Carbon Impact (Paris)
Carbon Impact avance sur une ligne de crête: vendre des crédits carbone "haute qualité" adossés à du CO2 biogénique, dans un marché qui paie mieux qu’hier mais doute plus fort qu’avant.
À propos de Carbon Impact (Paris)
1. Modèle économique
Selon les éléments disponibles, Carbon Impact n’est pas une simple place de marché: le site de l’entreprise la présente plutôt comme un développeur de projets qui conçoit, finance, équipe et opère la chaîne allant de la capture à la séquestration, puis à la certification et à la commercialisation des crédits carbone (notre approche, monétiser le CO2). Autrement dit, la société se place au croisement du financement de projet, de l’ingénierie carbone et du courtage de crédits.
Sur le plan capitalistique, la société affiche un capital social de 1 501 530 euros, un siège à Paris 8e et un changement de présidence en juin 2024, TFTP remplaçant Ivan Communod (Societe.com). La même source fait remonter, selon les derniers comptes visibles, un chiffre d’affaires à 0 euro et un résultat net de -954 300 euros, ce qui suggère une structure encore en phase d’amorçage ou de montage plus qu’une machine commerciale déjà lancée (Societe.com). Côté effectif, aucun chiffre officiel consolidé n’a été trouvé; la page LinkedIn de l’entreprise mentionne 2 employés, ordre de grandeur cohérent avec une structure très légère (LinkedIn).
2. Impact réel
L’impact tangible annoncé par Carbon Impact repose sur des projets BECCS, c’est-à-dire de capture et stockage du CO2 issu de biomasse ou de biogaz. Le dossier le plus concret est le projet BioCO2 Nancy: avec Meurthenergie, Mortagne et Méthanisation Seille Environnement, la société vise jusqu’à 10 000 tonnes de CO2 retirées de l’atmosphère par an à partir de 2026, après une étude de faisabilité partiellement financée par Bpifrance (monétiser le CO2, Airfix).
Un second cas d’école est suisse: avec Airfix et South Pole, Carbon Impact a contribué à un projet soutenu par la Climate Cent Foundation, pour jusqu’à 20 000 tonnes retirées entre 2026 et 2030 (monétiser le CO2). C’est sérieux à l’échelle d’une jeune société, mais encore microscopique face à la trajectoire française de capture et stockage: la stratégie nationale CCUS citée par Airfix vise 4 à 8,5 millions de tonnes par an d’ici 2030, et environ 10 millions de tonnes d’émissions négatives BECCS à horizon 2050 (Airfix). À cette aune, le projet nancéien pèse environ 0,25 % du plancher 2030 français.
3. Innovations / partenariats
Le cœur différenciant de Carbon Impact est son pari sur le CO2 biogénique et sur une chaîne intégrée capture-logistique-stockage-crédits. L’entreprise revendique un potentiel théorique de 200 Mt par an en Europe en agrégeant des centrales biomasse rurales et des chaînes logistiques de stockage permanent (crédits carbone). C’est une narration industrielle plus qu’un simple discours carbone financier.
Les partenariats sont, eux, bien identifiés: Airfix pour le transport et le stockage, South Pole pour le développement d’actifs carbone certifiés, et un ancrage dans le partenariat européen CETP pour le développement de la technologie BECCS (à propos, Airfix). En parallèle, la cession en mai 2024 d’une application de collecte de données carbone à ELOW ressemble à un recentrage: moins de logiciel, plus de projet carbone physique (Societe.com).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque est celui, classique mais décisif, de l’intégrité du crédit. Le marché volontaire a émis 287 MtCO2 en 2024 malgré une forte incertitude réglementaire, notamment sur les claims de neutralité et l’opérationnalisation de l’Article 6 (Climate Focus). Carbon Impact se place sur une verticale plus robuste que des crédits forestiers contestés, mais la robustesse BECCS dépend encore de la qualité du MRV, de la permanence réelle du stockage et de la validation des méthodologies.
Deuxième zone grise: la biomasse n’est pas une ressource infinie. Airfix rappelle lui-même que sa disponibilité est limitée, concurrentielle et encadrée par des critères de durabilité européens (Airfix). Troisième point: quand le site promet aux exploitants "sans investissement ni CAPEX", cela signifie surtout que le coût est déplacé vers des montages financiers et des revenus futurs de crédits, donc vers un risque de marché bien réel (monétiser le CO2). Enfin, la marque souffre d’une faible lisibilité publique, accentuée par l’homonymie avec d’autres projets "carbon" beaucoup plus visibles.
5. Positionnement stratégique
Carbon Impact arrive à un moment où le carbone redevient une matière première politique: les marchés mondiaux ont généré 79 milliards de dollars de revenus en 2025 (Reuters via Zonebourse), tandis que le prix du carbone européen a dépassé 88 euros la tonne début 2026 dans un contexte CBAM plus dur (Huglo Lepage). Le lancement annoncé de l’indice ICCE pour la COP30 va en outre accroître la pression sur la "contribution climatique réelle" des entreprises (Sweep).
Dans ce contexte, Carbon Impact joue une carte crédible mais étroite: devenir un origination engine du carbone biogénique, avant que les standards ne se resserrent encore. Le changement de gouvernance et le recentrage post-logiciel montrent une société en train de choisir son camp: moins plateforme abstraite, plus développeur d’actifs carbone réels.
Verdict WattsElse
Carbon Impact ne vend pas seulement des crédits: il vend la possibilité de rendre enfin bancable le CO2 biogénique. Si la preuve industrielle suit, la société peut devenir un éclaireur du BECCS français; sinon, elle restera un bon récit de marché dans un secteur qui sanctionne de plus en plus les promesses sans volume.
Sources : carbon-impact.net · carbon-impact.net · societe.com · linkedin.com · airfixcarbon.com · carbon-impact.net · carbon-impact.net · climatefocus.com · ch.zonebourse.com · huglo-lepage.com · sweep.net
Données clés
- Forme
- International organisation
- Fondée
- 1950
- Siège
- building of the Archives of the United Nations High Commissioner for Refugees, Switzerland ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q16303470
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Dutch Bangla
Pilier commercial des importations de GNL sécurisées par la Banque mondiale, la Dutch-Bangla Bank incarne à Dhaka ce paradoxe du « développement durable » bankable : inclusion financière massive, profits sous tension, filière fossile au centre du dispositif.
Voir la ficheAAU
Fondée en 1974 à Aalborg, l’Université d’Aalborg n’est pas un opérateur énergétique « type utilité » : c’est un grand campus public à rayonnement nord-européen, dont le moteur budgétaire repose sur la formation, la recherche contractuelle et l’appel d’air des fonds compétitifs — avec un positionnement « Autres énergies » parce que son cluster AAU Energy…
Voir la ficheJSC "Krasnoyarsk HPP"
La centrale hydroélectrique de Krasnoïarsk incarne à la fois la promesse industrielle russe « bas-carbone » et ses contraintes : un actif monumental raccordé au réseau sibérien et à l’électro-intensive, modernisé à marche forcée, alors que géopolitique et controverses environnementales sur d’autres projets hydro du groupe brouillent le récit « vert ».
Voir la fichePetrolera Aconcagua Energía S.A.
Le slogan « Energía » recouvre une petrolera entrée en défaut au milieu de l’année 2025, puis recapitalisée par un véhicule où croisent Vista et Trafigura.
Voir la fichePerpetum Energy
Longtemps identifié comme un bon exécutant du solaire industriel belge, PerPetum Energy est en train de se reprogrammer en opérateur intégré de décarbonation: solaire, stockage, flexibilité, bornes, contrats long terme.
Voir la ficheSan Alfonso Solar SpA
Le parc photovoltaïque San Alfonso n’est pas une « success story » photogénique : c’est une SPV chilienne du groupe Reden Solar, aujourd’hui dans l’orbite de Macquarie, qui vit de la vente d’électricité au réseau dans le segment PMGD et des règles de prix stabilisés.
Voir la fichethyssenkrupp nucera
Filiale d’ingénierie d’thyssenkrupp cotée en Bourse, thyssenkrupp nucera capitalise sur des décennies d’électrolyse pour vendre aujourd’hui la promesse d’une industrie minérale et chimique « sans fumée noire » — en assumant, dans les comptes, le fossé entre mégaprojets d’hydrogène et rentabilité encore lointaine.
Voir la ficheWestLife AB
Le nom évoque la transition ; les données d’entreprise, elles, plutôt les toits de Stockholm.
Voir la ficheKlenzi Distribution
Vous cherchez « Klenzi Distribution » avec un secteur distribution et une ville Cooma : méfiance — les pièces publiques sérieuses décrivent Klenzi Distribution S.A.
Voir la ficheHydro Oil & Gas
C’était la division pétrolière et gazière de Norsk Hydro, absorbée par Statoil le 1er octobre 2007 pour former StatoilHydro — l’embryon d’Equinor.
Voir la ficheK+S AG
Sur papier, K+S remonte la pente opérationnelle en 2025 ; dans les livres, une dépréciation millénaire efface le résultat.
Voir la ficheADM Hamburg Aktiengesellschaft
À Hambourg, ADM Hambourg AG incarne encore la grande trituration portuaire et le jeu des marges sur l’huile et le biodiesel.
Voir la ficheMumbai Refinery Mahul
Dans l’est de Mumbai, la raffinerie de Mahul (site « Mumbai Refinery » de BPCL) incarne l’équation indienne : moderniser l’outil pour grimper en pétrochimie, tout en restant un colosse fossile en zone ultra-dense.
Voir la fichePowesco
Lancé dans le sillage d’un carve-out d’Enerlis et porté par un fonds d’infrastructure, Powesco cible l’heure d’arrivée du décret tertiaire et la pression des prix : réno, pilotage, parfois EnR, le tout adossé à un modèle ESCO où le client n’avance pas — ou presque — l’Investissement, et où la monnaie d’échange, c’est la performance réelle, pas le…
Voir la ficheARTIS ENERGIES
La transition énergétique française repose en partie sur des intermédiaires invisibles : ceux qui industrialisent la paperasse des Certificats d’économies d’énergie (CEE).
Voir la ficheZhengzhou Combined Cycle Power Co. Ltd
La dénomination anglaise « Zhengzhou Combined Cycle Power » renvoie, selon les éléments disponibles, au cycle combiné gaz–vapeur du groupe d’État SPIC dans le Henan — pas au mineur coté 郑州煤电.
Voir la ficheRussian Power System Operator
Le System Operator of the Unified Energy System** (SO UPS) pilote le cœur battant du réseau russe : 271 GW installés, des records de pointe qui remontent en plein hiver 2026, et un mix où le thermique pèse encore près des trois cinquièmes.
Voir la ficheIngenia Servicios
** Derrière le nom « Ingenia », deux univers : un groupe espagnol de services pour les énergies renouvelables et la puissance électrique décentralisée — et, tout récemment, une tempête médiatique autour d’un homonyme immobilier à Galice.
Voir la ficheSchluchseewerk Aktiengesellschaft
Opératrice allemande majeure de pompage‑turbinage sur la chaîne Schluchsee, la Schluchseewerk AG vit en 2025–2026 un moment de tension fructueux : records de prix négatifs sur le marché de gros allemand, chantier stratégique sur Säckingen, dossier géant pour « HäusernPlus », et exposition totale aux logiques industrielles d’EnBW et de RWE.
Voir la ficheIBERENOVA PROMOCIONES S.A. SOCIEDAD UNIPERSONAL
Ce n’est pas un start-up anonyme : Iberenova Promociones SAU est le « chariot de tir » réglementaire sur lequel Iberdrola charge des centaines de mégawatts hybrides en Castille-et-Léon.
Voir la ficheEnerjisa Üretim
Premier producteur indépendant d’électricité de Turquie sur les chiffres qu’il publie, Enerjisa Üretim enchaîne financements verts massifs et narration « net zero ».
Voir la ficheOiltanking
Logisticien tiers de stockage dont la marque peut paraître brute de pompe alors que le périmètre du groupe Hamburg se dédoublonne depuis 2022 : Oiltanking enchaîne cessions stratégiques, projets gaz et mise en jeu de la valeur résiduelle des dérivés fossiles dans un monde qui veut sortir du baril — sans avoir arrêté d’acheminer des cargaisons.
Voir la ficheDinh Binh Hydropower JSC
** À Bình Định, une centrale de 9,9 MW côtée UPCoM capitalise sur une rivière et une pluviométrie capricieuse.
Voir la fiche