CENTRAL TERMICA ROCA S.A.- ALBANESI S.A
À General Roca, province de Río Negro, une centrale au gaz et au gasoil de 190 MW incarne le côté brut de la transition énergétique argentine : rendement amélioré par le cycle combiné, mais bilan grippé par la dette et les impayés de l’État.
À propos de CENTRAL TERMICA ROCA S.A.- ALBANESI S.A
1. Modèle économique
La société tire ses revenus de la vente d’électricité sur un marché où l’acheteur central est l’écosystème CAMMESA (grossiste étatique), avec une exposition directe aux arbitrages budgétaires et aux délais de paiement. Sur le plan patrimonial, la fiche technique Albanesi décrit un actif à 190 MW (turbine à gaz 130 MW et turbovapeur 60 MW, General Electric), avec possibilité de combustible liquide en secours. Le Global Energy Monitor confirme l’opérateur Central Térmica Roca, une structure capitalistique Generación Mediterránea S.A. ~75 % / Tefu S.A. ~25 %, et un cycle combiné opérationnel depuis 2018. Pour les agrégats corporate, la presse financière relie Central Térmica Roca S.A. et Generación Mediterránea S.A. à une émission 2027 puis à des offres d’échange de dette ; un profil commercial EMIS mentionne, pour 2024, une forte dynamique de chiffre d’affaires et d’EBITDA en devise locale (+54,6 % et +71,5 % selon l’agrégateur). Effectifs et capex spécifiques à la seule centrale ne ressortent pas clairement des extraits publics que nous avons consolidés : à garder comme donnée non publiée de manière aérée au niveau entité.
2. Impact réel
L’impact environnemental est avant tout celui d’un producteur thermique gaz / diésel : le Global Energy Monitor classe explicitement le carburant en gaz naturel et diesel. Le passage au cycle combiné depuis 2018 améliore l’efficacité énergétique par rapport à l’ancien schéma en cycle ouvert — un gain technologique réel, mais qui ne transforme pas la nature fossile du flux énergétique. Il n’existe pas, dans les matériaux cités ici, de pourcentage d’EnR propre à cette centrale ni de bilan GES exploitable pour une lecture climat chiffrée. Pour un lecteur européen, les repères de décarbonation du mix — par exemple ceux portés par l’ADEME sur les usages et la production d’électricité ou le cadre général de la programmation de l’énergie en France — servent de contraste méthodologique : ils ne décrivent pas la gouvernance argentine, mais rappellent à quel point un actif 100 % thermique gaz reste aux antipodes des trajectoires industrielles qui, en Europe, tendent à réduire l’empreinte fossile du parc électrique.
3. Innovations / partenariats
Le principal “investissement de référence” est industriel : remise en service après l’acquisition par Albanesi en 2011, puis fermeture de cycle avec chaudière et turbovapeur, selon la chronologie officielle sur le site Grupo Albanesi. Sur le volet finance / gouvernance, les filiales du groupe ont mandaté des conseils étrangers pour piloter les discussions avec les créanciers ; les articles de presse citent notamment Rothschild & Co et Finanzas & Gestión dans le dossier de la dette (Buenos Aires Times). En 2026, un communiqué PR Newswire publie des taux de participation à une offre d’échange sur des notes à 9,625 % arrivant à échéance en 2027 — un chapitre obligataire, pas une “open innovation” au sens startup.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas tant un éco-blabla marketing que l’effet ciseau entre une modernisation de l’efficacité et une structure de bilan sous stress. Début mai 2025, les marchés ont pris acte d’un impayé d’intérêts de l’ordre de 19 millions de dollars sur des titres émis quelques mois auparavant, avec des filiales Generación Mediterránea et Central Térmica Roca en premières lignes (Buenos Aires Times). Dans le même mouvement, la même source rapporte une trésorerie tombée à environ 2,46 million de dollars fin 2024 contre 42 millions fin 2023, et un ratio dette nette / EBITDA supérieur à 8,5× fin 2024. Au-delà, la presse spécialisée argentine documente plusieurs séries d’obligations entrées en défaut après expiration des délais de grâce en 2025 (Transporte y Energía, Economis). Sur le fond climat, l’exposition fossile résiduelle est totale sur cet actif : pas de mix EnR associé dans la fiche technique publique — la “zone grise”, ici, est politique et financière autant qu’écologique.
5. Positionnement stratégique
Albanesi joue une partie à deux tableaux : d’un côté, une capacité thermique modernisée dans une région patagonne où la fiabilité du réseau prime ; de l’autre, une dépendance chronique au rythme des paiements de CAMMESA et aux restrictions de change, invoquée par le groupe dans ses communications aux marchés quand la liquidité se grippe (cf. synthèse journalistique Buenos Aires Times). La stratégie 2026 passe visiblement par des échanges de dette et des sollicitations de consentement plutôt que par un pivot vert documenté au niveau de cette centrale. Nous n’avons pas repéré d’analyse spécifique sur cette filiale dans les rubriques habituelles Connaissance des Énergies : le sujet reste sud-américain, obligataire et géopolitique de l’électricité, pas bruxellois.
Verdict WattsElse
Central Térmica Roca n’est pas une “success story” de la transition : c’est un socle gazier patagonien coincé entre efficacité technique et souveraineté de la tresorería. La formule qui résume l’enjeu : même le meilleur cycle combiné ne paie pas les intérêts si l’État retarde l’argent du courant.
Sources : albanesi.com.ar · gem.wiki · emis.com · ademe.fr · ecologie.gouv.fr · batimes.com.ar · prnewswire.com · transporteyenergia.com.ar · economis.com.ar · connaissancedesenergies.org
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