Branch of OJSC "Ilim Group" in Koryazhma
Le label « énergies renouvelables » colle mal à ce que documente l’open data : la branche de l’OJSC Ilim Group à Koryazhma (oblast d’Arkhangelsk, Russie) est un pôle pâte‑papier et filière bois, pas un producteur d’électricité « verte » au sens de la PPE européenne.
À propos de Branch of OJSC "Ilim Group" in Koryazhma
1. Modèle économique
Le site Koryazhma Mill revendique plus de 1,3 million de tonnes de produits finis par an, une unité forestière qui récolte 2,39 millions de m³ de bois et donne du travail à environ 3 000 personnes — ordre de grandeur publié par Ilim sur la fiche actif. La logique est celle d’une intégration verticale : récolte, pâte, papier et produits dérivés, avec une part marquée de l’export dans le mix groupe : la presse économique cite jusqu’à 70 % de la production exportée, dont une moitié vers la Chine, au niveau consolidé du groupe (Interfax). Les comptes 2024 du groupe Ilim font état d’un chiffre d’affaires de 207,08 milliards de roubles (+12 %) et d’un résultat net de 15,2 milliards (−12,5 %, avec un facteur de change mis en avant) (Interfax) ; en 2025, des synthèses sectorielles évoquent une perte nette de 16,5 milliards de roubles et un CA en léger repli (TAdviser)). La branche de Koryazhma n’est pas isolée de cette dynamique : elle est au cœur du programme d’investissements « Big Koryazhma », auquel le groupe attache plus de 341 milliards de roubles cumulés sur 2010‑2024 (investissements Ilim).
2. Impact réel
L’impact climat d’une telle usine se lit d’abord dans la fosse carbone/biomasse : matière biosourcée en amont, mais procédés chimiques, vapeur et logistique lourde en aval. Ilim met en avant des volumes de reboisement (par ex. 9 825,5 ha en régénération naturelle et 741,5 ha en plantation artificielle, chiffres portés sur la fiche Koryazhma) et la couverture de certifications forestières sur des superficies de l’ordre de 2 millions d’hectares au niveau groupe (Koryazhma Mill). Côté énergie sur site, les bases de données industrielles décrivent une cogénération d’environ 305 MW alimentée au gaz naturel (profil centrale Koryazhma) : la part « renouvelable » se situe plutôt dans la valorisation des résidus ligneux et la stratégie forestière qu’une facture électrique 100 % EnR. Aucune fiche ADEME, article PPE3 ou synthèse « Connaissance des Énergies » consacrée spécifiquement à cette filiale n’a été identifiée dans les recherches menées ici : le cadre français ne s’applique pas, et la transposition chiffrée au droit européen reste donc non documentée pour cette entité.
3. Innovations / partenariats
La « modernisation visible » du site passe par des virages produits : conversion de la machine PM5 vers 70 000 t/an de papier kraft non blanchi, avec revendication de traçabilité FSC/PEFC sur la fibre (communiqué Ilim). Les grands programmes d’ingénierie bois (déchiquetage, presses à écorce, etc.) illustrés par des fournisseurs comme Andritz vont dans le sens d’une meilleure valorisation énergétique des résidus (commande Andritz pour Koryazhma). Parallèlement, le lancement de la marque propre « Ilim » sur le papier bureau confirme une stratégie de verticalisation de la marque après la sortie d’International Paper (Interfax), avec des volumes annoncés sur le segment bureau en complément d’environ 350 000 t/an de papier blanc sur le site.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le sloganeering marketing : il est procédural et massif en roubles. En 2026, la presse régionale décrit une procédure de Rosprirodnadzor visant le recouvrement de 843 millions de roubles (principal et pénalités) au titre d’impacts environnementaux 2024 (IRCity). En 2025, des comptes rendus s’appuyant sur le travail de la Cour des comptes de la Fédération de Russie font état d’environ 2,25 milliards de roubles de dette écologique impayée pour le groupe, le plaçant parmi les plus gros débiteurs vis‑à‑vis des amendes environnementales (Kursor24). Ce trio — litige milliard, passif environnemental consolidé, perte nette 2025 rapportée dans la presse spécialisée (TAdviser)) — interdit de résumer la feuille de route « verte » sans parler du quotient réglementaire : les labels forestiers ou ISO ne neutralisent pas la facture juridico‑financière quand les autorités vont chercher les sommes dans les tribunaux.
5. Positionnement stratégique
Koryazhma incarne une Russie industrielle pivot Asie, avec papier et pâte amortissant la demande domestique tout en reliant les cours mondiaux. La stratégie d’investissement (« Big... »), la conversion PM5 vers le kraft et l’autosuffisance en réactifs décrite par la communication groupe dessinent une usine‑plateforme, pas une start‑up climat tech. Vu d’Europe, l’entreprise joue hors du gameboard PPE‑CSRD, mais elle est très exposée aux réajustements géopolitiques et de change déjà perceptibles dans les comptes 2024 (Interfax) et à la sévérité des autorités russes lorsque les décomptes d’impact ne sont pas payés au calendrier.
Verdict WattsElse
Koryazhma n’est pas une « pépite EnR » : c’est une forteresse papetière sous contraintes doubles, industrielle et réglementaire, où la fibre certifiée côtoie des paiements environnementaux contestés jusqu’aux centaines de millions. Tant que l’argent de la tonne exportée et celui du contentieux environnemental ne cessent pas de courir après l’image durable, cette branche définira aussi le vrai prix du papier russe — pas seulement le prix des rouleaux qui partent en Chine.
Sources : ilimgroup.com · interfax.ru · tadviser.com · ilimgroup.com · power-technology.com · ilimgroup.com · andritz.com · interfax.com · ircity.ru · kursor24.com
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