Castorama
Castorama ne vend plus seulement des perceuses et des cuisines.
À propos de Castorama
1. Modèle économique
Castorama reste d’abord un poids lourd de la distribution d’amélioration de l’habitat, filiale du britannique Kingfisher. Sur l’exercice clos fin janvier 2026, Castorama France a réalisé 2,0 milliards de livres de ventes, en baisse de 2,3% à données comparables, avec 94 magasins en France, tout en faisant légèrement mieux qu’un marché français du bricolage encore déprimé, estimé à environ -3% par Kingfisher (résultats 2025/26, rapport annuel 2025/26). Fin janvier 2025, l’enseigne comptait 9 464 salariés en équivalent temps plein selon les data tables Kingfisher. Son nouveau moteur n’est plus seulement le magasin physique: marketplace, retail media, services de pose et accompagnement à la rénovation deviennent des relais de marge assumés par le groupe (résultats 2024/25). Le capex propre à Castorama France n’est pas détaillé publiquement; seul le groupe indique un capex brut de 388 M£ en 2024/25, tiré par la technologie et la maintenance des magasins existants (FT Markets). Côté contrats publics, aucun contrat public significatif attribué à Castorama n’apparaît clairement dans les sources ouvertes consultées.
2. Impact réel
L’impact positif existe, mais il est d’abord commercialisé avant d’être mesuré. Castorama met en avant une baisse de 43% de la consommation énergétique de ses magasins en dix ans, une certification ISO 50001 sur tout le parc depuis 2015, une alimentation à 100% en électricité verte d’origine hydraulique depuis 2021, et 16 magasins équipés de pompes à chaleur à la place de chaudières gaz, avec un objectif de 100% d’ici 2030 (engagements durables, rapport RSE 2024). L’enseigne affirme aussi avoir réduit de plus de 15% ses émissions transport dans le cadre de Fret21. Sur l’offre, 51% des ventes relevaient de produits dits “durables” en 2024, et Castorama a supprimé en 2025 les terreaux contenant de la tourbe (rapport RSE 2024, engagements durables). Mais l’enseigne ne publie pas de CO2 évité par ses clients, ni de bilan précis par catégorie vendue. Or l’enjeu est massif: la France compte encore 3,9 millions de passoires thermiques parmi les résidences principales au 1er janvier 2025 (statistiques du ministère), et l’ADEME rappelle qu’il faut d’abord isoler correctement avant de poser une pompe à chaleur.
3. Innovations / partenariats
Le virage le plus net est numérique. Lancée en mars 2024, la marketplace Castorama a ajouté plus de 500 000 produits de vendeurs tiers au départ, avec un site qui attire 10 à 15 millions de visiteurs mensuels (lancement marketplace). Un an plus tard, elle pesait déjà 14% des ventes e-commerce de Castorama France (présentation résultats 2024/25). Sur le terrain, Castorama pousse aussi CastoPro pour capter les artisans, avec des zones dédiées en magasin et une accélération du déploiement après test (résultats 2024/25). Côté rénovation énergétique, l’enseigne s’appuie sur Otovo pour le solaire en toiture et Isoweck pour l’isolation des combles, tout en orientant ses clients vers des artisans RGE et un simulateur d’aides (Univers Habitat, travaux de rénovation énergétique).
4. Greenwashing / zones grises
Le point sensible est là: Castorama verdit son récit plus vite que son périmètre carbone. Son propre rapport RSE 2024 reconnaît que le scope 3 représente 90% de ses émissions, donc l’essentiel se joue dans la fabrication, le transport et l’usage des produits vendus. Le repère Green Star est utile, mais reste une grille maison, certes validée par Bioregional, pas un affichage carbone public et homogène. Autre angle mort: l’enseigne vend la rénovation comme solution simple, alors que l’ADEME insiste sur la séquence correcte, isolation puis chauffage. Enfin, une partie du modèle dépend d’aides mouvantes: Castorama met en avant les CEE et MaPrimeRénov’, alors même que la rénovation d’ampleur a subi une suspension temporaire en 2025 (France Rénov’). La “Prime Energie Casto” s’appuie en outre sur Avia Thevenin et Ducrot Distribution, autrement dit un adossement indirect à des acteurs des carburants (Opéra Énergie).
5. Positionnement stratégique
Castorama essaie de se repositionner en plateforme de travaux plus qu’en simple vendeur de mètres carrés. Le timing n’est pas absurde: au premier trimestre 2025, les rénovations d’ampleur aidées par l’État ont triplé sur un an, à 17 178 logements (Connaissances des Énergies). Mais le groupe mène en parallèle une cure de rentabilité dure, avec restructuration, réduction de surfaces et modernisation accélérée des magasins les moins performants (rapport annuel 2025/26). En clair: Castorama joue la transition, mais aussi sa propre réparation.
Verdict WattsElse
Castorama a compris où se trouve la croissance: dans la maison décarbonée, aidée, financée, installée. Reste à savoir si l’enseigne devient un vrai opérateur de transition, ou simplement un distributeur qui a trouvé dans la rénovation énergétique un nouveau langage de marge.
Sources : kingfisher.com · kingfisher.com · kingfisher.com · kingfisher.com · markets.ft.com · castorama.fr · media.castorama.fr · statistiques.developpement-durable.gouv.fr · agirpourlatransition.ademe.fr · kingfisher.com · kingfisher.com · kingfisher.com · univers-habitat.eu · castorama.fr · castorama.fr · france-renov.gouv.fr · opera-energie.com · connaissancedesenergies.org
Données clés
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