Compañía Minera Nevada SpA
Filiale chilienne de Barrick Gold, la Compañía Minera Nevada porte un nom de « mine du Far West » et un bilan de vallée andine.
À propos de Compañía Minera Nevada SpA
1. Modèle économique
L’activité tourne autour du titre minier et des obligations de fermeture du projet Pascua-Lama après décisions réglementaires et judiciaires de fond : la maison-mère décrit désormais les réserves attachées au gisement à près de 15,4 millions d’onces d’or et plus de 674 millions d’onces d’argent au sens des déclarations canadiennes, dans une logique de sortie progressive (formulaire annuel d’information 2024). Pour alimenter ses besoins d’électrification projet, Barrick/Chili a développé un corridor 220 kV « Punta Colorada–Tres Quebradas », budgété autour de 100 millions de dollars, explicitement destiné au transport d’énergie vers la zone de Pascua-Lama et au voisinage transfrontalier (Revista Electricidad Interamericana).
Sur les agrégats comptables, une base de données financière agrège pour l’exercice 2024 une hausse de chiffre d’affaires d’environ +158 % et une hausse du résultat net d’environ +74 % tout en signalant une chute forte du bilan (total actifs −62 % environ, dépréciations comprises) — agrégats à manier avec précaution hors audit public direct (fiche financière EMIS). BNamericas indique aussi un rampe quasi exclusive de maintenance/clôture, avec petit équipe (ordre de 40 collaborateurs directs selon leurs données de profil — ordre de grandeur à confirmer année par année) (profil entreprise BNamericas).
En complément industrielle locale, une filière calcaire à Potrerillos est décrite jusqu’à 128 000 t/mois pour sécuriser des intrants au traitement minier, avec environ 200 M$ d’investissement annoncés dans la presse spécialisée (Guía Minera de Chile).
2. Impact réel
L’empreinte n’est pas celle d’un opérateur « réseau » au sens PPE III ou fiches ADEME : il s’agit d’émissions induites par l’extraction (énergie, diesel, transport), de pression sur l’eau de surface et de foncier de haute montagne. Les médias environnementaux et la presse juridique continuent à documenter des dommages sur des milliers de mètres d’altitude côté altoandino (13,8 ha touchés sur espèce *Azorella madreporica* et 0,16 ha de zones humides, selon le cadre indemnisatoire en cours) (Reporte Minero).
La problématique eau–glacier–communautés traverse la fermeture : le suivi Business & Human Rights recense encore des alertes relatives à l’accès à l’eau et aux glaciers dans la vallée du Huasco (Business & Human Rights Resource Centre).
En novembre 2024, la filiale a soldé aux autorités chiliennes une fraction résiduelle d’amendes historiques liées au dossier SMA de Pascua-Lama après une décision SMA et un nouvel épisode procédural, ce qui clôt financièrement une longue séquence punitive entamée après 2013 (formulaire légal coté SEC Barrick — R43).
Une recherche systématique sur ADEME, GreenUnivers ou Connaissance des Énergies n’a pas livré de fiche française dédiée à cette entité : la lecture « climat/énergie » pour un lecteur français passe donc surtout par le prisme infrastructure + externalités minières, pas par un opérateur régulé comme un TSO européen.
3. Innovations / partenariats
Le « techno » pertinent ici est double : plans de fermeture et adaptations de réseau privé. Barrick/Chili ont poussé un nouveau plan de clôture et des investissements d’instrumentation sur la ligne Punta Colorada–Tres Quebradas (ré‑ingénierie des protections, coordination avec le Coordinador Eléctrico Nacional) (Electrominería).
Côté prospection stratégique, Barrick commence à parler ouvertement d’un projet aval « El Alto » (campaign de forage très structurée) comme succession géologique potentielle, avec des délais compatibles étude d’impact + licence au milieu des années 2030 si le jeu en vaut la chandelle (Reporte Minero).
4. Greenwashing / zones grises
Premier foyer de risque réputationnel : le dossier financier continental. Début mars 2026, la Cour supérieure de justice de l’Ontario certifie une action collective contre Barrick pour présentations trompeuses autour du capital et du calendrier de mise en service ainsi que pour des questions de conformité environnementale préalable au décapage. Les plaideurs parlent d’une demande indemnitaire supérieure à 3 milliards de dollars canadiens ; les défendeurs nient et la fond n’est pas tranchée (communiqué certifié sur la place canadienne, complété par le rapport SEC R44 sur la procédure (dépôt SEC R44)).
Deuxième foyer : la pression hydrique documentée. En avril–mai 2025, la DGA Atacama inflige à la Compañía Minera Nevada une amende d’environ 768 UTM (ordre de 52 millions de pesos au change de l’époque) pour dépassement de prélèvements sur le río Estrecho ; Barrick indique vouloir faire appel (Reporte Minero).
Troisième foyer : l’audience publique du premier tribunal environnemental en avril 2026 montre une lutte stratégique sur la modification du plan de réparation, avec tiers vigilants qui contestent la compatibilité des nouvelles méthodes avec les accords conciliés de 2020 (Reporte Minero).
5. Positionnement stratégique
Barrick joue désormais la carte méa culpa corporate (« arrogance initiale ») et une minería dialogue & permis sociaux pour digérer l’après‑Pascua tout en gardant vivante l’hypothèse nouveau gisement (Reporte Minero). Dans un marché mondial où le premium ESG du métal précieux exige traces d’impact traçables, la valeur résiduelle de Nevada se lit autant dans ses réserves encore bookées au groupe (formulaire Barrick 2025) que dans son cocktail de griefs encore ouverts.
Verdict WattsElse
Compañía Minera Nevada, malgré l’étiquette « réseau », est un miner de haute montagne qui a capitalisé en ligne de très haute tension puis capitalisé en justice ; pour un média comme WattsElse, l’entreprise incarne cette hybridité à risque : grand équipement électrique, très grand casier environnemental, billions en litige, pesos encore saisis pour chaque litre de trop au filet.
Sources : s25.q4cdn.com · revistaei.cl · emis.com · bnamericas.com · guiaminera.cl · reporteminero.cl · business-humanrights.org · sec.gov · electromineria.cl · reporteminero.cl · newswire.ca · sec.gov · reporteminero.cl
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
THE SHIFTERS
Le réseau The Shifters est l’association de bénévoles qui épaule juridiquement et publiquement le think tank français The Shift Project : même combat affiché (sortir du fossile, planifier la sobriété), mais autres ressources — cotisations, équipes locales et veille citoyenne.
Voir la ficheAmeren
Née de la fusion de deux grands intégrés des Midwest, Ameren aujourd’hui incarne l’électricité « régulée à l’américaine » : investissements massifs dans le réseau, pivot gaz et batteries, tout en traînant le charbon comme dette politique, sanitaire et judiciaire.
Voir la ficheRedes Energéticas Nacionais
** Monopoles techniques et cours de Lisbonne donnent aux comptes de REN une allure Olympique : EBITDA quasi à la hausse, capex tiré à la corde par l’électrification, dividende distribué.
Voir la ficheHIDISA
** Trois barrages, 388 MW, un cinquième du mix électrique provincial qui passe par ce couloir : HIDISA incarne l’hydro argentin de plateau — et le piège politique d’un actif vert cantonné à des tarifs hérités alors que le marché wholesale se réforme.
Voir la ficheLos Castríos
Une rivière espagnole s'appelle « Los Castrios », mais le Castrios SA qui intéresse l'énergie, c’est une petite société de Burgos pendue à son parc Made des Merindades.
Voir la ficheEranove
Eranove porte bien le métier qui colle au cache « Distribution » : eau potable et courant jusqu’aux compteurs — avec un socle prod en Afrique de l’Ouest et au-delà.
Voir la fichePodero
La plateforme SaaS qui prétend synchroniser énergie verte et contrats électriques compétitifs, pour un monde « vert »… avec un clavier.
Voir la ficheAkdenİzlİ Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Sur les registres sectoriels turcs, Akdenizli Elektrik Üretim A.Ş.
Voir la ficheMob-Energy
La référence documentée ici est la Mob-Energy française, deeptech de recharge électrique et de stockage associée à Lyon et à Vénissieux (SIREN 843 868 555) — et non une société homonyme : aucune implantation ou activité à Abidjan ne ressort des sources publiques consultées, alors que le fichier WattsMonde indiquait cette ville : traiter ce champ comme non…
Voir la ficheGlobal Switch
Une tour de colocation géante derrière vos clouds, cotée en milliards mais bradée aux rumeurs du marché.
Voir la ficheMinera Escondida Ltda.
Filiale chilienne au cœur du cuivre mondial, Minera Escondida Ltda.
Voir la ficheBanque de France
Institut d’émission et pivot de la stabilité financière en France, la Banque de France met en scène un virage vert documenté — obligations vertes, exclusions charbon, trajectoire 1,5 °C sur une partie des portefeuilles.
Voir la ficheAkenerji
Producteur indépendant coté à Istanbul, Akenerji vit la transition énergétique turque par le chiffre : 1 224 MW de capacité, un gros carnet de dettes et des labels durabilité qui contrastent avec une année 2024–2025 en rouge profond.
Voir la ficheOakey Power Pty Ltd
Le nom Oakey Power Pty Ltd renvoie, dans les bases australiennes, à une société distincte aujourd’hui radiée du fichier ABN — ce n’est pas une coquille : la mémoire institutionnelle et les écrans d’attribution hérités du rachat ERM puis Shell continuent de s’y référer pour désigner le même site que la centrale à gaz d’Oakey (Darling Downs, Queensland).
Voir la ficheFEES (Future Energy & Environmental Solutions)
Le fichier WattsMonde dit « Innovation » et une dénomination anglaise ambitieuse ; les registres publics, eux, restent muets ou jouent aux doubles sens.
Voir la ficheMitsubishi Corporation
Mitsubishi Corporation n’est pas un simple industriel de l’énergie: c’est une machine japonaise à allouer du capital, sécuriser des flux, prendre des participations et arbitrer des portefeuilles à l’échelle mondiale.
Voir la ficheAquila Clean Energy
Aquila Clean Energy EMEA se présente comme un producteur indépendant d’électricité (IPP) européen, au cœur du groupe Aquila Group.
Voir la ficheCENTRALES DE LA COSTA ATLANTICA SA
Sous le nom légal « Centrales de la Costa Atlántica », l’entreprise vivote entre patrimoine provincial et dépendance au fossile.
Voir la ficheLIST
Le Grand-Duché confie au LIST le cœur logiciel de sa transition : un jumeau national qui agrège électricité, chaleur, gaz et hydrogène, alors qu’ailleurs en Europe le sigle « LIST » renvoie aussi au CEA-List ou à des magazines oubliés des années 1980.
Voir la ficheFVE Polom
Une SPV de 200 000 couronnes qui tient encore un parc au sol là où le solaire tchèque fait la course en tête : voilà FVE Polom, acteur minuscule sur un marché en pleine accélération, et souvent pris dans le vent de grands développeurs aux initiales voisines.
Voir la ficheChettinad Corp ltd
Un géant du Sud de l’Inde dont le cœur de métier reste le clinker — mais dont la stratégie industrielle repose sur des centaines de mégawatts captifs, désormais au centre d’un bras de fer réglementaire avec le réseau tamoul.
Voir la ficheSERCE (Syndicat des Entreprises de Réseaux de Communication Électrique)
Le SERCE, ou comment fédérer 260 entreprises de l'électricité sans passer par une centrale... ni une centrale électrique.
Voir la ficheHögaliden Vindkraft AB
Ce n’est pas un géant coté en direct : Högaliden Vindkraft AB est une coquille juridique qui encaisse la production d’un parc éolien majeur du nord de la Suède — avec des comptes 2024 qui grincent malgré un chiffre d’affaires à deux chiffres en millions de couronnes.
Voir la fiche