 millions de taka pour 1,31 milliard exigé au 30 juin 2025 : Bonik Barta. Aucun alignement CSRD ou PPE3 ne s’applique directement à cette société ; en revanche, les objectifs européens de sortie progressive du fossile servent de repère asymétrique : même « efficace », un GW gaz reste une claie carbone.
Verdict WattsElse
APSCL n’est ni une start-up verte ni un géant du baril ; c’est un méga-producteur gazéifié accroché à un acheteur public insolvable, dont la modernisation ralentit les émissions relatives mais n’abolit pas le CO₂. Tant que le réseau et les paiements BPDB lâchent, les MW ne paieront pas la dette — et la bonne volonté comptable ne remplacera pas le gaz dans la conduite.
Sources : en.wikipedia.org · en.bonikbarta.com · dailymessenger.net · apscl.gov.bd · apscl.teletalk.com.bd · energytransitionbd.org · energytransitionbd.org · connaissancedesenergies.org · miga.org · tbsnews.net · publisher.tbsnews.net · thedailystar.net · thefinancialexpress.com.bd
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