Samay I
Réserve froide de 724 MW au bord du Pacifique, Samay I incarne l’équation péruvienne entre sécurité d’approvisionnement et équilibres réglementaires explosifs.
À propos de Samay I
1. Modèle économique
Samay I S.A.C. est, selon les éléments publics, une société de production électrique thermique centrée sur la centrale Puerto Bravo (Mollendo, Arequipa), raccordée au Sistema Eléctrico Interconectado Nacional (nota de prensa Grupo Romero / InfraCorp). Les revenus dépendent du régime tarifaire fixé par l’OSINERGMIN (prix en barre, rémunération de capacité), ainsi que des conditions d’appel de la réserve froide : l’actif est pensé pour tourner ponctuellement en cas de tension sur le réseau, pas pour un fonctionnement de type « base load » (BNamericas, perfil 2024). En septembre 2025, Bladex et Scotiabank Perú annoncent un prêt de 250 millions USD à la société, avec premier décaissement visé en décembre 2026 pour calibrer le ratio dette/capitaux propres d’InfraCorp (communiqué Bladex). L’effectif rapporté par les bases commerciales est réduit — de l’ordre de trente et une personnes en 2024 selon EMIS (fiche Samay I) — cohérent avec une exploitation très automatisée. Chiffre d’affaires consolidé récent non trouvé dans les jeux de données accessibles sans abonnement : la fiche reste prudente sur ce point.
2. Impact réel
Opérationnellement, l’usine est décrite comme 100 % thermique, avec un mix diesel alimenté logistiquement par l’écosystème pétrolier local (terminal Petroperú à proximité, selon la veille sectorielle recoupée par BNamericas). Ce positionnement place l’actif dans la haute intensité carbone quand il est mobilisé : une réserve froide n’est pas une centrale « permanente », mais chaque heure de marche au distillat aligne l’empreinte sur la rigidité du parc péruvien. Les objectifs européens (PPE / logiques ADEME) ne s’appliquent pas au Pérou, mais en font office de contre-miroir : là où l’UE cherche à sortir du fossile sur le mercato électrique, Puerto Bravo reste un outil systémique au sud du pays, dans une matrice où le nucléaire est absent et où l’EnR doit composer avec l’intermittence (lecture qualitative, non chiffrée ici, faute de bilan GES public consolidé pour Samay I).
3. Innovations / partenariats
Le projet d’InfraCorp est moins une rupture technologique qu’un verrouillage industriel et financier : achèvement du rachat des parts à Inkia Energy en mai 2023, avec volonté affichée d’ancrer l’actif dans la stratégie infrastructure du Grupo Romero (InfraCorp, 2023) ; à cela s’ajoute, fin 2025, le co-financement bancaire international de 250 millions USD (Bladex). Côté « transition », la piste documentée est la conversion dual-fuel diesel/gaz conditionnée par l’avancée du gazoduc Sitgas (ex-GSP) (BNamericas, enero 2024). Sur le plan réglementaire environnemental, le Plan Ambiental Detallado pour des composantes auxiliaires a été porté sur le portail MINEM (Gob.pe, octobre 2023).
4. Greenwashing / zones grises
La principale zone grise n’est pas rhétorique : elle est tarifaire. Le 30 mai 2024, OSINERGMIN publie la Resolución N° 082-2024-OS/CD qui tranche le recurso de reconsideración déposé par Samay I S.A.C. contre la Resolución N° 051-2024-OS/CD fixant les prix en barre et charges pour la période mai 2024 – avril 2025 (texte au Diario Oficial El Peruano). Ce contentieux administre frontal la question : à quel prix une réserve diesel reste économiquement tenable pour l’investisseur, au regard du service système attendu. Autre tension matérielle : l’hypothèse gaz repose sur une infrastructure de transport dont les retards historiques ont déjà basculé la centrale vers le diesel (rappel contextual El Comercio, 2016) ; rejouer le même pari sans calendrier public ferme alimente le risque d’actif fossile coincé entre coût marginal élevé et pression climatique long terme.
5. Positionnement stratégique
Pour InfraCorp, Samay I est un levier de crédibilité « infra » dans l’électricité péruvienne : actif critique pour le nœud sud du SEIN, désormais refinancé sur le marché dollar avec des banques régionales de premier plan (Bladex/Scotiabank, septembre 2025). La stratégie affichée combine stabilisation du bilan (décaissements 2026) et option gaz si Sitgas matérialise le corridor sud (BNamericas, 2024). Dans un Anuario executivo du MINEM, la lecture macro du secteur continue d’ordonner le débat autour de la fiabilité et de la composition du parc ; Samay y figure comme symptôme d’un système qui monnaie encore la flexibilité thermique (MINEM, document 2024/2025).
Verdict WattsElse
Samay I cumule soutien bancaire massif et fragilité structurelle : tant que l’électricité et le climat divergent dans le même barème tarifaire, la réserve froide reste un pari à deux faces — sécurité du réseau d’un côté, légitimité du fossile de l’autre.
Sources : infracorpgr.com · bnamericas.com · bladex.com · emis.com · bnamericas.com · bladex.com · gob.pe · busquedas.elperuano.pe · elcomercio.pe · bladex.com · gob.pe
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