EcoAct
L’ancienne colonne vertébrale du conseil climat d’Atos est devenue, depuis novembre 2023, SE Advisory Services : la boutique de Schneider Electric pour la neutralité carbone, le reporting et les crédits.
À propos de EcoAct
1. Modèle économique
EcoAct — aujourd’hui présentée comme la branche internationale de conseil de Schneider — vit des prestations haut de gamme : stratégie climat, bilan carbone, conformité (CSRD, taxonomie), accompagnement aux cadres volontaires type CDP, et développement de projets de compensation. Au moment du closing avec Schneider Electric le 2 novembre 2023, la société affichait un ordre de grandeur d’environ 70 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022 et près de 400 salariés (photo AFP via Connaissance des Énergies). La transaction, négociée en exclusivité depuis le 3 juillet 2023, insère ce métier dans le pôle Sustainability Business du groupe. Pour le contexte actionnarial, le rapport intégré 2024 de Schneider Electric met en avant la gouvernance durable du groupe et cite l’acquisition parmi les briques du conseil « net-zéro ». Une estimation tierce sur l’entité française (non consolidée vérifiée ici) avance de l’ordre de 13,5 millions de dollars de CA pour la filiale locale (Prospeo) : à traiter comme indicateur de marché, pas comme comptes publiés.
2. Impact réel
Un cabinet ne « décarbone » pas une centrale ; son impact passe par les trajectoires clients et la qualité des projets de finance climatique qu’il mobilise. Sur le volet transparence, le cabinet revendique en 2025 240 réponses CDP accompagnées, avec 84 % des dossiers soutenus notés entre A et B- sur les volets climat, eau et forêts, 41 % de scores « leadership » climat (A/A-) et 71 % des entreprises initialement en C ou D passées à B ou plus (bilan CDP 2025). Ces ordres de grandeur — issus de la communication maison — mesurent surtout la filière du reporting et la pression concurrentielle sur la science-based governance, en ligne avec l’esprit de la Directive sur le reporting de durabilité (CSRD) et des attentes des investisseurs qui cristallisent la demande de données comparables en Europe. Côté compensation, le cabine pilote aussi des projets nature (ex. restauration d’écosystèmes et agroforesterie au Kenya, mis en avant sur le blog corporate), dont l’impact climatique réel dépend de la permanence, du contre-factual et du suivi sur site — là où le débat public reste vif.
3. Innovations / partenariats
L’offre se décline en outils (ex. briques logicielles pour le prix du carbone et de l’énergie de transition, évoquées dans la com’ 2024) et en conformité CSRD via des produits type d’évaluation d’alignement réglementaire (actualités 2024). Côté groupe, Schneider a officialisé le partenariat accrédité Gold CDP qui ancre la stratérie commerciale dans la gouvernance climat des grands comptes. Le volet marché volontaire s’appuie sur une enquête internationale Carbon Credit Outlook 2025 (communiqué de résultats) : 55 % des répondants envisagent d’accroître leur engagement sur les crédits carbone d’ici 2030, 40 % disent déjà acheter ou développer des crédits pour gérer risque climatique et chaîne d’approvisionnement.
4. Greenwashing / zones grises
La première tension n’est pas une « affaire EcoAct » mais un signal de marché publié par la maison : 46 % des personnes interrogées citent le manque de clarité politique et de cadres d’intégration entre crédits volontaires et exigences existantes comme principal frein à la montée en puissance, et 40 % pointent l’incertitude des politiques publiques (Carbon Credit Outlook 2025, enquête close juillet 2025, communiqué du 4 novembre 2025). Autrement dit, le conseiller qui prône l’intégrité des crédits navigue dans un environnement où les acheteurs eux-mêmes disent manquer de boussole réglementaire. Ensuite, conflit d’intérêts structurel : vendre audit de neutralité carbone et, dans la même galaxie, des graphes technologiques Schneider brouille la frontière « conseil indépendant / prescripteur de solutions », un classique des intégrateurs que les comités d’achat RSE surveillent de près. Enfin, le Royaume-Uni affiche sur la page EcoAct UK (LinkedIn) un effectif nettement réduit en glissement annuel sur l’indicateur « employés » du réseau — signal non comptable, mais cohérent avec une recomposition post-acquisition à laquelle les clients anglophones sont sensibles. Le secteur global des offsets reste par ailleurs sous le feu des procédures: Carbon Pulse documente, en mai 2025, l’issue d’un contentieux autour d’un programme de neutralité et renvoie à son dossier greenwashing EnergyAustralia dans l’agrégat CP Daily — rappel que la crédibilité des crédits se joue aussi au tribunal.
5. Positionnement stratégique
EcoAct/SE Advisory capte la triple vague européenne : CSRD, tension sur le scope 3, et institutionnalisation du CDP comme quasi-standard de marché. En interne Schneider, la manœuvre vise un package conseil + data + infrastructure énergétique face à Accenture, Big Four « sustainability » et pure players climat. La manière dont le cabinet transforme ses scores CDP en récits longs pour les entreprises (voir la méthode détaillée dans le bilan partenaire Gold 2025) en dit long sur la productivisation de l’expertise RSE.
Verdict WattsElse
Ici, la « neutralité » est un produit de conseil calibré sur des questionnaires notés — performant à la déclaration, vulnérable à la géopolitique des crédits et à la question de l’indépendance vis-à-vis du catalogue Schneider : la science climat sert une machine à grands comptes qui doit prouver chaque trimestre qu’elle ne confond pas feuille de route et catalogue.
Sources : eco-act.com · connaissancedesenergies.org · se.com · se.com · prospeo.io · eco-act.com · eco-act.com · eco-act.com · cdp.net · eco-act.com · uk.linkedin.com · carbon-pulse.com · carbon-pulse.com
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