Công ty CP Thủy điện Sông Ba Hạ
Entre sécheresse et crue historique, cette filiale d’EVN incarne la bascule brutale du vélo climatique pour l’hydroélectricité tropicale : en 2024, la sécheresse lui a taillé les revenus ; en 2025, des pluies record lui ont offert des marges de rêve — et une régulation de crue à ne pas rater.
À propos de Công ty CP Thủy điện Sông Ba Hạ
1. Modèle économique
SBH vit quasi exclusivement de la vente d’électricité issue d’un actif unique : la centrale de 220 MW sur le Ba, avec une production annuelle moyenne de l’ordre de 825 GWh selon les données techniques relayées en presse spécialisée (fiche vietnam.vn). Le chiffre d’affaires 2025 est porté à environ 990 milliards de dongs (+58 % sur un an selon les synthèses boursières), avec un bénéfice net après impôts d’environ 550 milliards de dongs, soit un doublement par rapport à 2024 (performance 2025) ; le quatrième trimestre 2025 aurait vu environ 358 millions de kWh produits pour le marché, en forte hausse par rapport à 2024 (bilan trésorerie 2025). La gouvernance est ancrée dans le secteur public : EVNGENCO 2 détenait 61,78 % du capital fin 2025 selon la presse économique (structure actionnariale), ce qui cristallise une dépendance à l’acheteur réglementé (groupe EVN) et aux tarifs fixés dans un cadre étatique. Effectif précis non retrouvé dans les extraits publics consultés pour cette fiche.
2. Impact réel
L’impact carbone « direct » est celui d’une production hydroélectrique injectée sur le réseau national : SBH déplace, en pratique, une part du mix vietnamien encore très charbon-dépendant, sans qu’un volume de CO₂ évité attribuable spécifiquement à cette centrale nous soit apparu chiffré et audité dans les sources consultées. En revanche, l’impact hydrologique et territorial est massif et documenté côté exploitation : la centrale participe à la régulation des débits et à la gestion des crues sur un bassin agricole et peuplé, avec des pics opérationnels suivis par la direction (communiqué d’exploitation). PPE3 ou fiches ADEME : elles ne s’appliquent pas juridiquement au Vietnam ; l’intérêt comparatif pour un lecteur européen est plutôt celui du grand hydro (services écosystémiques, arbitrages amont/aval) que celui d’un parc renouvelable « distribué ».
3. Innovations / partenariats
Le cœur du « produit » reste classique : machines Francis et ouvrage de grande hydraulique, sans signal public récent de brevets ou de start-up intégrée repéré dans les recherches menées ici. Les avancées mises en avant relèvent surtout de la résilience opérationnelle (scénarios de crue, coordination avec les autorités) et d’une discipline de bilan. Le partenariat structurel, c’est la maison mère EVNGENCO 2 / EVN, qui fixe le cadre des objectifs de production — par exemple une cible d’environ 667 millions de kWh pour l’exercice 2025 selon le portail du groupe (objectifs 2025). Aucun accord international récent (co-développement européen, co-investissement vert étiqueté) n’a été identifié dans les recherches effectuées pour cette fiche.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque n’est pas un discours marketing excessif : c’est le décalage vertigineux entre années sèches et années hyper-humides. Au deuxième trimestre 2024, la presse économique relate une chute d’environ 56,8 % de l’électricité commerciale livrée sur un an et une contraction du chiffre d’affaires trimestriel dans le même ordre de grandeur — séquence liée à la phase El Niño / sécheresse ayant frappé les producteurs hydro (perte au T2 2024). À l’inverse, fin 2025, la direction a publicisé des débits de crue record (ordre de 16 100 m³/s évacués), ce qui pose la question permanente du partage de l’eau entre production, agriculture et sécurité des populations aval lors des manœuvres de vannes (gestion de crue record). Côté transparence « extra-financière » type CSRD, aucun rapport de durabilité publié au sens européen n’a été identifié ; les textes RSE trouvables relèvent surtout d’articles de réseaux professionnels (angle RSE VCCI) — un niveau d’information utile, mais non substituable à une comptabilité climat auditée.
5. Positionnement stratégique
Après une année 2024 où les plans annuels n’ont pas été tenus selon plusieurs médias spécialisés (raté de plan 2024), SBH bascule en 2025 vers un bilan patrimonial renflé : actifs au voisinage de 2 216 milliards de dongs, liquidités et placements très élevés, dette financière nulle fin 2025 selon les agrégats commentés dans la presse (liquidités 2025), avec des bénéfices non distribués substantiels — ce qui prépare soit une politique de dividendes sous pression des actionnaires minoritaires, soit des investissements encore peu détaillés publiquement. Le premier trimestre 2025 affichait déjà un rebond de rentabilité dans une publication financière déposée sur le marché (rapport financier T1 2025). Les fourchettes boursières et historiques se consultent sur les agrégateurs (données financières Vietstock).
Verdict WattsElse
SBH est un thermomètre hydrologique plus qu’une success story technologique : ses comptes 2025 chantent la pluie, mais ses comptes 2024 hurlaient la sécheresse — et l’avenir se jouera autant dans la chambre des vannes que dans celle du conseil d’administration.
Sources : vietnam.vn · thuonghieucongluan.com.vn · viettimes.vn · b2.tuoitre.vn · sbh.vn · evngenco2.vn · doanhnghiepvn.vn · vccinews.vn · doanhnhan.baophapluat.vn · viettimes.vn · file.fpts.com.vn · finance.vietstock.vn
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