Doosan Group
Le conglomérat sud-coréen Doosan Group, maison mère historique (fondée en 1896, ancrée à Séoul), a fait du « gros œuvre » énergétique son fer de lance via Doosan Enerbility — turbines, nucléaire, gaz, hydrogène et éolien.
À propos de Doosan Group
1. Modèle économique
Doosan n’est pas une pure IPP : c’est un équipementier et intégrateur capturant la valeur en amont de la production d’électricité (îlots nucléaires, turbines à gaz, services EPC). Le rapport intégré 2024 d’Enerbility fait état, pour l’exercice de référence qu’il détaille, d’un chiffre d’affaires consolidé de 17 589 milliards de KRW et d’un bénéfice opérationnel de 1 467 milliards de KRW, avec un carnet de commandes nucléaire en nette progression (notamment les composants pour Shin-Hanul 3-4). En amont de la courbe 2025, la presse financière relève un élan commercial exceptionnel : selon MarketScreener, 14 700 milliards de KRW de nouvelles commandes sur l’année (+100 % en glissement annuel), portées par l’électricité tchèque et les turbines. Le début d’exercice 2026 confirme un rebond de rentabilité : le point trimestriel évoque un chiffre d’affaires consolidé au premier trimestre de 5 060 milliards de KRW et un résultat net de 102 milliards de KRW. À l’échelle du groupe, la gouvernance cherche par ailleurs à désendetter certaines filiales en restructurant l’arbitrage entre actifs industriels « stars » et véhicules cotés plus frileux — thème détaillé par la Korea Times au sujet du rapprochement Bobcat / Doosan Robotics.
2. Impact réel
Sur le papier RSE, la trajectoire est claire : réduire la part du charbon dans le chiffre d’affaires à un niveau inférieur à 10 % d’ici cinq ans, alors qu’elle se situe encore autour de 15–20 % — engagement formulé dans le cadre de finance verte 2024. Côté bas-carbone « dur », le même rapport intégré met en avant une turbine offshore de 8 MW certifiée et un objectif d’1 GW d’éolien en mer couverts d’ici 2030, ainsi qu’une première usine de liquéfaction d’hydrogène (5 t/j) à Changwon. Le pari nucléaire, massif, s’inscrit dans la relance officielle du programme atomique sud-coréen, illustrée par exemple par l’aval du pays pour de nouvelles unités, relaté en français par Connaissance des Énergies. Pour le lecteur français, le PPE et les guides ADEME ne fournissent pas de photographie spécifique de Doosan ; l’angle comparatif passe plutôt par la structuration européenne des SMR, évoquée dans le rapport CRE 2025 sur SMR/AMR, où la Corée apparaît comme concurrent industrialo-réglementaire indirect.
3. Innovations / partenariats
Doosan joue la carte SMR sur un mode quasi « fonderie mondiale » : partenariats annoncés avec NuScale, X-energy ou encore TerraPower, avec des feuilles de route journalistiques évoquant plus de 60 modules cumulés à horizon 2030 et une nouvelle usine dédiée à Changwon (≈807 milliards de KRW d’investissement, montée en cadence vers 20 unités/an selon BusinessKorea). Sur le gaz, Enerbility revendique un premier contrat de turbine « standard coréen » (380 MW) pour la centrale de Boryeong dans le rapport intégré. À l’export, le nucléaire vietnamien refait surface : des protocoles signés en 2025 avec PTSC et Petrocons pour Ninh Thuận 2 sont relatés par Donga Business Review, dans un contexte géopolitique où le retrait japonais du projet redistribue les cartes en 2025-2026.
4. Greenwashing / zones grises
La cohérence « vert + finance » tient sur un fil : le cadre de finance verte exclut explicitement le nucléaire et les fossiles des usages des obligations vertes, alors que le nucléaire constitue pourtant le principal moteur de croissance « bas carbone » de l’offre — un découplage comptable qui invite à la prudence sur la lecture d’impact réel du papier vert. Sur le charbon, la présence du projet Vung Ang 2 (1 200 MW) au Vietnam a servi de catalyseur à un débat parlementaire en Corée du Sud sur la pollution transfrontalière, rapporté par la presse spécialisée régionale (Thailand Construction). Enfin, la restructuration Bobcat → Robotics, jugée défavorable aux minoritaires, a provoqué un premier échec puis un nouveau rapport d’échange après des rappels du FSS (Financial Supervisory Service), selon Yonhap puis la Korea Times — signal que l’agilité industrielle du groupe passe aussi par des arènes de gouvernance coréennes plus abrasives qu’un slogan RSE.
5. Positionnement stratégique
Doosan Enerbility mise sur un triple empilement : relance du nucléaire domestique, SMR américains comme vivier d’ordres longs, et exportations d’EPC gaz et renouvelables pour lisser le mix produit. La sélection de « Team Korea » pour deux réacteurs en République tchèque — deal colossal, évoqué à 17,3 Md USD dans la même dépêche MarketScreener — fixe la ligne de mire européenne. Mais la stratégie reste exposée aux aléas politiques (pivots énergétiques à Séoul), aux retards ou annulations de projets SMR outre-Atlantique et aux choix de désendettement qui peuvent contraindre la dilution contrôlée des actifs les plus rentables.
Verdict WattsElse
Doosan incarne l’ingénieur coréen sous amphétamines nucléaires : quand le marché du charbon se referme, le groupe compense en réacteurs et en turbines, mais ses financements verts dissociés de son cœur de métier et ses plaques charbon résiduelles obligent à lire l’ombre portée derrière le discours « better future ».
Sources : doosan.com · doosanenerbility.com · marketscreener.com · ae.marketscreener.com · koreatimes.co.kr · doosanenerbility.com · connaissancedesenergies.org · cre.fr · businesskorea.co.kr · dbr.donga.com · reuters.com · thailand-construction.com · en.yna.co.kr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Orcan Energy AG
Orcan Energy AG joue dans la niche technique qui fait bouger les lignes du bilan énergétique : transformer la chaleur résiduelle en électricité avec des cycles organiques de Rankine modulaires.
Voir la ficheCEDEO
CEDEO n’est pas une start-up de la « deep tech » énergie : c’est l’une des faces les plus visibles, sur le terrain, de la décarbonation du bâtiment — celle du comptoir, du devis et de la livraison J+1.
Voir la ficheInfo Énergie Réunion (Espace France Rénov')
Un service public qui joue les bons samaritains gratuits, pour vous guider dans la jungle de la rénovation énergétique à La Réunion.
Voir la ficheLas Lechuzas
Las Lechuzas n’est ni une mega-cap ni un titre boursier : c’est avant tout une centrale au sol très documentée sous ce nom précis dans la région du Ñuble, au Chili.
Voir la ficheGuernsey Electricity
Guernsey Electricity tient d’un fil — littéralement.
Voir la ficheDiamond Offshore Drilling
Jusqu’en septembre 2024, Diamond Offshore Drilling incarnait encore la figure du prestataire de forage offshore indépendant, avec un siège à Katy (Texas) et des opérations sur plusieurs bassins.
Voir la ficheOP Mobility
À Levallois, le rebranding fait sonner comme un pure player de la nouvelle mobilité ce qui reste massivement équipementier auto et thermiquement exposé ; sur le chantier hydrogène, la réalité industrielle passe par des fermetures de sites et des contrats nord-américains comme le ferroutage européen.
Voir la ficheFP Lux Wind Ratiperä Oy
FP Lux Wind Ratiperä Oy n’est pas une « startup climat », mais une société finlandaise dédiée au parc éolien de Ratiperä : sous une plaque société minimale se jouent sécurité industrielle, finance institutionnelle et promesses SFDR.
Voir la ficheHanoi Electrical Equipment JSC.
Si l’on classe HEM sous « énergies renouvelables », c’est surtout parce que ses transformateurs, générateurs et moteurs touchent au même réseau que le solaire et l’efficacité — pas parce que la société vendrait du MWh vert.
Voir la ficheAugstsprieguma tīkls
Augstsprieguma tīkls (AST) est l’opérateur de transport d’électricité haute tension de la Lettonie : 110 kV et au-delà, inscrit sur le marché réglementé de Riga.
Voir la ficheThe University of Queensland
Installée au Queensland depuis 1909, l’Université du Queensland incarne à la fois un laboratoire à ciel ouvert des EnR — avec une ferme solaire emblématique puis une vente stratégique — et une cible récurrente des critiques sur les financements miniers et gaziers de la recherche.
Voir la ficheAYEDAŞ
AYEDAŞ tient sous tension la moitié d’une mégalopole : pas le glamorous des éoliennes, mais l’infra qui fait vivre tout le reste — et une facture capex qui monte exactement où le régulateur serre au portillon.
Voir la ficheDuqueco
On parle bien de Duqueco, le complexe sur le rio Duqueco (région du Biobío, Chili) qui fournit de l’électricité renouvelable au système interconnecté central.
Voir la ficheEMPRESA ELECTRICA PANGUIPULLI S.A.
** Une raison sociale classique du SIC, adossée au lac de Pullinque et à Panguipulli : l’électricité « verte » du groupe Enel au Chili porte encore ce nom dans la mémoire régionale, mais le papier juridique a changé de peau — pendant que des riverains mapuche dénoncent la façon dont se négocient les torts.
Voir la ficheAOGC
Le Africa Oil & Gas Corporation (« Groupe » AOGC) relie à la République du Congo des activités très visibles aval — stations-service, gaz en bouteille, camions — et un pied amont sur un gisement mature dont l’empreinte industrielle peut se traduire localement par des nuisances sérieuses et des polémiques métrologiques récentes.
Voir la ficheBio360 Expo
Le rendez-vous incontournable où la bioénergie fait sa grande messe mondiale… entre conférences, stands et poudre de perlimpinpin durable.
Voir la ficheElectro Putere
Electro Putere correspond, selon toute vraisemblabilité et la documentation disponible, à Electroputere S.A., le groupe industriel de Craiova dont la graphie usuelle est collée — et non à un gestionnaire de réseau de distribution « type ERDF ».
Voir la ficheJoyent
À San Francisco, Joyent incarne encore le profil technique d’un pionnier du cloud américain ; après le rachat par Samsung Electronics en 2016, elle sert surtout d’infra privée au géant sud-coréen.
Voir la ficheE.ON Energie
Nom identique au groupe coté allemand mais territoires flous quand vous lisez la presse cliente : sous l'étiquette E.ON se superposent la E.ON SE d’Essen, pilote de réseaux et de grande distribution d’énergie en Europe, et des façades locales (par ex.
Voir la ficheDak Me Hydro Power JSC.
Le Vietnam fait rouler des milliards de kilowattheures dans ses torrents, mais à l’échelle d’un village du plateau du Lang Biang, une société de 7 MW incarne autre chose : les tensions entre « renouvelable » et « réglementé ».
Voir la ficheCVE Proyecto Siete SpA
CVE Proyecto Siete SpA apparaît dans les annuaires sectoriels comme l’une des nombreuses coques juridiques « CVE Proyecto [n°] SpA » mobilisées par l’écosystème CVE autour du solaire au Chili — un univers où promesse de kWh vert et réalité du réseau peuvent diverger brutalement.
Voir la ficheDeloitte Bulgaria
Le Big Four bulgare ne fabrique pas d’énergie : il façonne les règles fiscales, les dossiers UE et les audits qui « font tenir » la transition industrielle.
Voir la fiche