Daishowa-Marubeni International Ltd (Dmi) & West Fraser Mills Ltd (50/50)
La coentreprise Cariboo Pulp & Paper (JV 50/50 puis Mercer/héritage Daishowa-Marubeni International) et West Fraser incarne mieux une usine nord-américaine de pâte NBSK intégrée à un géant du bois qu’un pure player EnR européen.
À propos de Daishowa-Marubeni International Ltd (Dmi) & West Fraser Mills Ltd (50/50)
1. Modèle économique
Au sommet du couple actionnarial visé (DMI & West Fraser 50/50, réellement West Fraser + relais Mercer/DMI jusqu’au printemps 2024), le cœur de métier était la production de pâte NBSK — jusqu’à environ 340 000 tonnes/an — et des résidus/industriels recyclés dans la filière chimique et énergétique des scieries. Les revenus se situent dans les commodités fibres et leur cyclique ; Mercer a qualifié sa part Cariboo de « non-core » et prévu une comptabilité « impairment » non liquidité au T1 2024. Côté West Fraser groupe, 6,2 Md $ de chiffres d’affaires en 2024, EBITDA d’environ 673 M $ « ajusté » et capex d’ordre de 487 M $ pour l’an traduisent un parent industriel très capital-intensif, où l’ancienne JV Cariboo était un bloc de valeur stratégique pour West Fraser et liquidable pour Mercer.
2. Impact réel
À l’échelle West Fraser Timber, quelque ¾ des besoins énergétiques sont couverts par des sources renouvelables, avant tout bioénergie : chez Cariboo comme ailleurs, la « transition » ressemble davantage à l’optimisation de vapeur et biomass dans des procédés kraft très consommateurs que des tableaux verts à la française. Mercer met en avant, pour l’historique Peace River/DMI « Blue Mill » (autre périmètre DMI mais même logique techno), une turbine vapeur donnant surplus élec renouvelable vendable à grande échelle ; même philosophie industrielle : faire du kraft tout en équilibrant bilans vapeur/électricité. Le parallèle PPE3 ou fiches-type ADEME pour quantifier cet impact reste trompeur : la France ne fabrique pas de pâte boreal à cette échelle — on parle d’intensités carbone de plateformes nord-américaines réglementées autrement que l’Union européenne.
3. Innovations / partenariats
L’élément tangible le plus voyant hors BC est le projet solaire de New Boston (Texas, ~5 MW) mis en ligne [fin 2024 — 8 M $ investis et une narration d’économies d’électricité sur plusieurs années reliée à une scierie, pas à Cariboo même. Le grand « deal » régional reste la dissolution JV : accord sans indemnités de rupture et stocks papier gardés du côté Mercer. Les projets turbine « Blue » côtés Peace River ou survivance DMI relèvent davantage d’investissements d’outil que de start-up climat french-tech.
4. Greenwashing / zones grises
Attention au glissement sémantique : etiqueter papier Kraft + vapor recovery sous le seau marketing « Énergies renouvelables » occulte les externalités rejets/industriels provinciaux : l’analyse Terrain basée sur les inspections de 2018–2022 attribue jusqu’à 66 % des visites environnementales de West Fraser en Colombie-Britannique à des non-conformités (45 dossiers problématiques sur 68 contrôles recensés), avec rejets aqueux problématiques sur plusieurs années — un écart criant entre narration « forêts-renouvelables » et friction locale réelle. La fermeté du ton ne vise pas l’ensemble des employés de Quesnel : elle interpelle la légitimité environnementale d’un groupe lorsque la conformité réglementaire est mise en données par une ONG de droit.**
5. Positionnement stratégique
Pour West Fraser, reprendre 100 % Cariboo confère continuité de commande industrielle dans un corridor fibre contesté socio-écologiquement. Pour quelques observateurs géopolitiques du bois, la suite se lit aussi dans l’articulation prix du bois, droits compensateurs douaniers U.S. et plans de capex groupe : tout ce monde-là précède l’argument climat lorsque l’investisseur lit les risk factors Anglo-Saxons. Le signal « climat » côté bois américano-canadien, c’est souvent la capacité à tenir un mix biomasse‑électricité sans casser les coûts de capital quand les liquidités groupe restent massives ([ordre du Md $) post‑2024 selon fichiers officiels.**
Verdict WattsElse
La JV DMI-West Fraser appartenait au monde des plateformes pâte‑bois, où l’« EnR » se mesure [en MWh vapeur recyclés avant de se faire badge vert LinkedIn — et où un rapport ONG peut tordre le brillant dossier pulpier plus vite que n’importe quel graphique EBITDA.
Sources : westfraser.com · globenewswire.com · westfraser.com · westfraser.com · mercerint.com · mercerint.com · ademe.fr · westfraser.com · wcel.org · westfraser.com
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