Bung River Hydro Power JSC
Les grands barrages sur le Sông Bung nourrissent le réseau vietnamien depuis des années, mais l’anglicisme Bung River Hydro Power JSC cache surtout une réalité de maillage électrique national et d’hydrologie capricieuse.
À propos de Bung River Hydro Power JSC
1. Modèle économique
Le modèle est celui classique des producteurs hydroélectriques intégrés à EVN : vendre l’électricité au système, piloter les réservoirs, absorber les alérations de débit et de prix. Selon les éléments disponibles, une fiche d’identification professionnelle recense la société sous la dénomination anglaise retenue, avec code fiscal 1800590430-007 et rattachement au groupe Power Generation Corporation 2 (fiche société FiinGate). Les comptes consolidés de la maison mère donnent l’échelon auquel la performance financière est lisible : le document d’assemblée sur l’exercice 2024 mentionne notamment un chiffre d’affaires consolidé de 25 689 milliards de VND (+0,9 %) et un résultat net consolidé de 1 177 milliards de VND, en recul de 42,7 % par rapport à 2023 (résolution d’assemblée 2025). À l’échelle du complexe de production, les volumes d’énergie des centrales voisines permettent d’entrevoir la sensibilité au régime des pluies : la Sông Bung 4 a ainsi dépassé son plan 2024 avec 460,157 millions de kWh annoncés fin novembre (Icon), tandis qu’une autre tranche du cascade — Sông Bung 5 — est décrite à 57 MW et ~230 GWh/an de référence de conception (profil de centrale Power Technology). Nous n’avons pas trouvé en open data un chiffre d’affaires isolé, certifié, pour la seule Bung River Hydro Power JSC ; la lecture financière passe donc par le groupe et par des indicateurs physiques (GWh).
2. Impact réel
Sur le bilan carbone du mix nationale, l’hydro du Sông Bung substitue mécaniquement à la fossilophilie du parc EVNGENCO2 : la Sông Bung 2 est ainsi une retenue de 100 MW mise en service 2018 à Nam Giang (Quảng Nam) (fiche projet GEM). Côté gestion du vivant, EVNGENCO2 a relaté en mars 2025 le lâcher de 30 000 alevins sur le réservoir de Sông Bung 2, opération présentée dans un cadre de compensation / soutien à la biodiversité (communiqué de groupe). Pour un lecteur PPE / ADEME, la comparaison directe tient surtout à la méthode : en France, la Programmation pluriannuelle de l’énergie et les fiches ADEME cadrént l’acceptabilité et le cadre carbone des projets ; au Vietnam, l’enjeu documenté ici est plutôt conjoint : énergie bas-carbone et hydraulique de crue sur des bassins exposés. Un bilan de 2025 sur la Công ty thủy điện Sông Bung évoque ainsi quatre vagues de pluies majeures et trois épisodes de crue gérés, avec des objectifs 2026 déjà fixés (point d’étape EVNGENCO2).
3. Innovations / partenariats
Les « innovations » visibles dans la presse sectorielle sont sobres et industrielles : mise en œuvre de synchronisations ou modernisations d’équipements sur des unités du même complexe — synchronisation par exemple signalée sur Sông Bung 4 dans la presse spécialisée (Vietnam Energy). Sur Sông Bung 5, la communication récente de PECC1 fait état d’une livraison 2025 à 236,6 millions de kWh, 28 jours avant l’échéance annuelle (note opérationnelle PECC1) — utile pour caler la dynamique de cascade, même si le lien capitalistique exact entre cette filiale de conseil/projets et votre société cible n’est pas stabilisé dans les sources utilisées ici. Le dossier de cession ouvert sur Sông Bung 5 — avec prix indicatif 1 390 milliards de VND incluant reprise de 960,4 milliards de VND de dette bancaire et coût de projet ~1 372 milliards de VND — illustre le tissu contractuel autour du plan de vente EVNPECC1.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le slogan d’impact, mais le décalage entre narration verte locale et bilan de groupe : la même année 2024, la résolution d’AGO citée plus haut enregistre un résultat net consolidé en chute de 42,7 % à 1 177 milliards de VND, avec des facteurs exogènes (change, coûts) qui pèsent sur une structure encore massivement exposée au thermique (résolution d’assemblée 2025). Une lecture « hydro = propre » occulte aussi la hydrovulnérabilité documentée par la maison mère (manque d’eau ayant fait rater des plans sur des centrales hydrauliques du périmètre en 2024, élément relayé dans votre veille et cohérent avec le rapport d’activité 2024 téléchargeable côté EVNGENCO2). Enfin, le marché secondaire des actifs — annonces d’enchères et reports sur Sông Bung 5 — rappelle que la « transition » passe aussi par des cessions patrimoniales et des termes bancaires hérités, pas seulement par des communiqués RSE (annonce de vente, appel d’offres sur actifs). Aucune condamnation judiciaire ou enquête d’autorité n’a été identifiée dans les sources listées pour cette fiche.
5. Positionnement stratégique
La trajectoire 2025-2026 se lit autant dans les GWh que dans le pilotage des crues et la préparation budgétaire du groupe (bilan interne 2025). Stratégiquement, la société tient une place de nœud hydro dans une zone où le climat extrême est désormais l’arrière-plan permanent des plans de production ; côté actionnaires, l’assemblée 2025 a aussi acté une politique de dividendes (ordre de grandeur 5 % rapporté dans votre dossier et vérifiable dans les mêmes publications EVNGENCO2). Dans un marché européen obsédé par les PPA EnR et le CSRD, ce positionnement est infra-national et résilient opérationnel plutôt que storytelling ESG exportable.
Verdict WattsElse
Bung River Hydro Power JSC, telle qu’elle apparaît dans les annuaires, n’est pas une étiquette verte autonome : c’est un relais hydro dans la tempête financière et hydrologique d’EVNGENCO2 — utile au décarbonage relatif du réseau, prisonnier du thermique en aval des comptes consolidés. La mémoire du barrage tient façon bilan, pas façon pitch.
Sources : fiingate.vn · evngenco2.vn · icon.com.vn · power-technology.com · gem.wiki · evngenco2.vn · evngenco2.vn · vietnamenergy.vn · pecc1.com.vn · en.evn.com.vn · evngenco2.vn · en.evn.com.vn
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
TOKYO ELECTRIC POWER CO
Tokyo Electric Power Company Holdings — maison-mère du groupe TEPCO, implantée à Uchisaiwaichō (arrondissement de Chiyoda, Tokyo) depuis des décennies — n’est pas une « pure player » EnR : c’est un grand réseau japonais où l’hydro domine la partie renouvelable tandis que le nucléaire et le conventionnel structurent encore la facture et le risque.
Voir la ficheEren Industries
Société française sans chiffre d’affaires ni salariés en propre, Eren Industries joue pourtant un rôle discret mais massif : batteries en France, biométhane en Italie, hydrogène au Maroc, pari sur un SMR sodium.
Voir la ficheAcciona Energy SA Global (Pty) Ltd
Filiale sud-africaine d’Acciona Energía, Acciona Energy SA Global incarne une tension classique des utilities vertes : liquider du cash-flow prévisible pour financer du nouveau MW, dans un pays où le réseau dicte les règles.
Voir la ficheKnuts Kulle Vindpark AB
Trois éoliennes Vestas au cœur du Jönköping, un modèle de co-investissement local pionnier…
Voir la ficheEngie Services AG (Suisse)
Engie Services AG désigne encore, dans les bases et la mémoire d’entreprise, la « coquille juridique » suisse qui a porté successivement Axima→Cofely→Engie puis la marque Equans avant la mue actuelle sous Equans Switzerland dans le périmètre Bouygues.
Voir la ficheVirtuo Asset Management
Partenaire logistique d’AXA qui investit dans des plateformes industrielles tout en rêvant d’être un héros de la transition écologique.
Voir la ficheHIDROELECTRICA RIO HUASCO S.A.
Mini-actif au pied du barrage Santa Juana, à Vallenar (Atacama), Hidroeléctrica Río Huasco S.A.
Voir la ficheAfrimat
** Le sud-africain Afrimat affiche un chiffre d’affaires en forte croissance depuis le rachat de Lafarge, mais le bilan pèse : dette nette multipliée, ciment en perte, et pilier charbon toujours dans l’ombre.
Voir la ficheENSO
Le sigle n’est pas qu’océanographique : en transition énergétique, « ENSO » renvoie surtout à une plateforme ibérique de biomasse industrielle rachetée fin 2024 et, côté britannique, à un développeur solaire–stockage qui avance en parallèle sous l’orthographe « Enso Energy ».
Voir la fichePort Qasim Energy Holding
Le nom sonne comme une holding financière ; derrière se cache l’une des plus grosses IPP au charbon du Pakistan, prise en étau entre obligations de fourniture d’électricité, arriérés de l’État et désengagement d’un actionnaire du Golfe.
Voir la ficheAtryau Heat and Power Station JSC
** Au bord de la caspienne, une cogénération fossile tient debout une ville-indice et des complexes pétroliers.
Voir la ficheGhella
Ghella, c’est d’abord la puissance brute des tunneliers hors sol : des chantiers géants où chaque tonne de béton et chaque tonne-kilomètre acheminées pèsent comme du carbone évité ou du carbone importé dans la chaîne de valeur — et un parc PV qui offre au groupe un contre-récit chiffré sur l’Italie renouvelable.
Voir la ficheGeneradora Sol Soliv SpA
Elle incarne la mutation industrielle du Chili — petits générateurs distribués, puis parcs plus puissants et stockage massif — mais vit désormais au rythme des pertes d’énergie sur le réseau et des projets de réforme qui visent son modèle de prix.
Voir la ficheAzura Group
Le champion franco-marocain des tomates cerises qui cultive son empire sur plus de 1 200 hectares – la tomate n’a qu’à bien se tenir.
Voir la ficheVibe Energy Pty Ltd
Fondée en 2009, Vibe Energy Pty Ltd incarne l’hydridation brutale du marché australien : des licences de génération et des groupes mobiles au distillat pour l’industrie et le réseau, cousus avec un parc solaire–batterie** de 6,5 MW mis sous tension en mars 2025 à Nhill (Victoria).
Voir la ficheEólica La Janda
Filiale discrète d’un géant d’État, Eólica La Janda incarne l’éolien terrestre andalou : des actifs matures en province de Cadix, une rentabilité broyée par les aléas du cadre tarifaire espagnol, puis une légère remontée en 2024.
Voir la ficheCEFC China Energy
Conglomérat privé monté en flèche dans les années 2010 autour du pétrole et des services financiers, CEFC China Energy incarne la brutale différence entre une façade de géant trader et une réalité de levier endetté : faillite prononcée à Shanghai en mars 2020, avec des passifs nets cumulés colossaux pour la société mère et plusieurs filiales clés.
Voir la ficheMiscanti de Verano
Fiche demandée sur les énergies renouvelables, sans pays attitré : les bases ouvertes et la presse spécialisée ne ressortent aucune société, filiale ou actif électrique identifiable sous l’intitulé exact « Miscanti de Verano ».
Voir la ficheGreenUnivers
Spécialiste B2B de l’économie de la transition, GreenUnivers capte l’agenda de la filière (PPA, stockage, appels d’offres) au moment où l’État ajuste la PPE et les méga-contrats.
Voir la ficheHerrgårdsvind AB
Herrgårdsvind AB sonne comme une promesse : faire tourner des éoliennes sur d’anciens domaines suédois (herrgård), là où le foncier et le patrimoine pèsent autant que la ressource.
Voir la ficheGoldbeck Solar
Installateur historique du grand solaire en toiture et au sol, Goldbeck Solar cumule désormais 4,6 GWp de PV posés et paie son développement à coups de références géantes — Döllen, Bartow, Zwartowo — tout en poussant l’O&M, le stockage et les marchés de services système**.
Voir la ficheBac Kan Hydropower Petro & Gasoline JSC
Petit producteur hydro en monnaie locale, grande illustration des tensions d’un maillon pétrolier public qui “verse” dans l’électricité : au Bắc Kạn, l’économie tourne aussi vite que l’eau…
Voir la ficheEmirates Global Aluminium
Le « cache secteur » Pétrole et gaz trompe : Emirates Global Aluminium est un géant mondial du premier métal léger, pas un opérateur pétrolier.
Voir la fiche