CARTHAMUS
Producteur cogénéré près de la cité classée de Český Krumlov, Carthamus capitalise sur l’électricité de biomasse et le chauffage urbain — avant de parier très gros sur des combustibles solides alternatifs (TAP).
À propos de CARTHAMUS
1. Modèle économique
CARTHAMUS a.s. a son siège social à Prague et son activité industrielle dans la zone Domoradice — Přísečná (présentation société). Elle combine réseau de chaleur (ville, zone industrielle, bâtiments publics ; l’entreprise cite quelque 3 200 habitants desservis) et vente d’électricité cogénérée. Sur l’exercice détaillé par la presse environnementale au lendemain de résultats comptables, les ventes totales auraient dépassé 357 millions CZK avec une hausse d’environ un tiers en un an, le bénéfice net atteignant 44,8 millions CZK, et la part de l’électricité dans le chiffre d’affaires avoisinant 93 % — profil d’une rentabilité massivement tirée par le kWh, complétée par la chaleur. Un profil financier EMIS mentionne pour sa part une hausse de chiffre d’affaires de l’ordre de +42 % en 2024 et une fourchette d’effectifs 50–99 ; ces agrégats restent à consolider avec les rapports annuels déposés au registre tchèque (références vers les liens comptables dans l’article Ekolist). Le pivot projeté est un investissement d’environ deux milliards de couronnes pour une nouvelle ligne sur TAP et déchets préparés, avec mise en service visée en 2027 (dépêche sur le volet EIA et les annonces de direction).
2. Impact réel
L’unité Energoblok Domoradice est décrite par l’opérateur comme 100 % biomasse pour l’électricité en régime actuel, avec 9,1 MWe de turbogénérateur et environ 79 000 t de biomasse brûlées en 2021 pour 54 908 MWh vendus la même année ; la chaleur récupérée alimente le réseau et l’industrie locale. Un gaz naturel sert de soutien de pointe sur le volet thermique (données 2021 : 370 211 m³ sur le poste gaz). En comparaison directe avec le lignite qui alimentait l’ancienne chaufferie, le site met en avant une réduction drastique du soufre et des poussières par rapport à l’ère charbon — avec des tableaux d’émissions annuelles publiés en ligne. Le projet TAP de jusqu’à 80 000 t/an (synthèse presse 2023) change la nature du débat : ce n’est plus seulement le bouclage bois‑forêt que l’ADEME pose comme gestion d’usage des ressources biogènes en France, mais la valorisation thermique de flux résiduels urbains/industriels — sujet où la fiche « biomasse fins énergétiques » de la concertation stratégie énergie‑climat (volet « PPE » français) et les tensions françaises sur l’allocation de la ressource bois (article de veille Grand Public — titre exact chez GreenUnivers : *déchets de bois*) servent d’analogie sans substituer un bilan gaz à gaz à Český Krumlov.
3. Innovations / partenariats
Le site revendique un parcours d’investissement ancien (cofinancement européen à hauteur d’une partie du coût d’investissement via le volet entreprise et innovation, et prix national du projet énergétique 2007, page « à propos »). Face aux plaintes d’odeurs, l’installation d’un dispositif norvégien Purenviro TOM pour suivre les aléas de vent et la dispersion olfactive est documentée sur le même support. Pour le futur TAP, la presse cite Rumpold comme fournisseur aval et un modèle comparé à l’Autriche ou la Scandinave (Biom.cz / ČTK), avec circulation estimée à dix‑sept poids lourds par jour dans les annonces précédentes (Ekolist 2023). Aucun rapport CSRD « grand format », ni brochure RSE européenne dédiée, n’a été repéré pour cette PME tchèque — ce qui limite la lisibilité hors sphère locale.
4. Greenwashing / zones grises
Le glissement annoncé de la broûle de plaquettes vers des déchets préparés déclenche une controverse de fond : l’ONG Arnika y voit un « combustible fossile » via plastiques dans le mélange — le clivage est matériel, pas sémantique. Les autorités et la ville soulignent des incertitudes sur la balance énergétique, la justification de la taille de l’outil et l’adéquation aux besoins de chaleur (Ekolist 2023) ; en décembre 2025, le renvoi du dossier EIA exige notamment de mieux documenter bruit, besoin thermique réel, émissions et composition chimique du TAP (synthèse régionale). À Přísečná, les mesures d’impact sonore seraient déjà au‑delà des plages nocturnes selon le maire interrogé au printemps 2025 — ce qui nournit la méfiance sur la promesse « zéro import » ou circuit court. Transparence : la dualité gaz de pointe est affichée par l’opérateur (page production) mais marginalise le récit « 100 % bois sans filet » lors des pics thermiques.
5. Positionnement stratégique
Carthamus incarne une valeur industrielle régionale forte : fournaise patrimoine bois‑chaleur et cash‑flow electricity‑first sous tarification du marché (cf. 93 % du chiffre du cru cité pour l’électricité). L’ambition « teplárna la plus verte en biomasse privée » d’ici 2025 se heurte à un mur social avant le mur technique — le parcours TAP doit rabattre la méfiance des maires, l’hostilité environnementale *(contexte européen des arbitrages climat‑emploi, titre indicatif pour le lecteur français)* et la relecture ministérielle ou régionale d’un projet géant dans un corridor déjà projeté avec d’autres ZEVO en Bohême du Sud. À date, la priorité stratégique est donc réglementaire autant que financière : faire admettre au livre environnemental ce que les investisseurs ont déjà chiffré.
Verdict WattsElse
Carthamus tire sa lustre économique d’une turbine bien calée sur une combustion lignocellulosique défendable ; le grand écart projeté, c’est une valorisation urbaine sous pression qui expose aux questions qu’Europe entière pose sur les usages de la biomasse et des déchets (ressources/usages ADEME, débat sur les déchets bois‑énergie). La formule brutale du dossier sud‑bohémien pourrait être : l’argent est dans le compteur ; le blocage est dans les airs.
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Note de transparence (intégrée) : Aucune mention spécifique de Carthamus dans la presse française type Énergie & Stratégie n’a été trouvée dans cette veille ; l’articulation avec la programmation française passe par des cadres génériques PPE/concertation et l’ADEME, sans confondre champs normatifs.
Sources : ceskokrumlovsky.denik.cz · obecprisecna.cz · carthamus.cz · ekolist.cz · emis.com · biom.cz · carthamus.cz · ademe.fr · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · greenunivers.com · connaissancedesenergies.org · greenunivers.com
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