Enogrid
L’électricité locale a trouvé ses comptables, ses juristes et ses tableurs.
À propos de Enogrid
1. Modèle économique
Fondée en 2018, Enogrid s’est spécialisée dans l’autoconsommation collective avec trois briques de revenus: le conseil et la formation, l’étude de projets, et les logiciels de gestion comme `EnoLab`, `EnoPower` et `Mon énergie collective` (site Enogrid, à propos). Selon pv magazine, l’entreprise a réalisé 820 000 euros de chiffre d’affaires en 2023, répartis à parts égales entre études, conseil/formation et logiciels, pour un résultat net encore négatif de -350 000 euros. L’effectif est passé de 18 salariés en février 2023 (levée 2023) à 35 fin 2024 (levée 2024); le site affiche ensuite une équipe élargie en 2025 (à propos). Pour financer cette montée en charge, Enogrid a levé 1,1 million d’euros en 2023 puis 1,4 million d’euros fin 2024, dont près d’1 million via 689 citoyens sur LITA et le reste auprès de Schneider Electric Energy Access et ENGIE Rassembleurs d’Énergies. Aucun capex industriel significatif n’est publié: logique, pour un modèle surtout logiciel et services.
2. Impact réel
L’impact d’Enogrid est indirect mais tangible: l’entreprise rend opérable un modèle d’électricité locale que l’ADEME juge pertinent mais administrativement complexe, à déployer progressivement. Le marché, lui, accélère fort: Enedis recense 1 945 opérations d’autoconsommation collective actives au T1 2026, pour 325 923 kVA et 22 235 participants. Enogrid affirme de son côté gérer 230 opérations et 65 MW via `EnoPower` fin 2025 (rétrospective 2025), ce qui en ferait un acteur très visible de la couche logicielle du secteur. Sur le terrain, sa R&D financée par France 2030 via l’ADEME montre cependant un impact mesuré plutôt que miraculeux: ses recommandations de flexibilité ont amélioré l’autoproduction d’environ 3 % en moyenne, avec des gains hebdomadaires pouvant monter à 4-6 % sur deux opérations pilotes. Autrement dit: oui, l’outil peut mieux caler la consommation sur le solaire; non, il ne fait pas disparaître la dépendance au réseau.
3. Innovations / partenariats
Enogrid a clairement choisi la verticalisation. Son partenariat avec Bohr Énergie vise à offrir une solution clé en main aux producteurs voulant valoriser localement leur électricité, y compris pour des centrales déjà en complément de rémunération. L’entreprise a aussi signé en 2024 un premier partenariat international avec l’association belge Energie Commune pour adapter `EnoPower` à Bruxelles (pv magazine, Europe 2025). En 2025, elle a lancé avec SeeYouSun une offre de délégation de centrales via sa filiale Circuits Verts, signe qu’elle veut remonter de l’outil vers l’exploitation. Dernier marqueur de maturité produit: `EnoLab explore`, lancé en 2026, cartographie le potentiel local à partir de l’open data Enedis et s’inscrit dans une suite revendiquant 2 800 utilisateurs.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de verdissement narratif existe, mais il est plus subtil qu’un simple mensonge. Enogrid vend une promesse d’“énergie locale et accessible à tous”; dans les faits, l’impact dépend de projets réellement mis en service, de leur taux d’usage, de la qualité du recrutement des participants et de la stabilité du cadre Enedis/PMO/accise (Enedis, guide ADEME). L’entreprise reconnaît elle-même un contexte politique instable, des menaces de moratoire et la fin annoncée de certains soutiens publics (rétrospective 2025, réglementation 2025). Côté extra-financier, pas de rapport CSRD ou RSE public structuré trouvé; Enogrid indique seulement travailler à son bilan carbone et revendique l’agrément ESUS. Enfin, la baisse des factures promise aux publics fragiles reste très dépendante du montage local: la société évoque jusqu’à 30 % d’économies, voire 60 % sur certains projets hydro, mais ce sont des cas favorables, pas une moyenne publiée.
5. Positionnement stratégique
Enogrid occupe une place maligne: celle du “middleware” de la transition locale, entre développeurs EnR, collectivités, bailleurs et consommateurs. La trajectoire du marché lui est favorable, avec l’explosion des opérations d’ACC chez Enedis et une PPE3 qui continue de miser sur le solaire de toiture et les modèles décentralisés, malgré un cadre encore mouvant (décryptage PPE3). Sa vraie bataille n’est donc pas technologique, mais industrielle: transformer un marché encore complexe, très réglementé et partiellement dépendant de signaux publics en activité SaaS rentable d’ici 2026.
Verdict WattsElse
Enogrid a compris quelque chose que beaucoup d’acteurs de la transition oublient: la décarbonation échoue souvent sur l’administratif avant d’échouer sur la technique. Reste à prouver qu’un champion des circuits courts peut devenir une vraie PME rentable sans être aspiré par la complexité qu’il prétend simplifier.
Sources : enogrid.com · enogrid.com · pv-magazine.fr · enogrid.com · enogrid.com · librairie.ademe.fr · observatoire.enedis.fr · enogrid.com · enogrid.com · enogrid.com · enogrid.com · enogrid.com · enogrid.com · enogrid.com · enogrid.com · faradae.com
Données clés
- Forme
- New York Business Corporation
- Fondée
- 1926
- Effectifs
- 45 100 (2023)
- CA
- 16.0 Md€ (2020)
- Siège
- New York City, United States ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q310207
- LEI
- KRXXK3K6ZU5I4X4VTH24
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Electra San Cristóbal
À Rus, en pleine oliveraie jienense, une PME familiale porte encore le nom d’une « electra » née en 1920 sur le papier officiel : distributeur d’électricité de proximité, effiloché en levier réglementaire sur lequel s’appuie pourtant tout le rythme des raccordements renouvelables de la province.
Voir la ficheACSA
** L’exploitant des grands aéroports sud-africains affiche, pour l’exercice 2024/25, un chiffre d’affaires de 7,9 milliards de rands et un bénéfice net d’environ 1,1 milliard — un retournement comptable spectaculaire dans un pays où l’électricité vacille et où le carburant aviation reste une importation stratégique.
Voir la fichehistory of Statoil
Né de l’État norvégien en plein boom pétrolier, Statoil a incarné le moteur du « miracle » du pays ; devenu Equinor en 2018, le groupe a promis une « grande compagnie énergétique » plus large qu’un simple pétrolier.
Voir la ficheFuture Trees Trust CIO
Une CIO britannique de taille modeste incarne une facette peu médiatisée du virage climatique : faire tenir durablement nos bois résineux et feuillus par la génétique, pas uniquement par le volume planté.
Voir la ficheGrupo Desarrollo Energéticos Naturales, S.L.
Derrière un nom de « grupo » et un classement sectoriel modeste se cache une réalité très actuelle en Espagne : des promotedoras qui naviguent entre autorisations locales, hybridation et contestations sur le découpage des projets.
Voir la ficheBCC
À trois lettres, « BCC » désigne plusieurs acteurs très différents (cabinet conseil allemand, EPC fossilier caspienne, courtier français souvent confondu).
Voir la ficheGuixi Power Generation Co Ltd
Centrale historique du Jiangxi, Guixi Power Generation incarne le décalage entre la communication « transition » de State Power Investment (SPIC) et la réalité carbone d’un site dont l’outil industriel reste dominé par le charbon supercritique.
Voir la ficheKorea South-East Power Co Ltd
Filiale de production d’électricité du géant public KEPCO, KOEN incarne à la fois la rentabilité retrouvée du modèle à tarif régulé et la dépendance structurelle au charbon.
Voir la fichePetron Corporation
Filiale de San Miguel, Petron tient aujourd’hui seule la brèche du raffinage aux Philippines, avec un exercice 2025 marqué par un bénéfice record — au prix d’une empreinte fossile colossale et de procès environnementaux à neuf chiffres.
Voir la ficheNylandbergens Wind AB
Nylandsbergen Wind AB n’est ni un opérateur « grand public » ni une start-up racoleuse : c’est une coquille juridique suédoise qui porte un parc éolien opérationnel près de Sundsvall, dans la zone de prix SE2.
Voir la ficheMETEO-FRANCE
Météo-France incarne deux faces de la même urgence : mieux anticipez le métier décisif dans un mix énergétique hétérogène ; mieux vos choix industriels reposent encore sur une machine publique en restructuration, entre automatisation massive et corps social fragilisé.
Voir la ficheVast Solar
Vast Renewables (ex-Vast Solar, fondée en 2009) incarne le pari de l’électricité et de la chaleur « dispatchables » par sels ou sodium — et, au-delà, du méthanol vert pour l’industrie et le maritime.
Voir la ficheEnerga Kogeneracja
Elbląg et Kalisz montrent la nouvelle physionomie d’Energa Kogeneracja : moteurs à gaz, chaufferie de secours, encore du charbon en file d’attente.
Voir la ficheIsgrannatorp Drift AB
Sous ce nom baroque, vous ne trouverez ni géant de la tech, ni start-up affichée sur LinkedIn : Isgrannatorp Drift AB apparaît surtout dans les annuaires, avec un siège à Nösund (Västra Götaland) et une activité listée dans la maintenance/réparation.
Voir la ficheIDEKO
** Record de chiffre d’affaires en 2024, transfert technologique en forte poussée, narration « zero-emission » : IDEKO incarne la promesse d’une machine-outil et d’une aéronautique plus propres.
Voir la ficheAMORCE
Elle parle au nom de métropoles, départements et syndicats — pas au nom d’une « startup climat » californienne.
Voir la ficheWATT AND VOLT EXPLOITATION OF ALTERNATIVE FORMS OF ENERGY SINGLE MEMBER SOCIETE ANONYME
Le nom de plaque attise l’idée d’alternatives ; derrière, c’est surtout la conquête d’un compteur, d’une flotte de magasins et d’une part de marché dans un utility grec déjà massivement exposé au gaz et aux marges de trading.
Voir la ficheJSC "EVRAZ NTMK"
Le cache « Production électrique » ne décrit pas l’activité vérifiable de la JSC Evraz Nizhny Tagil Metallurgical Plant (marque commune Evraz NTMK) : il s’agit d’un combinat sidérurgique à Nijni Taguil, oblast de Sverdlousk (Russie), avec hauts-fourneaux et chaîne oxygenique (voir fiche d’installation GEM).
Voir la ficheNOBATEK/INEF4
Dans le bâtiment, beaucoup promettent la transition, peu fabriquent les méthodes, les outils et les preuves.
Voir la ficheU.PORTO
L’Universidade do Porto n’est pas une « entreprise énergie », mais elle concentre aujourd’hui une partie de la valeur stratégique portugaise en rupture techno : hydrogen maritime, systèmes éoliens hors-sol et ingénierie cleantech portée au brevet.
Voir la ficheJinko Solar
Champion absolu des expéditions de modules (86 GW en 2025) et pionnier du passage au « solaire + stockage », le groupe côté New York (NYSE) affiche en parallèle une perte nette annuelle lourde et des marges brutes en dent de scie, au cœur d’une file PV mondiale en surcapacité.
Voir la ficheSistemas Energeticos Mañon Ortigueira
Première ligne dans les registres officiels : elle ne fait pas dans la communication vaporisation quand il s'agit de permis de construire ou de démanteler des turbines.
Voir la ficheIlmatar
En cinq ans, Ilmatar a bâti une flotte nordique qui produit désormais plus d’un térawattheure propre par an et revendique 7 % de la capacité éolienne finlandaise**.
Voir la fiche