Çelikler Holding
Sous l’étiquette « énergies renouvelables », Çelikler Holding illustre la bascule ambivalente de la Turquie : géothermie et hydro en vitrine, charbon et lignite au cœur du cash-flow et du bilan carbone.
À propos de Çelikler Holding
1. Modèle économique
Le groupe, conglomérat turc présent notamment dans l’énergie, le lignite, la construction et le béton (page English Wikipedia), tire une part décisive de ses revenus du complexe électro-minier : exploitation thermique et production de charbon/lignite pour alimenter les centrales. Çelikler se présente comme l’un des acteurs majeurs de la production privée d’électricité, avec douze centrales actives, 2 769 MW de puissance installée au total et environ 5 % de la consommation électrique nationale attribuée à son parc (page développement durable). La filière charbon compte quatre centrales au charbon, sept géothermiques et une hydroélectrique dans le découpage corporate (page Investissements énergétiques). Sur le volet extraction, l’entreprise revendique une production annuelle de plus de 40 millions de tonnes de lignite et une prise en charge d’environ 27 % des besoins nationaux en charbon (page Investissements énergétiques). Le chiffre d’affaires consolidé du holding et son effectif exact ne sont pas publiés de manière accessible et fiable dans les sources consultées pour cette fiche ; l’ordre de grandeur sectoriel évoque un groupe de plusieurs centaines à plus d’un millier de salariés sur le périmètre holding selon des bases commerciales, à confirper par comptes certifiés si le groupe les publie.
2. Impact réel
L’empreinte climatique et environnementale est dominée par le thermique à combustible fossile, les volumes massifs de lignite et les projets d’extension, même si le groupe met en avant un volet renouvelable. L’électricité turque reste fortement carbonée au niveau national ; le jeu de Çelikler accentue l’exposition aux émissions de GES, au regard des ambitions internationales de sortie du charbon (inventaire sectoriel sur le volet charbon). Le portefeuille « bas carbone » est réel mais minoritaire en puissance : un tableau de synthèse sectoriel crédite l’opérateur d’environ 239 MWe cumulés géothermie + hydro et 9 695 GWh de production annuelle côté filière renouvelable pour l’ensemble présenté (fiche agrégée), soit moins de 10 % de la capacité installée totale si l’on rapporte ces 239 MWe aux 2 769 MW corporate (page Investissements énergétiques). Les objectifs de PPE2028 ou les fiches ADEME ne concernent pas directement ce groupe turc : la comparaison utile se fait avec les trajectoires nationales turques, les listes de divestissement charbon et les litiges environnementaux documentés plutôt qu’avec la planification française.
3. Innovations / partenariats
Çelikler a densifié la centrale géothermique de Pamukören (cyclage binaire, montées en puissance successives), suivie par la presse spécialisée internationale lors du raccordement d’unités supplémentaires (ThinkGeoEnergy – extensions Pamukören). Sur le volet thermique, la stratégie d’acquisition a été marquée par le droit d’exploitation de Seyitömer (600 MW) jusqu’en 2054 après une enchère à 2,248 milliard de dollars, selon un communiqué de groupe repris par la presse économique turque (communiqué Seyitömer, Milliyet).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de langage RSE disproportionné est élevé tant que le charbon et le lignite structurent la rentabilité : la cohabitation d’une page « durabilité » avec une expansion thermique massive crée une dissonance avec les trajectoires 1,5 °C. Sur le volet transparence, en novembre 2025, le tribunal administratif d’Ankara a cassé le refus ministériel de publier les données SEÖS ; des mesures antérieures montraient des dépassements des normes de 1,5 à 8 fois pour plusieurs polluants (Elbistan Olay – décision SEÖS). Un rapport de Human Rights Watch de mai 2024 décrit une pollution atmosphérique chronique au-delà des repères OMS près des sites du groupe (rapport HRW). Le groupe est par ailleurs cité dans la Global Coal Exit List d’Urgewald au motif de la dépendance au charbon/lignite et des plans d’extension (liste GCEL). L’approbation ÇED en 2024 pour deux nouvelles unités à Afşin-Elbistan, avec un budget supérieur à 1 milliard de dollars, illustre l’enlisement réglementaire des projets thermiques (Elbistan Olay – extension Afşin).
5. Positionnement stratégique
Çelikler consolide un modèle long cycle sur le fossile : Seyitömer jusqu’en 2054, charbon et lignite comme rempart de marge dans un marché électrique turc encore accro au thermique, pendant que la géothermie sert de diversification technologique crédible mais numériquement modeste. La croissance déclarée de la puissance installée (visée à +40 % « à court terme » selon la com corporate) tire autant des extensions thermiques que des rajouts EnR (page développement durable). Le contexte régional — pression climatique externe, financements sensibles au charbon, contestations judiciaires et sanitaires — pèse sur le coût du capital et sur la réputation, même si le court terme demeure dominé par les flux de trésorerie fossiles.
Verdict WattsElse
Çelikler Holding incarne la transition à géométrie variable : panneaux corporate verts, réalité industrie grise marquée au charbon, avec des émissions qui ont fini par forcer la transparence au tribunal. Ce n’est pas une pure player EnR : c’est une machine à lignite qui se donne des airs de chaud/froid géothermique.
Sources : celiklerholding.com · en.wikipedia.org · celiklerholding.com · coalexit.org · enerjiatlasi.com · thinkgeoenergy.com · celiklerholding.com · milliyet.com.tr · elbistanolay.com · hrw.org · elbistanolay.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Goseong Green Power Co Ltd
Ce que le nom annonce en primeur, un chantier de 2021 démontre autrement : Goseong Green Power est un très grand producteur d’électricité au charbon, avec une courbe d’émissions qui l’a hissée vite dans le palmarès national des émetteurs.
Voir la ficheRiva Acier
Au régime économique comme au régime énergétique, la France expose ses aciéries au même paradoxe : les marges fondent pendant que la trajectoire « bas-carbone » exige plus de courant.
Voir la ficheVarberg Energi;Coop Varberg
Une municipalité industrielle peut afficher des bilans verts étincelants et un partenariat solaire avec ses commerces de proximité — tout en subissant la critique des hausses réseaux et une dépendance à la chaleur « récupérée » industrielle ou nucléaire.
Voir la ficheMátrai Erőmű Zrt.
Le « Mátrai Erőmű » n’existe plus sur le papier légal : même site, même mine-à-flamme dans le nord de la Hongrie, nouvelle étiquette MVM depuis 2021.
Voir la ficheSWF Energia
Elle porte un nom de sigle anglophone mais vit en Pologne : SFW Energia Sp.
Voir la ficheCOMET
Le nom « Comet » éclate en homonymes : navigateur d’IA, distributeur italien, industriel suisse aux rayons X.
Voir la ficheScania
Le bâtiment est suédois, le bilan est européen, le carnet de commandes reste majoritairement thermique.
Voir la ficheKorea Western Power
Filiale à 100 % de KEPCO, Korea Western Power n’est pas une « pure player » EnR : c’est un producteur quasi public dont les revenus reposent encore sur le thermique et le gaz, alors qu’il empile les méga-contrats photovoltaïques au Moyen‑Orient.
Voir la ficheENGIE Solutions
Filiale musclée d’ENGIE, ENGIE Solutions ne vend pas une énergie mais une promesse: faire baisser la facture, verdir le mix et sécuriser l’exploitation.
Voir la ficheNénuphar (start-up éolienne flottante)
Nénuphar a longtemps incarné un rêve français: prendre l’éolien en mer à revers avec une turbine flottante à axe vertical, plus légère, plus simple, supposément moins chère.
Voir la fichePOLYMAT
Le centre POLYMAT, à Donostia / San Sebastián, incarne cette Europe des matériaux qui veut domestiquer le stockage avant de promettre uniquement du logiciel ou des quotas.
Voir la ficheManaseer Group
** Conglomérat familial né en 1999, Manaseer incarne la puissance des capitaux privés dans une Jordanie dépendante des importations d’énergie.
Voir la ficheLa Fabrique de l’industrie
Penseur officiel de l’industrie française — entre lucidité et lobbying subtil.
Voir la ficheOSTERREICHISCHES INSTITUT FUR WIRTSCHAFTSFORSCHUNG VEREIN
Le Österreichisches Institut für Wirtschaftsforschung Verein, connu sous l’abréviation WIFO, n’est pas un producteur d’électricité : c’est le grand institut viennois d’analyse macroéconomique.
Voir la ficheCociter
En Wallonie, Cociter ne vend pas seulement des kilowattheures: la coopérative vend une promesse politique, celle d’une électricité réellement reprise en main par ses usagers.
Voir la ficheWelspun Urja India Limited
Le vocable « Welspun Urja India Limited » renvoie, dans la mémoire des dossiers d’énergie indiens, à la couche « Urja » du groupe Welspun — parfois mêlée à d’anciens projets thermiques ou hydrauliques — alors que la presse et les marchés ne lisent aujourd’hui qu’une marque opérationnelle : Welspun New Energy (WNEL), portée par une private company…
Voir la ficheUN STUDIO
UNStudio — aujourd’hui présenté sous la marque « UNS » — n’est pas un producteur d’électricité au sens « pure player » EnR : c’est un cabinet d’architecture et de conseil en design néerlandais (Amsterdam), co-fondé en 1988 et structuré en réseau international.
Voir la ficheSociété Algérienne de Production de l’Électricité (SPE)
Derrière le sigle SPE, il y a la machine électrique de l’Algérie: la filiale de Sonelgaz qui tient l’essentiel de la production du pays, au service d’un système encore massivement adossé au gaz.
Voir la ficheANG ENERJİ ELEKTRİK ÜRETİM SAN.TİC.LTD.ŞTİ.
ANG ENERJİ ELEKTRİK ÜRETİM SAN.TİC.LTD.ŞTİ.
Voir la ficheLimpopo Dairy
À la croisée de l’agro-industrie et des EnR, Limpopo Dairies (Pty) Ltd incarne une Afrique du Sud rurale qui capitalise sur le solaire et le biogaz pour sécuriser une transformation laitière exportée dans la sous-région.
Voir la ficheEnergieerzeugungsgesellschaft Greifswald GmbH
Une étiquette Pétrole & Gaz recouvre ici tout autre chose qu’un géant coté à Londres ou Houston : il s’agit d’un bouclier historique allemand absorbé depuis des années dans le groupe municipal Stadtwerke Greifswald (Greifswald–Grimmen, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale).
Voir la ficheBioEnergías Forestales
Filiale à quasiment 100 % du giron CMPC, BioEnergías Forestales incarne la partie « électricité » d’un géant de la pâte et du bois : biomasse industrielle, surplus vendables, puis bonds vers l’éolien de très grande taille au Biobío.
Voir la ficheFH OOE
FH OOE désigne ici la Fachhochschule Oberösterreich — en anglais University of Applied Sciences Upper Austria — et non un opérateur privé homonyme : le cœur « EnR » du dossier se joue au campus de Wels, entre recherche appliquée, masters dédiés et ingénierie des systèmes énergétiques.
Voir la ficheUxello
Marque française de référence en protection incendie, filière de VINCI Energies depuis 2013, Uxello engrange volume et certifications tout en préparant un basculement sans fluor dans les mousses extincteurs — sous le regard du groupe et du droit européen.
Voir la fiche