Énergies renouvelables

Bigadan

Siege au Danemark, vocale sur l’« énergie circulaire », Bigadan incarne cette génération d’acteurs industriels qui transforment déchets organiques et effluents en biogaz, biométhane et coproduits agricoles.

« Le biogaz danois qui veut faire du carbone une deuxième ligne de revenus »

À propos de Bigadan

1. Modèle économique

Bigadan développe des chaînes « bout en bout » : conception, construction, puis souvent exploitation et propriété des unités ; la biomasse industrielle ou agricole, la gestion de flux résiduaires et la vente du gaz (dont pour le transport lourd sous forme bioGNV) constituent le cœur du chiffre d’affaires, dans une logique d’EPC et d’O&M à l’échelle européenne, selon la présentation de la filière française référencée par l’ATEE pour Bigadan France.

Sur la maison mère Bigadan A/S (CVR 25191153, Skanderborg), les comptes publics 2024 font état d’un chiffre d’affaires net d’environ 207,7 millions de couronnes danoises et d’un résultat annuel d’environ 20,4 millions DKK, avec une marge brute d’environ 58 millions DKK (profil financier agrégé) ; la presse agricole danoise relève une baisse marquée du CA par rapport à 2023 tout en qualifiant le résultat de « satisfaisant » du point de vue de la direction (LandbrugsAvisen, 1ᵉʳ juillet 2025). L’effectif consolidé au niveau société reste modeste (ordre de quelques dizaines de salariés sur l’entité légale danoise, selon les mêmes bases publiques) : le modèle repose fortement sur sous-traitance, partenariats EPC et effet d’échelle multi-sites.

2. Impact réel

L’impact climat escompté tient au remplacement de gaz fossile et à la gestion locale de matières organiques fermentescibles ; en parallèle, le biogaz agricultural et industriel soulève les classiques arbitrages agronomiques et atmosphériques (ammoniac, odeurs, transport de lisier) dont l’ADEME rappelle le cadre dans ses fiches sur la méthanisation. Aucun inventaire CO₂ évité consolidé Bigadan validé dans des sources françaises type ADEME n’a été trouvé pour cette fiche ; l’ordre de grandeur sectoriel reste celui d’une filière utile à la flexibilité du système énergétique européen si les intrants restent réellement « résiduels » et les émissions de chaîne maîtrisées.

3. Innovations / partenariats

Le groupe positionne la capture et valorisation du CO₂ sur crédits carbone comme levier de croissance : la presse économique danoise décrit un soutien de l’ordre de 27 millions DKK via le volet NECCS de l’État, avec une obligation de stocker 90 % de 175 000 tonnes de CO₂ d’ici 2032 sous peine de pénalités (Børsen, article sur le marché des crédits carbone). Côté industrie, le rachat de la part d’Ørsted sur le site de Kalundborg Bioenergi en 2019 illustre la consolidation autour d’actifs clés (communiqué Ørsted). En France, des chantiers type Villeneuve-sur-Lot ont mis en scène des montages multi-acteurs (presse locale évoquant la présence de spécialistes danois aux côtés d’autres industriels) (Sud Ouest).

4. Greenwashing / zones grises

Le marché des compensations dans lequel Bigadan s’engage est explicitement qualifié de « controversé » par la presse spécialisée, qui cite en parallèle des cas de projets carbone discutés ailleurs pour rappeler le risque de crédits peu additionnels (Børsen) : la tension n’est pas une opinion WattsElse, mais un signal de marché documenté. Sur le plan territorial, des riverains estiment qu’un projet d’extension ne respecte pas la recommandation d’au moins 300 mètres des habitations du ministère de l’Environnement danois, un site étant évoqué à environ 140 mètres seulement (TV2 Bornholm). Le traitement médiatique du site de Kalundborg a par ailleurs porté sur des nuisances olfactives et des filtres ajoutés après plaintes (Energy Supply DK). Rapports CSRD détaillés spécifiques à Bigadan : non localisés dans l’open data consulté ; l’entreprise reste avant tout une PME/industrie réglementée par son droit national.

5. Positionnement stratégique

L’entrée d’Arjun Infrastructure Partners au capital de Bigadan Holding sous contrôle exclusif — homologuée par les autorités danoises de la concurrence en novembre 2024 (Kfst) — traduit une industrialisation financée par l’infra : biométhane, stations de gaz et désormais CCUS comme produits adjacents au cœur biogaz. Le site corporate promet plus de quarante ans d’expérience sur la valorisation énergétique de flux organiques (page d’accueil Bigadan). Pour un lecteur français, la présence via Bigadan France (fiche ATEE) reste la porte d’entrée sur un marché où la méthanisation est encadrée par la planification nationale des EnR — le volet méthanisation de la démarche ADEME donne le benchmark d’acceptabilité attendu, au-delà des slides « circulaires ».

Verdict WattsElse

Bigadan sait tirer parti de la double promesse industrielle du biogaz — déchet local, molécule verte — mais son avenir se jouera là où les compteurs croisent les comptages : stockage CO₂ contractualisé jusqu’en 2032, distances et odeurs qui se mesurent au mètre près face aux habitations.

Sources : kfst.dk · tv2bornholm.dk · atee.fr · proff.dk · landbrugsavisen.dk · agirpourlatransition.ademe.fr · borsen.dk · orsted.dk · sudouest.fr · energy-supply.dk · bigadan.com

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