Công ty TNHH Điện lực Jaks Hải Dương
La Công ty TNHH Điện lực Jaks Hải Dương est le visage local d’un méga-projet au charbon : deux tranches de 600 MW, électricité vendue à l’opérateur national, et une file d’attente sociale et environnementale qui ne se vide pas.
À propos de Công ty TNHH Điện lực Jaks Hải Dương
1. Modèle économique
L’entreprise exploite la centrale thermique BOT Hải Dương (2 × 600 MW, mise en service commerciale des unités en 2020–2021 selon les chronologies du promoteur), dans le cadre d’un contrat BOT de 25 ans avec EVN pour l’achat de l’électricité (présentation centrales JAKS). Le montage repose sur un investissement colossal — environ 2,2 milliards de dollars cités pour le projet, qualifié de plus gros FDI historique de la province selon la presse économique vietnamienne (profil CafeF). Les revenus de la filiale elle-même en dông ne sont pas retrouvés dans des états financiers publics isolés ; en revanche, la maison mère malaisienne JAKS Resources consolide l’exposition : 121,6 millions MYR de quote-part de résultat de la coentreprise vietnamienne sur l’exercice 2024, dans un groupe alors rentable avant impôts (rapport annuel 2024 sur KLSE Screener). Le charbon est sécurisé par un accord d’approvisionnement avec Vinacomin mis en avant par JAKS (présentation centrales JAKS). Effectif exact de l’entité juridique vietnamienne : non trouvé dans les sources consultées (les agrégateurs d’emploi ne suffisent pas à valider un chiffre).
2. Impact réel
Le bilan climat se lit sans ambiguïté : 100 % charbon sur ce site, avec une production visée à la hausse : 7 793 GWh pour 2024, présentés par EVN comme le plus haut niveau depuis le démarrage (communiqué EVN). À l’échelle nationale, le Plan de développement énergétique VIII révisé trace une trajectoire où le charbon reste dimensionné à court et moyen terme mais où la vision 2050 intègre une forte part d’EnR et un changement de cap structurel (synthèse Vietnam.vn) — le contraste avec un actif « full coal » est maximal. Côté sols et air, le site génère un flux massif de cendres et scories : 2,25 millions de tonnes par an évoquées dans un reportage sur la filière des matériaux certifiés QCVN 16:2019 (Vietnam.vn). Aucun prorata CO₂ certifié à la source entreprise n’a été identifié dans les documents publics repérés ; l’impact carbone reste donc indirectement inféré du mix technologique et des volumes brûlés.
3. Innovations / partenariats
La « innovation » la plus documentée est industrielle et de filière plutôt que décarbonée : valorisation des résidus, avec environ 50 % des cendres orientées vers le remblai lié à l’extension du parc industriel Phúc Điền, selon le même reportage (Vietnam.vn). Le partenariat vertical avec Vinacomin vise à lisser l’exposition aux prix importés (présentation centrales JAKS). Côté actionnariat international, la littérature sectorielle décrit un montage de co-investissement autour du complexe de Hải Dương (fiche projet Power Technology) — utile pour situer l’actif dans une chaîne EPC et de financement, sans en faire un label « tech verte ».
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le verbomoteur ESG : c’est l’écart entre la promesse de gestion propre des résidus et les plaintes de terrain. En août 2024, la presse rapporte 148 foyers des communes concernées toujours en attente de relocalisation, avec nuisances sonores et poussières liées au site de stockage des cendres (Lao Động). Sur le volet réglementaire, Lao Động documente aussi une suspension du transport de tro xỉ après des plaintes d’invasion de poussière (Lao Động), en echo à des couvertures spécialisées sur l’affaire (Diễn đàn Doanh nghiệp). Autre tension documentée : sanction administrative du 5 avril 2023 — 210 millions VND d’amende et restitution d’avantages illicites supérieure à 1,86 milliard VND pour 157 305 m² de terres forestières de protection utilisées sans cadre loué conforme (Kinh tế & Đô thị). Enfin, la volatilité des comptés du groupe mère (perte avant impôts d’environ 29,7 millions MYR au T4 2025 selon compilations financières) rappelle qu’un actif vietnamien performant peut coexister avec une structure groupée fragile (résultats T4 2025).
5. Positionnement stratégique
Pour le réseau national, la centrale demeure un pilier de fourniture dans le Nord : la cible de production 2024 poussée par EVN en dit long sur son rôle système (communiqué EVN). Pour JAKS, l’actif est stratégique et cyclique à la fois : la division énergie a porté une croissance trimestrielle des revenus autour de +29 % en glissement annuel à l’été-automne 2025 (annonce KLSE Screener), alors que les pertes terminales récentes du groupe réinjectent une incertitude de gouvernance et de valorisation boursière. Dans le grand jeu vietnamien, l’article de Connaissance des énergies sur le relèvement des cibles éolien et solaire donne le contrepoint politique — le charbon utile demeure politiquement pris en tenaille (Connaissance des énergies).
Verdict WattsElse
Cette LLC est le cheval de bataille d’un pays qui veut monter en EnR tout en faisant tourner le charbon qu’il a déjà verrouillé dans son parc : la stratégie industrielle tient la route tant que EVN achète et que Vinacomin livre ; la stratégie sociale et environnementale, elle, se lit au compteur des procédures — 148 ménages, tonnes de cendres, arrêt de transport — et non au vert des slogans.
Sources : jaks.com.my · cafef.vn · klsescreener.com · evn.com.vn · vietnam.vn · vietnam.vn · power-technology.com · news.laodong.vn · news.laodong.vn · diendandoanhnghiep.vn · kinhtedothi.vn · klse.i3investor.com · klsescreener.com · connaissancedesenergies.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Vantaan Energia Sähköverkot Oy
Vantaa (Finlande) — Filiale du groupe municipal Vantaan Energia, Vantaan Energia Sähköverkot Oy n’est ni un producteur grand public ni une start-up : c’est le gestionnaire de réseau de distribution qui tient la « prise » de la ville-région de Vantaa.
Voir la ficheAES
Le géant américain de l’électricité aligne renouvelables, stockage et contrats avec les hyperscalers — mais son histoire récente se joue aussi dans les tribunaux et devant les commissions d’urbanisme.
Voir la ficheF/V Parko Xanthi
Sur les cartes internationales, on lit « F/V Parko Xanthi » ; dans la presse grecque des années 2000, c’est « Φωτοβολταϊκό Πάρκο Ξάνθης Α.Ε.
Voir la fichePower Company of Karnataka Limited
Au Karnataka (sud de l’Inde), la Power Company of Karnataka Limited (PCKL) incarne l’État-actionnaire sur le marché de gros : contrats RTC, titrisations, contentieux.
Voir la ficheElektrizitäts-AG vormals W. Lahmeyer & Co
L’Elektrizitäts-AG vormals W.
Voir la ficheNaft Company
Dans les bases « pétrole & gaz », l’intitulé Naft Company n’épingle aucune raison sociale unique : c’est souvent un raccourci pour l’univers naft (le pétrole, en ukrainien comme ailleurs).
Voir la ficheEmpower IM Oy
Carve-out finlandais d’une division « intelligence énergétique », puis recentrage agressif sur le SaaS : l’histoire d’Empower IM Oy — aujourd’hui Enerim Oy — est celle d’un chantier industriel et financier, pas d’un slogan.
Voir la ficheTatneft
Le géant pétrolier du Tatarstan a longtemps surfé sur un modèle vertical — du gisement au plein d’essence — et sur le supergéant Romachkino.
Voir la ficheAfrica Solar
Le nom « Africa Solar » fait office de leur commun sur un continent où le solaire explose — mais l’entreprise documentée ici, filiale de 3S Group, joue à Tunis une partie d’intégrateur et d’EPC sur un marché en tension fiscale et géopolitique des modules.
Voir la ficheKazakhmys plc
Le nom Kazakhmys plc renvoie encore à la grande holding cotée à Londres ; dans les faits, la suite industrielle est kazakhe, fragmentée, et l’électricité thermique y joue un rôle de colonne vertébrale — pas de gadget ESG.
Voir la ficheUrbanThink Platform
Plateforme high-tech qui joue à l'œil-de-lynx pour débusquer la décarbonation urbaine... avec un soupçon de jumeau numérique.
Voir la fichePetkim
Après des décennies comme fer de lance de la pétrochimie domestique, Petkim affiche un bilan lourd : pertes massives en livres turques, sites sous-utilisés et débat sur la valeur des cessions au groupe SOCAR.
Voir la ficheENERGY CLUSTER DENMARK
Ce n’est pas une « scale-up » californienne : Energy Cluster Denmark fait office de plaque tournante nationale de l’innovation énergétique danoise, avec un portefeuille de projets qui flirtait avec plus de 3 milliards de couronnes au printemps 2025 — au moment où l’État a aussi réécrit les priorités de subvention, hydrogène en tête de liste.
Voir la ficheQ8 Danmark
Filiale danoise du groupe OKQ8 Scandinavia (Kuwait Petroleum International et coopérative suédoise OK ekonomisk förening), Q8 Danmark incarne la grande distribution de carburants et services associés au Danemark : stations sous marques Q8 et F24, boutiques et mobil progressive vers recharge rapide.
Voir la ficheSABANCI UNIVERSITY
L’université privée d’Istanbul incarne une Turquie qui veut chiffrer la transition : outlooks climat‑énergie à rallonge, horizons Horizon Europe pour les batteries, campus « vert » affiché.
Voir la ficheGerman Asphalt
Ce que vous voyez rangé sous « Pétrole & Gaz », c’est avant tout une filiale allemande du BTP : productrice d’enrobés sous le parapluie STRABAG, très exposée aux prix du bitume — cette voie médiane entre route et raffinerie où le réducteur WattMonde tranche à la géologie et au risque géopolitique.
Voir la ficheEnel Green Power Chile
L’industriel vert le plus visible du pays avance sur le stockage massif et l’hybridation des parcs, mais sa trajectoire se lit aussi au tribunal de la libre concurrence et dans les arbitrages de cash du groupe mère à Rome.
Voir la ficheAkçay HES Elektrik Üretim A.Ş.
Centrale sur canal d’irrigation, sous tutelle des lâchers d’eau publics, filiale d’un holding coté en forte perte : Akçay HES illustre une EnR « propre » sur le papier et extrêmement exposée au climat, à l’agriculture et à la confiance des marchés.
Voir la ficheKalyon Enerji
Le catalogue corporate affiche du gigawatt vert à la chaîne ; le décor géopolitique, lui, rouvre une place massive au gaz.
Voir la ficheState Grid Corporation of China Hami Coal & Energy Co Ltd
À Hami, au Xinjiang, une filiale au nom trompeur — « State Grid » — tire l’essentiel de ses revenus du charbon, de la thermique et du chauffage urbain, tout en servant de vitrine aux méga-projets miniers et solaires du groupe China Energy (CHN Energy).
Voir la fichePlaneto Energy
Développe des logiciels pour planifier des réseaux thermiques urbains durables, histoire de chauffer nos villes sans y brûler trop de temps ni de carbone.
Voir la ficheKOE
Le sigle « KOE » renvoie à plusieurs mondes : ignorer l’homonymie festive de la Nouvelle-Orléans est indispensable sous peine de raconter une tout autre histoire.
Voir la ficheNorthern Tier Energy
Partenariat coté en bourse, puis chaîne de rachats : Northern Tier Energy LP incarne le downstream américain des années 2010 — raffinerie du Minnesota, réseau de stations, intérêts logistiques — avant de fusionner dans Western Refining pour 1,6 milliard de dollars en 2016, puis dans Marathon Petroleum via Andeavor en 2018.
Voir la ficheAl Jomaih Energy and Water
Arabie Saoudite, Pakistan, golfe Persique : où qu’elle opère sous la marque JENWA, Aljomaih Energy & Water incarne cette hybridation typique du « mix 2030 » saoudien : des chantiers solaires très médiatisés avec des utilities internationales, plaqués sur une base encore massive au gaz comburant.
Voir la fiche